Vincent Rizzuto, vendeur de mannequins

Dans le coin de Chabanel, l’industrie du textile n’est plus ce qu’elle était, mais on peut toujours compter sur monsieur Rizzuto pour se ravitailler en mannequins.

Quelle sorte de mannequins vendez-vous?
Du neuf et de l’usagé. Il y a différentes qualités. Par exemple, la marque Roostein, c’est la Cadillac des mannequins. La fibre de verre est plus solide et les détails sont incroyables parce qu’ils se servent de vrais humains pour les faire. On voit le six pack, les poignées d’amour, le paquet, tout!

Combien ça peut coûter?
Dans l’usagé, les prix varient entre 100 et 200$. Dans le neuf, ça monte à 400$. Un Roostein, ça, ça va jusqu’à 1900$. On en vend dans l’usagé à l’occasion.

En fabriquez-vous?
Non, on les achète de la Chine ou des fermetures d’entreprise. La restauration, c’est notre spécialité, parce qu’on n’a pas peur de travailler. J’ai des gallons de peinture couleur peau dans l’atelier! Par contre, un maquillage, ça coûte 60$, donc c’est rare qu’on touche à ça.

Est-ce qu’il y a des modes, dans ce domaine-là?
Oui. Ces temps-ci, les mannequins taille forte, c’est super populaire. Quand j’en ai un, ça part en 24 heures, parce qu’il y a une grosse demande. Les gens ne sont plus tous maigres comme avant, et les magasins veulent refléter cette réalité.

Qui achète ça, des mannequins?
Les boutiques, pour leurs vitrines, mais aussi les manufacturiers, pour leurs salles de montre. J’ai quelques particuliers qui m’en achètent, je ne sais pas trop pourquoi. Il y a aussi des artistes qui en achètent pour faire de la peinture dessus. Lise Watier en a pris quelques-uns pour ça. Une fois, quelqu’un m’a acheté un mannequin assis pour le mettre dans sa voiture et pouvoir rouler dans la voie réservée à ceux qui font du covoiturage sur la 15. N’essayez pas ça, il s’est fait prendre!

Comment avez-vous commencé?
C’est mon frère qui a parti la business en 1986. Il n’y avait pas grand monde qui faisait ça, à l’époque. Aujourd’hui, on est encore moins : on est quatre entreprises à Montréal. Ça a beaucoup décliné depuis que l’industrie du textile a chuté à Montréal.

Vous arrive-t-il de vous attacher à vos mannequins?
Non, pour nous, c’est juste de la fibre de verre. Mais une fois, j’ai fait un saut en tombant nez à nez avec l’un d’eux en allumant la lumière de mon atelier. J’ai failli faire une crise cardiaque!

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