Ville de la semaine : Istanbul

Mardi 28 juin, trois kamikazes se sont fait exploser à l’aéroport Atatürk d’Istanbul. 43 personnes ont perdu la vie, 239 ont été hospitalisées.

Je pense aux victimes et à leur famille. Très fort.

Mais merde, j’en peux plus de ces nouvelles macabres, tous les jours des connards se font exploser quelque part. Face à l’horreur, je me sens impuissante. Le seul petit truc que je pouvais faire aujourd’hui, c’est de rendre hommage à Istanbul, qui est l’une des plus belles villes du monde, et à ses habitants qui sont tout à fait charmants.

Istanbul, ville de la semaine sur URBANIA, mais surtout ville éternelle dans le cœur de nombreux voyageurs…

Qu’on se le dise, à travers ce billet je vais pas rentrer dans les débats politiques des positions du controversé M. ErErDoDo. Il y a trop à dire, puis ce n’est pas la place ici. J’ai donc décidé de plutôt me concentrer sur la beauté de cette ville.

À la croisée des mondes
Européenne, asiatique, occidentale, orientale, traditionnelle, moderne, poétique, frénétique, religieuse, laïc, modeste et somptueuse, Istanbul est tout et son contraire. Étalée sur deux continents, la ville fait rêver les voyageurs depuis des centaines d’années. Traversée par le Bosphore, Istanbul vibre au rythme de l’eau. D’une rive à l’autre résonnent les appels à la prière depuis les minarets des mosquées. Dès les premières secondes, le charme opère.

La Corne d’Or est la voie maritime qui s’enfonce dans les terres depuis le Bosphore. Le vieux Istanbul est au bord de la Corne d’Or au sud, tandis que la partie moderne de la ville se trouve de l’autre côté, vers le nord. On traverse la Corne d’Or via le pont de Galata, pont depuis lequel les pêcheurs font ce qu’ils font de mieux, c’est à dire pêcher. (D’ailleurs, c’est là qu’on trouve les meilleurs sandwichs de poissons du monde.)

Sultanahmet, le quartier carte postale
Sultanahmet, qui se trouve dans la vieille ville, est le quartier touristique par excellence. On y retrouve la magnifique Mosquée Bleue et Sainte-Sophie, une ancienne basilique convertie en mosquée à la prise de Constantinople pour enfin devenir un musée sous Atatürk.

Les deux bâtiments sont absolument majestueux et se trouvent à quelques mètres l’un de l’autre : gros potentiel de whaowitude. À quelques pas de là trône le palais de Topkapi (un peu la version ottomane de Versailles). Et dans les alentours, il y a des tas d’autres sites historiques passionnants à visiter.

Côté ambiance, il y a quasi que des touristes et des gens qui bossent avec/pour les touristes. On croise des cars remplis de Chinois, des touristes allemands, français, russes puis des mecs qui essaient de te vendre des trucs et/ou de te faire venir dans leur resto.

Par contre, une fois la nuit tombée, quand retentit l’appel à la prière, les rues se vident et l’atmosphère change complètement. Le quartier désert offre au voyageur un spectacle d’une poésie sans égale : des mouettes débarquent en nombre et se mettent à tournoyer autour des minarets de la Mosquée Bleue, se mutant alors en étoiles filantes dans la nuit noire.

Le temps se suspend.

Les marchés
Le Grand Bazaar comporte 4000 échoppes et avec ses 200 000 mètres carrés, c’est le plus grand marché couvert du monde! Se perdre dans ses ruelles réveille les rêves les plus orientalistes. On y trouve de tout : des épices, des sacs, des bijoux… Il y en a pour tous les goûts. Par contre, vu le nombre de touristes qui s’y baladent, les marchands n’hésitent pas à augmenter les prix, alors un conseil : vive le marchandage.

Le Bazaar égyptien (dans lequel il n’y a jamais eu de marchands égyptiens!) est un véritable voyage sensoriel : herbes de cuisine, fromages, épices…

Mmmmh, bienvenue au pays des délices.

Le Grand Bazaar

La rive de tous les possibles
En venant de Sultanahmet, on traverse donc le pont de Galata et on arrive dans l’Istanbul dite “moderne”, dans le district de Beyoğlu. Aux alentours de la tour de Galata en remontant vers le haut de la ville, on trouve plein de petits cafés mignons hipsterisant. Tout en haut de la butte (on appelle Istanbul la ville aux sept collines), il y a Taksim, oui, la fameuse place Taksim où se sont déroulées les manifestations en 2013.

C’est de cette immense place que démarre istiklal caddesi, une rue piétonne incroyablement gigantesque remplie de magasins, de restos et de galeries d’art. Mais ce qui est surtout complètement fou, c’est qu’elle est pleine de monde de jour comme de nuit. Ça grouille, ça vit. Partout des musiciens et des artistes proposent des petits spectacles de rue. Il y règne une ambiance magique.

Perpendiculairement à cette artère, une myriade de ruelles bondées de 1001 clubs et bars de tous les styles : petits concerts de jazz, chaude soirée aux rythmes des Balkan, bar latino, club de punk, boîte gaie. Il y a de quoi être enivré(e).

istiklal caddesi

Une ville. Deux continents. Trois rives.
Faisant face à l’Istanbul européenne (rive nord et sud), se tient à 3 km, la rive asiatique. Il est possible (et fortement recommandé) de monter sur un bateau et de voguer entre les deux continents séparés par le Bosphore, en passant de l’European Side à l’Asian Side en quelques instants… La rive asiatique est plus calme et moins peuplée. On s’y promène, on y boit un thé à la pomme à l’ombre des arbres, cool quoi.

Rive asiatique

Des transports méga développés
Métro, tram, bus, bateaux, à Istanbul les systèmes de transports publics sont super bien développés. Par exemple, outre le bateau, le Bosphore se traverse aussi… en métro (sous un tunnel de 13,6km immergé à 60 mètres de fond), le Marmaray relie les deux rives en 4 minutes. Pas mal.

Les longs escaliers roulants du Marmaray (il y en a 3 comme ça pour arriver au quai)

Le plaisir des papilles
Commençons par les boissons… Il y a le thé, qu’on sert absolument tout le temps pour toutes les occasions, le café turc, un peu dur à avaler quand on est pas habitué, l’ayran, qui est une boisson rafraîchissante à base de yaourt, ou encore le raki, un alcool à 45 degrés, qui est consommé le plus souvent allongé d’eau, mais parfois sec (ouch).

Côté bouffe, le choix est vaste. On peut se laisser tenter (entre autres) par le bulgur aromatisé (absolument délicieux), les viandes ou poissons grillés qui parfument les rues de la ville, les soupes de tripes (bon, faut aimer), les merveilleux mezze, les simit, qui sont des petits pains qu’on peut fourrer de fromage en crème ou de nutella, les pizzas turques, les noisettes, pistaches ou autres amandes et puis les pâtisseries orientales pour finir en beauté.

Un vendeur de simit

Et ces petits trucs qu’on adore
Istanbul ne serait pas tout à fait Istanbul sans ses petits plaisirs orientaux… Rien de tel qu’un barbier traditionnel pour un rasage de près Turkish Style. On se laisse transporter par la musique partout tout le temps, on fait peau neuve au hammam, on prend une pause autour d’un bon narguilé et puis surtout on se laisse surprendre par l’hospitalité légendaire des Turcs…

Voilà. Istanbul t’es belle, tout le monde le dit et moi aussi.

Big Up aux copains d’Istanbul… On pense à vous.

Pour lire un autre reportage Ville de la semaine : Beyrouth

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