Pascal Girard

Valentin… chat ne vaut pas la peine

Le partenaire « idéal » en bédé.

La chaleur, la douceur, le réconfort. Tout peut se réduire à cet état originel que nous essayons de retrouver à tout prix. Ressentir l’amour réciproque d’un être humain est une sensation inégalée que l’on doit parfois substituer par celui d’un quadrupède. Il n’y a rien de mieux que d’enfouir son visage dans le poil pour combler une carence affective. It’s all fun and games jusqu’à ce l’on doive se départir de son animal de compagnie pour se faire lécher la face par quelqu’un d’autre. Oui, les chats; un sujet intarissable abordé avec humour dans Valentin de Yves Pelletier et Pascal Girard.

Valentin est un bourreau des cœurs. Il aguiche en se laissant flatter et va même jusqu’à se percher sur les épaules de ses victimes — parce qu’elles sont multiples — pour les assaillir de ronrons.

Valentin est un bourreau des cœurs. Il aguiche en se laissant flatter et va même jusqu’à se percher sur les épaules de ses victimes — parce qu’elles sont multiples — pour les assaillir de ronrons. Sa dernière est cette jeune graphiste qui attend les contrats pendant que son chum s’affaire à vendre des maisons pour subvenir à leurs besoins. C’est donc avec beaucoup trop de temps entre les mains qu’il lui est tombé dessus alors qu’elle se rendait chez une amie qui…

… s’avère être une autre groupie qui le laisse crasher sur son couch. Ce gros matou « errant » vient quêter de l’attention quand bon lui semble et déguerpit aussitôt consoler une autre âme esseulée. Mais, il ne fait pas que donner de l’affection.

Il provoque aussi des allergies démentielles au chum de la fille. Tellement, qu’il finit par lui demander de choisir entre lui et le félin. Non mais, y’a des maudites limites à être son catnip daddy !

« Je change de job, je fais des heures de fou pour payer la maison, puis elle, elle flaube 600 dollars de gogosses au pet-shop. Pour un chat qui ne lui appartient même pas. »

Mais que voulez-vous, Valentin a toutes les qualités du partenaire idéal : à l’écoute de vos besoins, généreux, attentionné, silencieux, respectueux quand c’est le temps.

Bon ben, m’a y aller moi !

Les tourtereaux ont commencé par faire chambre à part, puis maison à part et finalement, ville à part. Le temps et la distance arrangent parfois les choses. Dans certains cas, c’est le réveil brutal de savoir que son minou adoré a déjà une famille — ah l’écœurant ! Ça doit quand même être un sentiment bizarre que celui d’être trahi par sa source de bonheur et de soutien mora… oh wait. N’est-ce pas le propre de toutes relations fusionnelles ?

La Saint-Valentin c’est rempli de clichés —come on. Soyons d’abord en amour avec soi-même. Oui, ça aussi c’est un cliché. Mais en même temps c’est un peu vrai.

Anyway… la Saint-Valentin c’est rempli de clichés —come on. Soyons d’abord en amour avec soi-même. Oui, ça aussi c’est un cliché. Mais en même temps c’est un peu vrai : on a déjà assez de difficulté à se gérer au quotidien que de vivre en symbiose avec une autre personne relève presque de l’impossible. Alors peu importe que vous soyez en couple ou souhaitez désespérément flatter du poil, l’important c’est d’abord et avant tout que le chocolat tombe au rabais demain à la pharmacie de votre quartier.

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La bédé Valentin, de Pascal Girard et Yves Pelletier, est publiée aux éditions La Pastèque.

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