URBANUIT : « Sex Education » : la série qui fait voir le sexe autrement

4 thèmes fascinants qui y sont abordés.

Comme beaucoup d’entre vous, j’ai regardé la deuxième saison de la série britannique Sex Education. J’avais aimé la première saison, mais je n’étais pas aussi fan que plusieurs. Je trouvais que la série avait de la misère à trouver son ton, que certaines intrigues étaient réalistes alors que d’autre complètement exagérée. La deuxième saison règle le problème. C’est bien écrit, c’est intéressant, c’est rythmé, bref, j’ai adoré ! 

Ce que j’ai aimé le plus ce sont les discussions et réflexions que la série nous pousse à avoir individuellement et collectivement au sujet de la sexualité. Il y a fort à parier que chacun apprendra ou réalisera au moins une chose sur le sexe en écoutant la série et ce, peu importe son âge. J’ai donc identifié quelques thèmes susceptibles de faire naître des discussions et réflexions sexu fort intéressantes.  

L’importance des cours d’éducation sexuelle 

Le premier épisode commence avec des airs de catastrophe. Une supposée épidémie de chlamydia fait rage à l’école d’Otis. Tout le monde panique, les gens commencent même à porter des masques convaincus que c’est un virus qui s’attrape par voie aérienne. La commission scolaire intervient au grand dam du directeur afin de l’obliger à revoir son cursus de sex ed. 

Les cours d’éducation sexuelle sont hautement nécessaires au bien-être de tout un chacun. Sans eux, on est tous à une ITS d’un épisode de paranoïa de type coronavirus. 

J’ai trouvé la situation cocasse et un peu tirée par les cheveux jusqu’à ce que je me souvienne qu’au Québec, les cours d’éducation sexuelle ont été abolis pendant plusieurs années avant d’être réintégrés maladroitement dans les programmes scolaires. Comme quoi, même dans une société dite « libérée », le sujet est loin d’être épuisé. 

N’importe qui se souvenant le moindrement de son cours d’éducation sexuelle en deuxième secondaire sait que la chlamydia ne s’attrape pas comme ça. Et c’est justement ça le point de cet épisode : les cours d’éducation sexuelle sont hautement nécessaires au bien-être de tout un chacun. Sans eux, on est tous à une ITS d’un épisode de paranoïa de type coronavirus. 

La sexualité adulte vient aussi avec son lot de questionnements

En plus des ados, plusieurs adultes consultent Jean Milburn et Otis au sujet de leur sexualité. Tout y passe : les habitudes sexuelles, le manque de sexe, l’importance du désir, l’incapacité à communiquer, etc. Tous ces questionnements sont montrés en parallèle à ceux des adolescents qui sont pareils, mais différents. On constate à quel point le sexe et l’intimité, c’est complexe et mystérieux pour tout le monde, même pour une thérapeute spécialisée. 

C’est beau de voir des femmes et des hommes d’un certain âge se questionner sur leur sexualité. Ils le font timidement d’abord, mais éprouvent tous un soulagement profond après l’avoir fait. Comme quoi, il n’y a pas d’âge pour en apprendre sur sa sexualité. 

Le combat contre la culture du viol ne fait que commencer

Un des points forts de la série est définitivement la manière dont ils ont traité le sujet des agressions sexuelles. Sans trop en révéler, une jeune fille se fait éjaculer dessus dans un endroit public. D’abord dans un déni complet de la violence de ce qu’elle vient de vivre, on la voit assimiler l’expérience petit à petit. Les réactions du personnage sont d’un réalisme saisissant. J’en ai encore le cœur qui serre à écrire ces lignes. 

La série n’explique pas la culture du viol, elle ne la nomme même pas : elle la montre. C’est plus subtil, mais ô combien efficace.

La série n’explique pas la culture du viol, elle ne la nomme même pas : elle la montre. C’est plus subtil, mais ô combien efficace. Puis, au-delà de l’agression, il y a la sororité qui se crée entre les personnages féminins qui se rendent compte qu’elles ont toutes vécu une expérience similaire. C’est puissant comme scène et ça fait tristement écho chez bien des femmes.

Le sexe et le désir ne sont pas honteux

Au fil des intrigues, on remarque qu’il y a un filon conducteur, un sous-texte qui revient souvent et c’est celui de la honte. On le sait, le sujet du sexe a trop souvent été amené comme quelque chose de honteux. Et si on a honte, on a peur. Peur de se faire juger, peur d’être anormal, peur de se faire rejeter. Alors souvent, on va choisir de se taire. 

C’est la honte, le silence et la peur paralysante de l’anormalité qui font souffrir beaucoup de personnages. Tout ça peut nous faire prendre conscience de l’incroyable poids qu’exerce la « norme » dans nos chambres à coucher. Comment est-ce qu’on fait pour se libérer de quelque chose de si bien assimilé ? On en parle, on défait les tabous pour finalement passer à autre chose. 

C’est d’ailleurs ce que la Sex Education arrive à faire avec brio : elle nous montre que lorsqu’il est question de sexualité, la norme n’existe pas. Le sexe relève sans aucun doute de l’intime et tout le monde peut choisir dans quel contexte en parler. Par contre, si on veut en parler, si on a des questions, on devrait toujours pouvoir trouver les réponses. 

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