Germain Barre

URBANUIT : peut-on rester « pris » quand on baise dans l’eau ?

Vérité ou légende urbaine ?

Il y a beaucoup de mythes entourant la sexualité. Cette semaine URBANUIT se penche sur celui du pénis qui resterait coincé dans le vagin lors d’une pénétration sous l’eau.

Ma professeure de biologie en troisième secondaire racontait qu’elle avait déjà vu aux Urgences un couple prisonnier de la position du missionnaire, sur une civière. La femme aurait eu des spasmes vaginaux si intenses que le pénis de son partenaire serait resté coincé en elle. Il y a un nom pour cette expérience qui ne mérite pas de se retrouver dans le Top 50 d’activités sexuelles à faire avant de mourir : le penis captivus. Des mots savants qui signifient simplement « pénis captif. »

Les infidélités et les films avec Carole Laure finissent toujours mal

Des témoignages plus ou moins probants incitent à croire à cette possibilité : ils ne restent toutefois qu’anecdotiques, et certains sont déclarés trompeurs, comme le premier cas médiatisé, datant de 1884. Sir William Osler, alors membre du comité de rédaction du Philadelphia Medical News, voulait tourner au ridicule un collègue, en le poussant à publier une fausse correspondance sur un cas de pénis prisonnier.

Les cas rapportés semblent tous avoir un élément en commun : les relations jugées honteuses.

Depuis, les cas rapportés semblent tous avoir un élément en commun : les relations jugées honteuses. Comme les infidélités d’une femme kenyane, dont le mari kenyan serait allé voir une sorcière afin que son amant se retrouve coincé dans son vagin, jusqu’à ce que les prières et une somme d’argent soient suffisantes pour les sauver. Ou comme le mauvais goût de Carole Laure, représentant le Canada dans un concours de Miss Virginité, qui baise El Macho sur la Tour Eiffel, dans la comédie Sweet Movie, où les deux amants se font interrompre, embarrassés, par des religieuses.

Les conséquences d’une baignade en Italie ou à Repentigny

Plus récemment, en 2014, des touristes à Porto San Giorgio, en Italie, auraient tenté de baiser sous l’eau pour avoir un souvenir de voyage plus original que des photos de cannoli. Sauf que l’article vient d’un site web qui argumente aussi sur les vertus des gélules pour une meilleure libido et se questionne si manger du cerveau humain nous rendrait vraiment malades. La femme aurait finalement réussi à expulser le pénis, grâce à une dame qui se promenait sur la plage et qui aurait donné une serviette au couple, rapidement amené à l’hôpital, afin de recevoir une injection donnée habituellement pour dilater l’utérus d’une femme plus ou moins prête à accoucher.

Native de Repentigny, paradis des cours avec du gazon vert et des piscines hors terre, j’ai déjà baisé dans l’eau, et sauf la crainte de chopper une infection vaginale pour cause de PH déséquilibré, je n’ai jamais rien vécu de négatif, pas même des voisins lubriques m’espionnant subtilement lors d’un bain de minuit. Je crois même que la première fois que j’ai touché le pénis de mon premier mari, c’était sous l’eau. Ma famille était partie assister à une partie de baseball et je trouvais moins gênant et plus excitant de toucher mon petit copain dans la piscine, plutôt que sur le canapé devant le film American Pie.

La sensualité et le plaisir des jeux aquatiques

Pour la sexologue et intervenante communautaire Emmanuelle Beauregard, même s’il y a certaines précautions à prendre, comme la qualité de l’eau et le condom à enfiler avant d’aller dans l’eau, il y a un côté très sensuel aux jeux aquatiques, « car l’effet d’apesanteur de l’eau peut être intéressant pour tester de nouvelles positions et de nouveaux mouvements. » Elle ajoute aussi que « pour certaines personnes qui ont des complexes corporels, l’effet des vagues ou l’effet déformant de l’eau peut aider à se laisser aller. »

«Des textes aucunement scientifiques décrivent le fait d’être captifs si les partenaires ne sont pas totalement sous l’eau, par exemple, à demi immergé. Peut-être aussi que la meilleure théorie pour expliquer ce mythe est la lubrification vaginale, qui serait atténuée avec l’eau.»

La sexologue tente ensuite une explication sur la sensation possible d’effet ventouse lors d’une relation sexuelle hétérosexuelle sous l’eau : « Des textes aucunement scientifiques décrivent le fait d’être captifs si les partenaires ne sont pas totalement sous l’eau, par exemple, à demi immergé. Peut-être aussi que la meilleure théorie pour expliquer ce mythe est la lubrification vaginale, qui serait atténuée avec l’eau. Les rapports peuvent sembler moins fluides? »

Emmanuelle Beauregard précise enfin que la sexualité n’a pas à être qu’une question de pénétration et que pour toute personne qui a des doutes ou la crainte de rester prisonnier d’un vagin, il y a d’autres options à ne pas négliger, comme les caresses et l’amour oral. Moi ce que je propose c’est de jouer au lancer d’anneau sur un pénis sous l’eau. Ou de jouer à Strip Battleship après une saucette.

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