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Les jouets sexuels sont arrivés dans ma vie pour m’apprendre que j’étais paresseuse et obsédée. Pour quiconque veut expérimenter d’autres sensations que des doigts bien léchés ou un concombre emballé dans un condom, les jouets sont une bénédiction.
Se masturber sans avoir la nausée
Il ne faut pas penser toutefois que c’est la couleur qui est importante dans le choix des jouets (contrairement aux automobiles, où, là, la couleur est l’élément le plus crucial.) Il faut s’assurer qu’il soit conçu d’un matériau qui ne va pas rendre infertile ou donner des nausées ou le cancer du sein. C’est pourquoi il est préférable ne pas acheter ce qui se dit « for novelty use only » (soit « comme bibelot dans sa bibliothèque seulement) ou un jouet made in China. Les sites qui vendent autant d’articles de cuisines que d’élastiques pour les cheveux (coucou Amazon et Ebay) laissent la porte ouverte aux compagnies de contrefaçons chinoises, qui, sans réglementation précise, peuvent vendre à des coûts ridicules des jouets fabriqués de matériaux dangereux.
Tester par le feu ou sentir le danger?
Si le jouet pue et sent l’intérieur d’une automobile (je n’ai pas mon permis, mais plein de comparaisons associées aux moyens de transport par contre), c’est un signe.
Le phtalate est l’élément le plus épeurant. La coopérative féministe Come As You Are, élue meilleure boutique érotique de Toronto chaque année depuis 1997, rappelle que les jouets en jelly ou en « caoutchouc mystérieux » contiennent des phtalates et elle préconise l’utilisation d’un condom sur ces jouets poreux, les moins durables de tous. Le site web Sex Toy Collective propose un test presque digne des Débrouillards pour vérifier si un jouet est en jelly : le test de la flamme. Contenant du benzène, le jelly est donc inflammable et il ne suffirait qu’à jouer au wannabe pyromane avec un briquet près de son jouet pour voir s’il est dangereux.
L’odeur forte du phtalate est aussi assez reconnaissable. Si le jouet pue et sent l’intérieur d’une automobile (je n’ai pas mon permis, mais plein de comparaisons associées aux moyens de transport par contre), c’est un signe.
Les dildos en bois, en métal et en céramique sont de meilleures options. Le verre l’est aussi, mais il est nécessaire de s’assurer qu’il n’a pas été teint ou peint. Avant chaque utilisation, le toucher permet aussi de voir si sa surface n’est plus parfaite, s’il est abimé. Un jouet en silicone est l’idéal.
Laver ses jouets est aussi important que de se brosser les dents
Tous les jouets devraient être lavés avec un savon doux, rincés et séchés à l’air libre, entre chaque manipulation. Je le sais et je ne le fais jamais et c’est peut-être pour ça qu’à chaque six mois le vendredi soir j’écris à un médecin pour avoir une prescription contre les infections urinaires.
Malheureusement, certains types d’accessoires sexuels sont plus difficiles à nettoyer : les masturbateurs style le-vagin-de-Sasha-Grey en fleshlight retiennent souvent l’odeur de foutre comme une éponge et leurs utilisateurs finissent par s’en départir après quelques mois. Les poils de chat y sont aussi vraiment difficiles à retirer (j’ai déjà eu un vagin comme centre de table, longue histoire avec des insides que juste quatre personnes pourraient comprendre, coucou Valérie).
Un vibrateur en forme de dauphin au Renaissance
Vient un moment ou nos jouets préférés en silicone sont aussi confrontés à ce qui arrive à Woody dans Toy’s Story. C’est un sentiment étrange que de devoir faire passer par la petite trappe à déchets d’un édifice à logement un vibrateur qui a permis aux soirées des dernières années de bien se terminer. « J’aurais aimé savoir que Jean-Guy mon vibrateur aurait pu avoir une seconde vie dans un sexshop avec une mentalité écolo. Je ne me voyais pas le dropper dans un Renaissance », m’a dit mon amie Lola*, quand je lui ai appris que certaines boutiques, comme Come As You Are, reprenaient des jouets abandonnés et propres. La coopérative offre en retour un rabais de 15 $.
C’est un sentiment étrange que de devoir faire passer par la petite trappe à déchets d’un édifice à logement un vibrateur qui a permis aux soirées des dernières années de bien se terminer.
Lovehoney, une compagnie au Royaume-Uni, accepte aussi les envois postaux de jouets sexuels déjà utilisés. Richard Longhurst, un des cofondateurs, croit que Lovehoney, recevant entre 20 et 30 jouets par semaine, en a recyclé plus de dix tonnes depuis l’implantation de cette méthode. Un rabais est aussi offert, tout comme pour le site SexToyRecycling. Une fois le jouet récupéré, SexToyRecycling le stérilise et le divise en plusieurs parties (les batteries, le plastique, le silicone, le métal, etc).
Partager ses jouets rend le monde plus gai
Pour d’autres personnes, la solution reste le partage. Dans un groupe Facebook de sexualité féministe, plusieurs membres le proposent. Pénélope*, elle, invite souvent ses amis sur les réseaux sociaux à profiter de son « trafic de jouets. » Elle fait des dons pour plusieurs raisons. « J’ai mes jouets préférés que j’utilise tout le temps. Je n’aimais pas le matériel, par exemple. Ils affectaient mes autres jouets rangés au même endroit. Ils n’étaient pas assez puissants, inefficaces pour mon plaisir, ou trop gros », précise-t-elle.
Pour se protéger de tout risque de transmission d’infection transmise sexuellement, Come As You Are rappelle l’importance de l’utilisation d’un condom ou d’une digue dentaire sur tout jouet partagé. Moi comme je suis paresseuse et obsédée, j’ai encore quasi tous mes jouets, et je fais semblant que c’est parce que j’entretiens une collection. En compagnie de mes vieux bibelots de chats et de cartes de patineuses artistiques.