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Épitre aux Montréalais
Montréal est une chose et son contraire : belle et laide, historique et moderne, riche et pauvre, fusionnée puis défusionnée, européenne et américaine, trop grosse pour le Québec et trop petite pour la planète. Comment un homme peut-il à lui seul parvenir à diriger une île aussi bipolaire ?
À son élection en 2001, Gérald Tremblay débarque à l’hôtel de ville en sauveur béni. Aux yeux du peuple, il incarne le maire idéal : à l’écoute, présent, conciliant, visionnaire, presque missionnaire. Même s’il accomplit quelques miracles (sauvetage du Grand Prix de la F1 et de la FINA, remplissage des nids de poule, etc.), les influents Rozon, Simard et Laliberté le lapident sur la place publique. Ses apôtres l’abandonnent. Son bras droit Benoit Labonté, tel Judas, le trahit et le renie dans les médias. Alors qu’on le voudrait fort et combatif dans ces moments de tempête, rien à faire, notre maire demeure flegmatique et tend l’autre joue.
Avec tout l’amour qu’il porte à sa ville et à son prochain, Gérald Tremblay continue de prêcher dans le désert pour une ville unifi ée et bien administrée, mais les ouailles ne croient plus en son sermon technocrate. Parce que son message, sa bonne nouvelle ne passent plus, il ne lui reste plus qu’à se sacrifi er pour la cause.
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Dans ce numéro, on ne parle pas de grands projets urbains fédérateurs, de ville de design avant-gardiste ou de spots de nightlife branchés. On ratisse simplement la
ville à la découverte de ceux qui l’habitent et des lieux qui en font un endroit si fascinant qu’on a décidé d’y consacrer un numéro en entier, en plus d’une série télévisée et d’une site web… Mais là franchement on est écoeurés. On s’en va passer une couple de semaines à Trois-Pistoles chez Victor.

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