Mélissa Desjardins

Une start-up veut faire du carburant avec vos poubelles

Doc Brown n’a qu’à bien se tenir !

Récemment, j’étais malade et j’en ai profité pour faire ce qu’on fait quand on est malades : je me suis effouéré sur le divan et j’ai réécouté des vieux films. 

J’ai jeté mon dévolu est Retour vers le futur 2, parce qu’on sait tous que c’est le meilleur de la série; plus d’humour que dans le 3, et moins d’inceste que dans le premier. 

Dans ce film, la fameuse DeLorean carbure aux déchets. Le Doc Brown vide les poubelles de Marty dans son réservoir, et pouf! La voiture s’envole. 

Je me suis dit que ce serait incroyable si on pouvait utiliser nos déchets comme carburant. 

Eh ben, grâce à une start-up financée par Bill Gates et Jeff Bezos, entre autres, il s’avère que c’est possible. 

Explications.

L’invasion des poubelles

Pourquoi toute cette énergie à gérer nos poubelles? Parce que c’est très polluant. 

D’abord, il y a l’enjeu de l’espace. Même au Québec, un endroit où on ne manque pourtant pas de place, nos sites d’enfouissement commencent à se remplir. 

Mais ce n’est rien comparé à certaines régions du monde, comme à New Delhi, où les populations locales doivent composer avec un dépotoir de 200 pieds de haut, amoureusement appelé « le mont Everest ». Si seulement c’était une joke…

Les déchets, quand ils se décomposent, génèrent énormément de méthane. 

Même si on se trouvait un nouveau continent complètement vide où enterrer nos emballages de fromage en tranche — au lieu de les shipper aux Philippines, par exemple —, ça ne règlerait pas le problème : les déchets, quand ils se décomposent, génèrent énormément de méthane. 

Le méthane, c’est le gaz qu’on retrouve dans les rots des vaches, et c’est un gaz extrêmement nocif pour l’environnement, jusqu’à 36 fois plus que le CO2 selon l’Agence de protection de l’environnement américaine.

Les dépotoirs représenteraient le tiers des émissions de méthane aux États-Unis, et on est en droit de penser que c’est pas ben ben mieux au Canada, qui est le CHAMPION DU MONDE de la production de déchets.

De la vapeur de déchets

La start-up Sierra Energy, qui vient de ramasser 33 millions pour sa nouvelle usine, pense avoir trouvé la solution : vaporiser nos déchets. 

L’idée, c’est de prendre les déchets qui restent une fois qu’on a composté et recyclé, et de les mettre dans une fournaise à plus de 2200 degrés Celsius, soit deux fois la température de la lave. Rien que ça!

C’est tellement chaud que TOUT se désagrège; des vieilles seringues aux bases de lit en métal (le métal fondu est récupéré pour être recyclé). 

L’idée, c’est de prendre les déchets qui restent une fois qu’on a composté et recyclé, et de les mettre dans une fournaise à plus de 2200 degrés Celsius.

Ce qui est intéressant, c’est que cette fournaise n’a pas besoin d’un combustible externe pour opérer. On injecte simplement de l’oxygène pur dans la fournaise, qui s’enflamme au contact du carbone dans les déchets. 

Deux gaz sont produits par cette fournaise : du monoxyde de carbone, beaucoup moins dommageable que le méthane, et de l’hydrogène, qui peut servir pour les moteurs à hydrogène, créant… de l’eau. 

Le monoxyde de carbone est récupéré lui aussi pour en faire du carburant 20 fois moins polluant que le carburant standard, ou encore pour fabriquer du plastique ou de l’engrais. 

On pourrait également produire de l’électricité avec le processus, permettant ainsi de remplacer des centrales au charbon. 

Bon, je l’avoue, le processus est un peu plus compliqué que le simple geste de vider son bac à vidanges dans son réservoir d’essence. Mais c’est quand même pas mal, non?

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