L’atmosphère ambiante de Toronto se réchauffe, du 24 avril au 4 mai, avec la tenue du 21e Festival de films documentaires Hot Docs. L’un des plus importants du genre sur la scène internationale, le festival comporte une sélection compétitive de productions canadiennes, permettant au public et aux professionnels de l’industrie de voir une myriade d’histoires et de perspectives créatives à travers le pays. De plus, Hot Docs est un terreau fertile d’opportunités éducatives et de rencontres pour tous les types de créateurs du secteur, mais particulièrement pour les jeunes artistes.
Basé à Montréal depuis huit ans, Vincent Toi, qui est également graphiste à la galerie d’art DHC et au Centre Phi, est retourné dans son pays natal, l’île Maurice, pour produire une œuvre qui porte sur la plus importante course de chevaux du pays, la Maiden Cup, et la vie de personnages qui y sont impliqués. Le projet est parti d’une idée que le réalisateur a eue alors qu’il regardait des images de corrida, assis dans un cours de cinéma à l’Université Concordia. Mû par le désir d’explorer l’île Maurice en tant que société postcoloniale, la course lui apparut comme le symbole de ce thème puisque ce sport est un vestige de l’héritage anglais et que même la division du stade est stratifiée selon les classes. Ainsi, à travers le personnage d’Alvinio Roy, un adolescent pêcheur qui rêve d’échapper à son destin et de devenir jockey professionnel, Toi montre le processus de redéfinition de l’identité culturelle et patrimoniale d’une nation pluriethnique, après 400 ans de colonisation.
La production du film fut un long processus entamé en septembre 2011, dans lequel plusieurs intervenants du Canada et de l’île Maurice ont contribué, démontrant toute l’importance que peut avoir la contribution financière et en ressources, pour les œuvres d’art, particulièrement celles de créateurs émergents.
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Vincent Toi acquiesce : « Je pense que ça va changer les choses pour nous au niveau professionnel, on sera pris plus au sérieux. C’est bon aussi pour le film, parce qu’il pourra faire le circuit des festivals et être vu par une variété de gens. C’est comme si on avait obtenu le sceau d’approbation ultime. »
Bref, le film semble avoir une aura de magie, c’est à se demander qui a réellement vu la licorne.
Il reste une présentation du film au Hot Docs, celle de vendredi 2 mai à 16h30 au ROM Theatre.