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On entendrait une mouche voler dans le petit local d’un immeuble de Pointe-Claire, dans l’ouest de l’île, où quatre jeunes adultes très concentrés sont à pied d’œuvre.
Il y a Zoé, Cédric, Jed-Clyde et Lina. Stéphanie n’est pas là aujourd’hui, elle a callé malade.
Leur mission : assembler des trousses de dépistage de COVID, qui prendront ensuite la direction des cliniques, hôpitaux et autres adresses sur le territoire desservi par le CIUSSS local.
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Les employé(e)s ne chôment pas. « Des petites machines », décrit d’ailleurs affectueusement Magnolia Herrera, qui supervise les opérations.
La preuve: plus de 7 000 kits sont assemblés par les cinq collègues chaque semaine. « Je remplis trois-quatre boîtes par jour », calcule Zoé, en train d’enfouir minutieusement un coton-tige et une éprouvette remplie d’une solution saline dans une sorte de sac Ziploc.
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C’est Magnolia qui gère la logistique des tests assemblés et leur distribution dans le réseau de la santé. « Au début, on faisait l’assemblage à l’hôpital, mais il y a eu des cas de COVID et les bénévoles qui s’en occupaient étaient des personnes âgées jugées à risque », explique Magnolia, justifiant pourquoi « l’usine d’assemblage» a été transférée ici, dans une salle de conférence du Centre de réadaptation de l’Ouest de Montréal (CROM).
«J’aime aider les gens à ne pas attraper la COVID!»
«La COVID m’a un peu inquiétée, mais là ça va»
«Je suis fier de pouvoir aider les gens!»
Je quitte avant l’heure de leur lunch. Une pause bien méritée à les voir aller.
Ah oui, je ne sais pas si c’est important de le mentionner, mais Zoé, Cédric, Lina, Jed-Clyde et Stéphanie font partie d’un programme d’intégration pour personnes présentant une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme.
Je rêve du jour où on aura même plus besoin de le souligner.
Et ce jour approche à en juger par ma rencontre avec ces jeunes formidables, juste contents de faire leur part.
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C’est à ce moment que nos cinq jeunes ange-gardiens de l’ombre se sont amenés en renfort, avec une motivation contagieuse et à toute épreuve. « J’aime aider les gens à ne pas attraper la COVID! », lance avec enthousiasme Zoé, 26 ans, qui voyage le matin et l’après-midi en transport adapté pour se rendre au boulot. Même si elle sait que son rôle ici est important, elle avoue avoir quand même hâte de reprendre du service à l’hôpital et de retrouver les gens. « Moi je m’occupe des visites amicales. Je parle grec alors je peux le parler avec ceux qui le comprennent », souligne-t-elle fièrement, pendant que ses doigts s’activent à assembler des kits de dépistage.
Au poste de travail voisin, Cédric travaille aussi à la vitesse de l’éclair. À 29 ans, il dit remplir une dizaine de boîtes par jour. Rien de surprenant à le voir aller. Il n’a pas trop le temps de s’ennuyer de son ancienne job à l’hôpital, où il donnait un coup de main à la cantine et en distribuant du café sur les étages. Sa job de rêve? « J’aimerais écouter la radio toute la journée, surtout Rouge FM », résume Cédric, qui me donne spontanément un fist bump avant de se remettre à l’ouvrage.
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Au fond de la shop, Lina porte un beau chandail jaune pétant qui met du soleil dans une journée déjà très printanière. « J’aime ça ici, tout le monde est de bonne humeur! », s’exclame-t-elle, sans arrêter d’assembler ses kits. Lina peint aussi. Elle me montre la belle carte qu’elle a dessinée et qui a été distribuée dans tout le réseau pour saluer le travail des héros de la COVID durant la première vague. Lorsqu’on lui demande ce qui serait sa job de rêve, la réponse ne se fait pas attendre: « J’aime nettoyer des affaires! » À l’hôpital, Lina donnait un coup de main au nettoyage, à la buanderie et pour arroser les plantes aussi. Elle nettoyait même les cartes de bingo et les jetons des patients. « La COVID m’a un peu inquiétée, mais là ça va », avoue candidement Lina, en déposant soigneusement une éprouvette dans un petit sac en plastique.
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Même s’il a l’air gêné vite de même, Jed-Clyde est le chanteur du groupe. « J’aime le jazz, les balades, Michael Bublé, Sinatra et Tom Jones », énumère l’artiste de 28 ans, qui chantait pour divertir les patients de l’hôpital avant d’aboutir ici. Son public peut attendre, Jed-Clyde est conscient de l’importance de son rôle ici. « Je suis fier de pouvoir aider les gens! », souligne le jeune homme, qui met de la musique à l’occasion dans le local. Il avoue avoir quand même hâte de recommencer à chanter. Ses classiques? « I Believe de Tom Jones et Fly Me to the Moon de Sinatra », répond Jed-Clyde, qui aime aussi la danse et Elvis.
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