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Une carte pour tout le kitsch du Québec

Parce qu'il n'y a pas juste l'Orange Julep.

Si la boutique Kitsch à l’os du boulevard Hochelaga était votre seule référence jusqu’ici en matière de kitsch, vous serez surpris d’apprendre que des dizaines de restaurants, hôtels et attractions méritant l’adjectif sont dispersés un peu partout sur notre grand territoire.

Lancée un peu avant Noël, La carte du patrimoine kitsch du Québec, qui circule pas mal ces jours-ci sur les réseaux sociaux, permet justement aux internautes de savoir exactement où se trouvent ces PPP (petites perles du patrimoines) nouveau genre.

Caroline Dubuc et Roxanne Arsenault (oui, c’est aussi Donzelle), les deux artisanes derrière le projet, nous en disent un peu plus sur ce qui pourrait bien devenir votre inspiration pour un prochain roadtrip.

Qu’est-ce qui vous passionne tant que ça dans le kitsch?

Roxane : C’est un sujet que j’ai exploré dans mon mémoire de maitrise, mais j’ai décidé de le porter en site internet parce qu’on est devenues très intéressées par ce patrimoine vernaculaire, qui n’est pas reconnu comme étant du patrimoine, mais qui pourtant fait vraiment partie de notre histoire. Il nous fait vivre des expériences assez intéressantes, autant pour les nostalgiques que pour la nouvelle génération. Ce sont des expériences qui sont souvent immersives et très surprenantes. On a donc commencé à documenter ça de façon plus sérieuse.

Pour les néophytes comme moi, c’est quoi du patrimoine vernaculaire?

Caroline : Ce sont des constructions qui sont faites par des gens qui n’ont pas nécessairement une formation académique en architecture ou en design, mais qui veulent faire une construction dans un style particulier. Dans le cadre du patrimoine kitsch, ce sont des styles qui débordent beaucoup dans la surcharge, dans les textures et dans les différents éléments décoratifs qui y sont mis.

Vous avez réussi à documenter des endroits qui se situent un peu partout à travers le Québec, comment avez-vous fait pour en répertorier autant?

Roxane : C’est ça un peu la magie de cette carte. Si on l’a lancée, c’est pour faire un appel à tous. C’est une carte que tout le monde peut remplir. On l’a faite pour qu’autant ta grand-mère que toi puissiez l’alimenter. Il y a au moins une vingtaine de lieux qui ont été ajoutés par les internautes depuis les deux derniers jours.

On a seulement mis quelques entrées. Puisque j’avais fait mon mémoire de maitrise là-dessus, on avait déjà une bonne base, sauf qu’il y a tellement de choses auxquelles on ne peut pas avoir accès. C’est en faisant appel à un plus large public qu’on arrive à aller chercher autant des lieux qui existent toujours que des lieux qui ont été démolis, mais qui devraient faire partie de notre mémoire collective.

Caroline : De cette façon-là, on est capable de toucher toutes les régions du Québec avec une connaissance beaucoup plus fine des gens qui les ont habitées ou qui voyagent par là. [NDLR Lorsque vous cliquez sur un lieu, vous voyez ainsi dans le bas de la description le nom de la personne qui l’a ajouté à la carte]

Qu’est-ce qui caractérise un lieu kitsch, selon vous? Est-ce que vous repassez à travers les endroits ajoutés par les internautes pour savoir s’ils respectent les critères?

Roxane : On a une définition. Par contre ce qu’on trouve intéressant c’est comment les gens l’interprète et comment ils définissent eux-mêmes le mot kitsch. On voit qu’ils ont une vision beaucoup plus large que la nôtre. Pour l’instant, on n’intervient pas du tout dans la carte, on aime bien voir où ça va aller. Si un moment donné ça déborde et ça devient un peu n’importe quoi, on va peut-être resserrer les cordes.

Caroline : Pour l’instant, on définit le kitsch comme étant des lieux thématiques, excessifs, chargés ainsi que des attractions qui sont parfois des points de repère : un gros poisson ou un gros robinet géant, par exemple. Ce sont des lieux dans lesquels on peut voyager et oublier notre vie de tous les jours.

Le corpus du mémoire de maitrise était de 1950 à 1980, mais on n’a pas mis de limitation pour les dates, parce qu’il y a de nouvelles formes et de pratiques du kitsch qui sont contemporaines.

Est-ce que vous pensez que c’est encore à la mode les lieux kitsch en 2019?

Roxane : Je travaille là-dessus depuis 2005. Je fais des entrevues sur le sujet et je pense que le kitsch se renouvèle constamment. Il n’est pas ancré dans une période temps et je pense que c’est intéressant de voir comment il se transforme. Mais là où notre travail se distingue, c’est que c’est la première fois qu’on va répertorier ces lieux-là.

Caroline : On veut en parler comme du patrimoine, donc on ne le met pas nécessairement comme un phénomène de mode et d’engouement. C’est de dire : est-ce qu’on peut considérer ça comme du patrimoine? Et la réponse est oui.

Est-ce que vous avez l’intention de visiter les endroits proposés par les gens sur la carte?

En cœur : OUI!!

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