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Un grand jour pour la démocratie

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Je me suis levé heureux ce matin. Réveil brutal, mais content. Le téléphone a sonné : « Le maire a été arrêté, regarde les nouvelles. » Une très bonne nouvelle pour Montréal.

Son collègue, maire de Québec, a beau s’indigner ce matin sur le niveau de cynisme qui va augmenter. « C’est interplanétaire » (sic), expliquait-il.

« C’est une journée sombre pour Montréal », disait aussi à chaud Jean-François Lisée, ministre québécois responsable de la métropole.

C’est plutôt un grand jour pour la démocratie.

Depuis plus de cinquante ans, n’importe quel observateur un peu aguerri était déjà au courant.

Même chose, plus récemment, pour n’importe quel téléspectateur de la commission Charbonneau. La corruption et la collusion dans la construction et la politique sont un secret de polichinelle, en particulier dans le milieu municipal.

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De Duplessis qui offrait des frigos jusqu’aux entourloupes de prête-noms, le bien-être de la collectivité n’est pas toujours à l’agenda de nos dirigeants.

Après le séisme de janvier 2010 en Haïti, j’ai nombre de fois dû expliquer que la corruption n’est pas un trait culturel. « L’aide est allée dans les poches des dirigeants », pensaient haut et fort certaines personnes, alors que le fiasco post-séisme là-bas est tout autant, sinon plus, de la responsabilité de nos dirigeants, ici, à Ottawa.

Aujourd’hui, plus personne n’ose faire cet amalgame raciste. C’est déjà ça de pris.

Un des aspects négatifs de la démocratie force les dirigeants à toujours vouloir rester populaires. À Port-au-Prince, comme à Montréal.

Certains paient des routes dans les comtés qui ont voté du bon bord. D’autres cumulent l’argent pour leur prochaine campagne. Dans les deux cas, l’objectif est le même : garder son poste.

On peut facilement pointer du doigt. On laissera les autorités concernées déterminer les fautes. Plus personne n’est au-dessus des lois.

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Les élections municipales annoncées à l’automne prochain pourront peut-être réveiller la population sur le métier de politicien. Va-t-on encore se laisser berner par les belles paroles à la télévision? Ou va-t-on enfin exiger des propositions complexes et détaillées pour mener la chose publique?

Personne en connaissait vraiment l’ampleur du problème. Mais plus personne ne peut faire l’autruche aujourd’hui. La démocratie en sortira gagnante. Le débat se fera enfin et les politiciens seront forcés d’établir des règles toujours plus strictes, pour plaire à leurs électeurs. Mais ce n’est peut-être que la pointe de l’iceberg. D’autres politiciens suivront et les intentions malhonnêtes aussi.

Sauf qu’à partir de maintenant, ils sauront aussi qu’aucune fonction ne les mettra à l’abri d’une poursuite.

Twitter: etiennecp

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