Tu es le super-héros de ton choix

Des fois tu t’oublies.  Le temps accroche le piton pause de ta télécommande et tu cesses de brûler, d’avancer dans le train-désir. Que 2012 soit la fin du monde ou non, c’est tellement mieux de ne pas vivre en dessous de toi exposant plus. 

Il faut :
Garder les pieds sur terre mais grandir le torse,
Courir en phosphorescent, trouver joyeux les jours de pluie, mettre du James Blake puis sauter en toi/dans les flaques dehors,
Faire tant pis et sortir la langue, doigt d’honneur d’une main, high five de l’autre,
Respirer dans la peur, l’aimer pour la laisser s’évader,
Essayer de faire la split et se tourner plutôt vers la banana split, donner sa croûte de pizza au prochain, chiquer de la gomme même si l’aspartame,
Ne se battre qu’avec le vent mais juste pour jouer, esquiver le reste,
Te bourrer le crâne de tout autour, te gaver le foie de liquides à pourcentages divers,
Plonger dans un tsunami avec la même fougue qui t’a poussé à découper des triangles dans ton T-shirt de Guns N’Roses à 17 ans, en prenant le risque qu’après ce soit laite,
Laisser sortir ce qui émane, devenir ce que tu veux, l’aigle, le surfer, le super-héros de ton choix,
Remarquer sa fossette à lui, faire le ménage d’après-party le surlendemain, Parler en phrase agrammaticale par exprès,
Sauter d’un arbre trop haut juste parce qu’une cicatrice c’est beau,
Se mettre du vernis fluo pour conserver le cordon ombilical avec les années 90,
Inventer des signes de main pas possibles, des chorégraphies de gang la meilleure du monde, mimer les différentes façons de faire physiquement mal à quelqu’un comme un Road Runner en 3D,
Jouer du drum sur le ventre (bass drum) et la gorge (snare) d’un beau garçon, Permettre à ton coeur de battre plus vite quand bon lui semble,
Ne pas t’excuser quand tu pleures, ne plus te cacher la face quand tu te fais prendre en photo,
Bouncer la tête malgré toi sur un beat à chier,
T’armer d’un gun de pouce, d’index et du doigt de fuck you,
Hurler à la lune comme si t’étais amoureux,
Sauter dans la quatrième dimension, dans ce qui n’est pas froid mais qui rend tes mamelons durs,
Marcher en thug avec une minijupe,
Transcender le temps, quand ton corps n’existe plus, qu’il ne fait qu’un avec le eye contact de fusée qui décolle vers le hot stuff que t’avais jamais vu là avant,
Pointer mesquinement un petit chien kickable, puis lui envoyer un bec soufflé,
Dire “T’es con” mais penser “French-moi”, faire des trucs à deux les yeux ouverts, sauter dans une nuque avec tout le corps, aimer sans penser aux textos,
Ne pas se laver trop souvent, manger peu importe la masse adipeuse,
Humer les pissenlits en faisant fi des fourmis,
Continuer à chanter même quand le passant arrive vraiment proche,
Feindre la confiance en soi lorsqu’on criss le camp sur le trottoir devant l’être désiré,
Ne pas perdre de vue l’état d’ivresse, garder les yeux toujours un peu flous même dans la lucidité,
Vivre le mal-frisson devant le mendiant puis lui calinourser des orchidées par le ventre,
Faire la chandelle dans un lit inconnu,
Danser mal ou bien, s’en foutre, un move de Jackson ou qui n’a jamais été fait par personne auparavant,
Trouver la laideur intéressante, comme un ami surexposé mal cadré ou un visage mystique duquel on ne peut détourner les yeux,
Chercher les trucs qui brillent,
Répondre merci quand on te dit “Tu bouleverses tout.” ou “Ton âme me turn on.”,
Glisser le plus loin possible sur ton plancher de bois, être essoufflé et rire de ton cardio merdique,
Tout tenter, tout goûter, te déshabiller dans un parc, pas pour être sexy, juste parce que c’est ça qui est ça,
Soutenir les regards qui te gênent, dénicher ceux que tu veux bouffer sans mâcher,
Dire oui au coït ininterrompu, dire non à la fumée secondaire, revenir aux pulsions primaires,
Oser faire ce que tu sais que tu dois faire quand tu fermes les paupières,
Laisser la part d’incertitude être, la caresser et comprendre que tout est parfait, Mettre le réveil-matin en riant puis sacrer le matin en sortant le cache-cerne,
Faire un solo de air harpe,
Mordre dans la nécessité,
Laisser tes cheveux libres.

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