Trump au pied du mur (pas ce mur-là)

Aussi, l'ennuyant scandale d'Andrew Scheer et la CAQ bûcheronne.

Je ne parlerai pas dans ces lignes du premier débat, d’une part parce que j’en ai déjà parlé hier, et d’autre part parce que c’était ennuyant et que j’aimerais ne plus jamais y penser. 

De tout façon, il s’est passé plein de choses, partout dans le monde. Pour qu’on ne parle pas juste de la campagne fédérale, je vous parlerai donc d’une nouvelle qui concerne les États-Unis, d’une autre qui concerne le Québec… mais aussi d’une nouvelle sur la campagne fédérale, parce que c’est toujours le fun voir des aspirants premiers ministres dire des niaiseries en campagne. 

Petit survol de la semaine. 

Trump réagit comme un animal blessé

Je vous ai parlé la semaine dernière de la procédure de destitution de Trump. 

Comme je vous le disais, c’est une procédure qui a le potentiel de nuire aux démocrates au moins autant qu’elle peut les aider. 

Trump, s’il était un homme raisonnable, se tiendrait silencieux sur l’affaire, et se contenterait de dire qu’il n’a rien à se reprocher. 

Or, Trump n’est pas un homme raisonnable. 

Dans les derniers jours, il a tenté d’apparenter la démarche des démocrates à un coup d’État, et il a laissé entendre que sa destitution pourrait se terminer en guerre civile. 

Il est d’abord parti en croisade devant les journalistes et sur Twitter, qualifiant l’affaire de supercherie, accusant le président du comité de renseignement de trahison. Il a même menacé de poursuivre les personnes liées à l’enquête sur ses liens avec la Russie. 

Mais ce ne sont pas ses commentaires les plus troublants. Dans les derniers jours, il a tenté d’apparenter la démarche des démocrates à un coup d’État, et il a laissé entendre que sa destitution pourrait se terminer en guerre civile. 

Rassurant. 

Mais ce n’est même pas l’affaire la plus niaiseuse qu’il ait fait cette semaine. 

Je le rappelle, la procédure de destitution a été lancée parce que le président aurait demandé au président ukrainien d’enquêter sur le fils de Joe Biden, son potentiel adversaire démocrate. 

Alors qu’on entre dans le coeur de l’enquête à ce sujet, qu’a fait Trump? 

Il a fait la même demande, publiquement, à la Chine. 

C’est comme si Éric Salvail, le premier jour de son procès, avait choisi de montrer sa bizoune au juge. 

MAIS QU’EST-CE QUI SE PASSE DANS TA TÊTE, DONALD?

La CAQ veut couper des arbres pour la planète

Le jeu préféré de la CAQ, ces temps-ci, c’est de jouer au jeu des contraires. Après le fameux « Le troisième lien c’est bon pour l’environnement parce que ça fait plus de place pour des chars électriques », le ministre de la Forêt a déclaré cette semaine que le gouvernement va permettre aux compagnies de couper plus d’arbres, parce que c’est bon pour l’environnement. 

Évidemment, tout le monde s’est étouffé dans son kombucha. Mais est-ce que c’est si niaiseux que ça? 

Ben… oui, mais un peu moins que vous pensez. 

Il n’a pas tort sur deux points; en effet, si ce bois remplace des matériaux de construction plus polluants comme l’acier ou le ciment, c’est une bonne chose. Le bois est moins polluant. 

C’est aussi en vrai qu’en vieillissant, le bois capte moins de CO2, et qu’il en vient même à en relâcher quand il meurt et qu’il se met à pourrir. 

Par contre, ça, ça fonctionne si on replante des arbres au fur et à mesure pour que la forêt reste jeune. Si t’augmenteS soudainement les quotas de bois, comment bien que les entreprises replanteraient des arbres, on va se retrouver avec des forêts pleines de bébés arbres qui ne captent pas grand chose. 

En plus, ça risquerait de porter atteinte aux habitats des animaux et à l’éco-système. 

En gros, le ministre n’a pas COMPLÈTEMENT tort. Mais qu’on plante des nouveaux arbres en premier, pis on verra après.

Andrew Scheer et le scandale le plus plate de tous les temps

Quand Trudeau a été pris dans son histoire de blackface, c’était peut-être un petit peu gênant, mais au moins c’était une histoire intéressante à suivre. 

On ne peut pas en dire autant du scandale qui suit actuellement Andrew Scheer, un scandale aussi beige que son image. 

Andrew Scheer a dit qu’il a déjà été courtier d’assurances… sauf que petit hic: après des recherches du Globe and Mail, on a appris qu’il n’avait jamais eu de permis pour pratiquer ce métier.

Andrew Scheer est un peu un politicien professionnel, c’est-à-dire qu’il n’a pas vraiment eu de vraie job en dehors de la politique. C’est quelque chose que ses adversaires aiment exploiter, lui reprochant de ne pas être aussi près du vrai monde qu’il veut bien le laisser croire. 

Pour se défendre, Andrew Scheer a dit qu’il a déjà été courtier d’assurances… sauf que petit hic: après des recherches du Globe and Mail, on a appris qu’il n’avait jamais eu de permis pour pratiquer ce métier.

Il y a donc deux explications possibles: soit il a pratiqué le métier dans l’illégalité, soit il s’est inventé un passé de courtier d’assurances.

Imagine. 

C’est comme aller sur une date, et tenter d’impressionner l’autre personne en inventant que t’as déjà rempli tes formulaires d’impôts toi-même. 

INVENTE UN MENSONGE PLUS INTÉRESSANT, DIANTRE! 

(Scheer lui, s’est défendu en disant qu’il a amorcé le processus d’obtention de licence mais qu’il avait quitté avant de l’obtenir, et qu’il avait le droit de pratiquer le métier en Saskatchewan mais avec une portée limitée… Ugh, c’est tellement plate).

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