Trudeau le faux

Éric explique pourquoi Justin se fait prendre à son propre jeu

Allons-y droit au but: l’actuelle crise ferroviaire témoigne d’abord et avant tout d’un manque total de leadership de la part du premier ministre Justin Trudeau.

Cette crise affectera sans doute la popularité de l’occupant du 24 Sussex plus que tout autre événement — incluant ses accoutrements ridicules en Inde et autres déguisements d’Halloween douteux — survenu depuis son arrivée au pouvoir il y a cinq ans.

La preuve, même un Parti conservateur décapité (le nouveau chef sera choisi le 27 juin prochain) trouve le moyen de prendre les devant sur les libéraux, selon ce récent sondage.

Le taux de popularité du Premier ministre et de son parti n’ont pas fini de dégringoler, parce que Justin a mal réagi et l’a fait trop tard.

Parce qu’il a soufflé le chaud et le froid. Parce qu’il tente de constamment refiler la patate chaude à ses homologues provinciaux. Parce qu’il semble incapable de prendre ses responsabilités et de fixer un échéancier.

Les policiers, les gouvernements provinciaux le CP et le CN doivent ainsi accomplir la sale besogne pour faire respecter la loi et libérer les rails.

Mais il y a bien pire.

La question autochtone était l’un des enjeux personnels fétiches de Justin Trudeau pour démarquer son leadership de celui de ses adversaires. Il adorait présenter sa vision différente en la matière. Il a tellement le sujet dans le sang qu’il s’est même fait tatouer un symbole haïda sur l’épaule gauche, en hommage au peuple autochtone de Colombie-Britannique. 

Aujourd’hui, son parti-pris pro-autochtones lui revient au visage. Ce boomerang en pleine face est douloureux, sinon dévastateur. On assiste à la pire crise autochtone au Canada depuis des décennies. 

Et si ça arrive maintenant, ce n’est pas un hasard. Quand vous montez les attentes en terme de réconciliation avec les Premières nations, que vous nommez trois ministres plutôt qu’un responsables du dossier et que vous accouchez d’une souris, vous vous exposez.

Pensez-vous que les voies ferrées auraient été bloquées pendent plus d’une heure si le Premier ministre s’appelait Stephen Harper? Évidemment que non. Les autochtones n’espéraient rien de bon de Harper et savaient fort bien qu’ils ne pouvaient violer impunément la loi durant son règne.

Mettre fin à cette forme d’apartheid

Les intentions de Justin Trudeau n’étaient pourtant pas mauvaises au départ. On devra un jour ou l’autre régler la question autochtone. Notre idée de les « parker » sur des réserves équivaut à une forme d’apartheid indigne d’un pays civilisé. Ces communautés devront enfin devenir des citoyens à part entière de notre pays, avoir les mêmes opportunités, mais aussi les mêmes obligations. On doit transiter vers cet idéal.

Justin Trudeau démontre néanmoins qu’il est trop mou pour présenter une telle réforme, pour livrer la marchandise. Je ne parle pas de celle qui se trouve dans les wagons, mais bien plutôt celle qu’on retrouvait dans ses engagements prioritaires dès 2015.

Justin Trudeau démontre qu’au-delà des beaux selfies et des discours creux, un vide sidéral l’habite. 

Tout d’un coup, on remarque collectivement que tout sonne faux chez lui.

Les plus critiques envers le chef libéral avaient déjà commencé à le qualifier de faux féministe l’année dernière. Justin aime se présenter comme le grand allié de la cause des femme. Il a présenté fièrement le premier conseil des ministres paritaire, composé également d’hommes et de femmes « parce qu’on est en 2015 ».  

Et, depuis, on a remarqué que les postes clefs étaient confiés aux hommes, que les rétrogradations affectent davantage les femmes et que les trois membres du caucus qu’il a mis à la porte du parti parce qu’elles sonnaient l’alarme au sujet du scandale SNC-Lavalin étaient toutes trois des femmes. Bref, un faux féministe.

Sonner faux

Puis ce fut en matière d’environnement que Trudeau s’est aussi mis à sonner faux.

Lui qui attaquait son prédécesseur comme étant un allié des grandes compagnies pétrolières promettait de faire de la lutte aux changements climatiques la priorité des priorités.

Ça réjouissait les écolos. Ç’a a attiré Steven Guilbeault comme candidat-vedette. Puis, la réalité économique l’a rattrapé. En 2018, Justin Trudeau débourse 4,5 milliards de dollars de votre argent afin que le gouvernement canadien achète le pipeline Trans Mountain. Et Guilbeault s’est ramassé au Patrimoine. Méchant écolo!

S’il y a un domaine cependant où le fils de Pierre Elliott Trudeau ne pouvait sonner faux, c’était bien celui du multiculturalisme. Après tout, PET a enfanté Justin ET le multiculturalisme.

Jusqu’au jour où la planète tout entière a découvert, estomaquée, que Justin est un multi-récidiviste du blackface.  

Faux multiculturaliste par-dessus le marché?

Le vrai du faux

Et comme si ce n’était pas suffisant, voilà qu’éclate la crise autochtone. Justin dit privilégier la négociation, nous demande d’être patients. Puis, il ajoute que ce n’est pas à lui d’intervenir pour mettre fin au blocus même si le transport ferroviaire, les pipelines inter-provinciaux et la question autochtone sont de juridiction fédérale.

Rien pour améliorer ses relations déjà tendues avec les Premiers ministres du Québec, de l’Ontario ou de l’Alberta.

Rien sinon pour rassurer les milliers de Canadiens qui ont temporairement perdu leurs emplois, ni les centaines de milliers d’autres incapables de se déplacer.

Le grand danger qui guette maintenant Justin est que les électeurs se réveillent un bon matin et décident tous ensemble qu’un faux-féministe, un faux-écolo, un faux-multiculturaliste, un faux pro-autochtones, FAUT le changer!

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