On est où?

Trois (autres) types de voyageurs que tu ne veux jamais devenir

Chronique d'un (pas si vieux) camper van.

Avec les chroniques d’un (pas si vieux) « camper van », Mélanie Leblanc vous emmène sur la route, la vraie. Des chemins sans filtre Instagram, pas toujours glam, souvent bordéliques, mais ô combien divertissants. À bord de John Mel & Camper, son truck de 21 ans (pas de rouille, pas de trou), c’est un départ vers la liberté… et le chaos.

Le phénomène du décrochage s’est fait tout doucement en début de voyage. Les tracasseries du quotidien étant devenues absentes, mon esprit est occupé à temps plein à vaquer. Et maudit qu’il vaque ben. Plus je vaque, plus j’observe. C’est normal, j’imagine. J’ai pus rien à penser, alors je regarde. Plus j’observe, plus je dénombre des types de voyageurs auxquels je souhaite ne jamais ressembler. Cet article je l’écris le sourire en coin, les yeux ouverts sur les petits détails qui accrochent… Et visiblement, « 4 types de voyageurs qui gossent et qui devraient cesser immédiatement » a eu un tel succès. Je dirais qu’au moins 750 000 personnes m’en parlent toutes les semaines, voici la 2e partie. Donc trois types de voyageurs à qui je souris, quand je les rencontre. Je souris parce que je suis zen et polie. Je souris, et je prends des notes mentales.  Comme diraient Les grandes crues : tu prends, tu lis, t’appliques, tu grandis. 

Le-voyageur-qui-s’insurge-pas-dans-la-bonne-langue

Le voyageur-qui-s’insurge-pas-dans-la-bonne-langue aurait aussi pu s’appeler « étroit d’esprit ». Il est reconnu pour avoir BEAUCOUP d’opinions et aime s’obstiner, préférablement avec des personnes qui ne parlent pas français, alors que lui ne parle aucune autre langue. « Ben voyons, ça ne se peut pas ». Je sais. Mais oui, ça se peut. Les (pas si fins) observateurs remarqueront même qu’il a tendance à dire, assez rapidement dans une phrase d’ailleurs : « moé je parle pas anglais ni espagnol » (ou autre langue du pays visité), mais étonnamment il doit comprendre un peu puisqu’il  est la vedette de son propre téléthon de généralités: « Sont tous pareils, faut que tu le checks, c’est toutes des crosseurs. » C’est souvent à ce moment-là que je fais l’innocente en disant : « ok, mais comment tu sais, si tu ne parles pas sa langue? ». C’est souvent à ce moment que la discussion se termine et que je ne me suis pas fait un nouvel ami.

Les-pros-de-photoshop-anti-touristes

Beaucoup croisés sur les autoroutes en béton ou l’autoroute électronique, le pro-de-photoshop-anti-touriste se pense souvent dans une classe à part. Il semble oublier qu’il n’est aucunement différent des gens rencontrés sur son passage, puisqu’ils partagent la même passion: la découverte et la quête de liberté. Le pro-de-photoshop-anti-touriste est du genre à ne pas te conseiller d’aller voir Le Louvre ou Tulum, parce qu’il y a (juste de l’écrire, je fais de l’urticaire) trop de touristes. GUESS WHAT : TU ES UN TOURISTE À TULUM.

Ta mère n’a pas accouché de toi entre deux roches préhistoriques? Tu as payé ton billet d’entrée? Tu t’es déplacé pour venir ici? TU ES UN TOURISTE. Point. Mais comme tu es pro de photoshop, tu vas enlever tous les autres touristes de tes photos. Pourquoi? J’ai pas encore de réponse. Peut-être que tu veux voir à quoi ça aurait ressemblé si tu avais Kardashian comme nom de famille, donc assez de cash pour faire fermer la place durant ta visite. Je sais pas. Mais ce que je sais c’est que tu n’as pas le droit de chiâler qu’il y a trop de monde, si toi-même tu as fait des milliers de kilomètres pour t’y rendre. « Oui, mais depuis qu’on est des vaners, on est rendus sauvages, on veut pus voir personne. » Ben reste dans ta cour! En plus ça te coûtera pas cher en gaz et tu vas pouvoir signer le Pacte! 

Les dangereux-qui-s’ignorent

Cette catégorie est très englobante. On y reviendra peut-être dans le futur, mais commençons par parler des conducteurs dangereux qui ne réfléchissent pas. Donc ignorent complètement l’aura de danger qui leur tourne autour. J’ai nommé les tawins qui arrêtent EN PLEIN  MILIEU DE L’AUTOROUTE pour prendre des photos du bébé chevreuil qui cherche sa maman, dans le champ. Ou des buffalos qui ont l’air tout doux, on va s’en approcher.

C’est pas parce que tu es dans un parc national, que tu peux stopper ton véhicule, live, dans ma face. Tu verras d’ailleurs que la limite de vitesse est à 55 miles à l’heure et que 55 miles à l’heure, c’est pas 0 mile à l’heure. Les dangereux-qui-s’ignorent ont aussi tendance à hurler derrière leur iPad duquel ils prennent des photos, pour attirer l’attention de leur sujet. « Youhou, minou, check ici, maman veut prendre une belle photo. » Si tu prends une photos avec un iPad, ça me donne automatiquement le droit de te juger.  

Les-Québécois-qui-cherchent-de-la-poutine-en-voyage

J’ai le droit, bon, on était juste avant la St-Jean-Fête-Nationale-Festival-du-Solstice-d’été

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