Pour répondre à la question de Manue: ça va. Ouain. Je dirais « en gros ». Même si… ti-blues automnal est venu frapper à ma porte. Je sais pas vous, mais moi, l’automne, je souffre toujours d’une montée d’anticipation, d’angoisse pré hivernale. C’est con, l’automne est tellement beau pourtant. Mais j’ai la gorge qui se serre en pensant aux suits d’hiver que j’ai oublié d’acheter en vente l’an passé, aux milliers de mitaines que mes enfants vont encore perdre cet hiver, à la criss de noirceur le matin. Au cadran qu’il va falloir setter 15 minutes plus tôt pour avoir le temps de chercher tous les morceaux de linge et les enfiler. Aux voisins de ruelle que je ne verrai plus pendant six mois. Pis j’ai juste le goût de me pousser loin. Pis je me mets à chéker tous les spéciaux des agences de voyage.
Ouain, j’espère que mon courriel aura pas un effet anxiogène sur vous. Désolée, les filles, ça va être le fun pareil c’t’hiver.
Ahh! Je te comprends, Brigitte. Moi aussi ça me fait ça. L’angoisse a tendance à me sauter dans la gorge comme un gros chat mal élevé quand il commence à faire frette pis noir trop de bonne heure pis que les feuilles craquent sous mes bottes. C’est comme si les « mauvais automnes » de ma vie reconnaissaient le décor et cherchaient à remonter à ma conscience… C’est un peu berk. Mais j’essaie de « focusser » sur le beau. Genre : les arbres étaient malades en fin de semaine à la campagne. Et : (Avez-vous remarqué?) La ville est remplie de policiers barbus (merci projet de loi 3!), soudainement sexys dans leurs autos bariolées! Ben quoi! Faut savoir apprécier son urbanisme vivant!
Hey, on serait pas dues pour un get-together, nous autres? On ne s’est pas vues depuis la fête de Pierre-Luc au Rosemont (d’ailleurs, j’ai hâte de savoir comment ça a fini, ça. C’était qui le rouquin qui te parlait de densité des atomes quand je suis partie, Brigitte? T’avais l’air de trouver ça passionnant… ;) ).
Je vous fais une proposition drette-là. Samedi prochain: party de mitaines. Chez moi. Vous apportez vos mitaines solitaires et on demande aux enfants d’essayer de faire des matchs. Qui sait, on va peut-être en sauver quelques-unes. Pendant ce temps-là, nous, on boit du vin rouge en cuisinant une sauce à spag pour le souper… C’est pas une belle façon de chasser le blues automnal, ça?
J’espère que vous pourrez!
PS : Pis Manue, as-tu fini par recroiser ton conseiller financier au Marché Jean-Talon, à force d’arpenter les allées? ;)
PS2 : La nouvelle SAQ est ouverte sur Beaubien!!! Il va aller où, notre cachet d’Urbania? ;)
Sent: Wednesday, 10:33 AM
Je comprends votre spleen, les filles… Le soleil qui se fait avare de sa lumière n’est pas étranger à tout ça.
Ce matin, le moton m’a pris juste à chercher des bas, c’est un deuil, de ne plus laisser son orteil respirer librement dans sa ballerine. Pis quand je suis arrivée au boulot, j’ai failli pleurer en constatant que les chaussettes en question étaient marine pis que ça fittait pas pantoute avec mon pantalon noir… La prochaine fois, j’utilise ma frontale…
En plus, j’ai un incroyable besoin de caféine pour garder les yeux ouverts et réchauffer mon corps qui lutte contre l’hibernation.
J’ai dû me rabattre sur la machine de la salle du personnel. Je suis revenue à mon bureau en me traînant les pieds, laissant le liquide brun et amer me brûler les muqueuses. Je devais avoir l’air d’une condamnée dans le couloir de la mort avec ma grosse écharpe orange. Je me suis assise en face de mon ordi, j’ai fixé l’écran une bonne quinzaine de minutes comme une lobotomisée en rêvassant, le temps que la drogue fasse son effet.
Je repensais, justement, au conseiller financier. Ouais, je l’ai revu, il entrait à la Brûlerie. Je me suis postée en face, au kiosque des courges, auxquelles j’ai feint de porter un intérêt démesuré, le temps qu’il ressorte. Dix minutes plus tard, il est réapparu au bras… d’une personne qui a tout l’air de son chum! Merde de merde, y’a quelque chose que j’ai mal décodé lors du renouvellement de mon REER, faut croire!
Faque oui, ben partante pour un party de sauce à spag, j’ai besoin de debriefer… Pensez-vous qu’on peut y ajouter de la citrouille ? Je croule sous les cucurbitacées…
PS Émilie, la mitaine rayée gris et jaune est chez nous. Je l’apporte!
Désolée du temps de réponse, week-end de marde : les enfants se sont chicanés du matin au coucher. Pour le party mitaines, c’est raté, va falloir attendre la prochaine fds de garde commune.
Méga gaffe en me levant ce matin; j’ai pensé à ce à quoi il ne faut surtout pas penser à ce temps-ci de l’année : l’heure qui va bientôt reculer.
L’Horreur! Ça fait que je vous propose qu’à notre party de mitaines, on discute de la fondation du Parti de l’hibernation. Bon, ok, on n’a sans doute pas le choix de continuer à faire rouler l’économie pendant l’hiver, mais les employeurs devraient au moins être obligés de réduire les heures de travail pour que ça concorde un peu plus avec les heures d’ensoleillement.
On ferait une manif où on scanderait : « Hi-hi-hi, hibernation! »
Tabouère!, c’est du grand art, vos flushages, les filles!
Justement… j’étais en train de me creuser les méninges pour écrire le prochain billet (pour demain) sur le blues de l’automne pis… ben je viens de relire nos derniers échanges. Et je trouve qu’on l’a notre billet! En polissant un peu les phrases (et en enlevant le boutte où on parle dans le dos de Vanessa), on pourrait publier ça drette de même. Ça se fait-tu, vous pensez? Faudrait demander à Samson.
Ça me va! Go! On publie à 14h.