Germain Barre

The Meg : le mégalodon, ça existe ou pas ?

On fait le point à propos du « requin sur les stéroïdes ».

Juin 1975. Le tout premier blockbuster de l’histoire, Les dents de la mer, sort en salle. Un requin blanc y sème la terreur. Une recette gagnante si on se fie à Hollywood qui s’inspire cet été de la préhistoire pour revamper le bon vieux film de requin. Encore.

En eaux troubles (The Meg en anglais) met en scène le mégalodon, un requin immense, presque aussi long qu’une baleine bleue! Certains scientifiques le surnomment affectueusement le « requin blanc sur les stéroïdes ». Pour vous donner une échelle de grandeur, le requin blanc de six mètres mis en scène par Spielberg a la même taille que le pénis du mégalodon. Bon, c’est vrai, on devrait plutôt dire un « ptérygopode », un organe ayant à peu près les mêmes fonctions qu’un pénis chez les requins, mais c’était pour l’image.

Certains scientifiques le surnomment affectueusement le « requin blanc sur les stéroïdes ».

Bref, dans The Meg, des spécimens de ce requin préhistorique auraient échappé à l’extinction et sont tapis dans les fonds océaniques, attendant leur heure. Ils finissent par se prendre quelques humains en hors-d’œuvre. L’héroïque Jason Statham et ses acolytes tentent alors de vaincre le mastodonte et de sauver le monde.

Saisissant la balle au bond, la chaîne télévisée Discovery Channel – une chaîne dont la mission principale est l’éducation des sciences – a mis en ondes a début du mois Megalodon : The Monster Shark lives, un « documentaire ultra-dramatisé ». À l’écran, des acteurs incarnant des scientifiques sont à la recherche d’un mégalodon, appelé Submarine, qui sévit en Afrique du Sud. Le faux documentaire de deux heures prend fin avec une discrète mention des libertés artistiques prises aux dépens de la science et suggère ensuite que des observations de Submarine sont encore rapportées jusqu’à ce jour.

«On ne me demande tous les jours si le mégalodon existe. Et la réponse est… non!» – Dana Ehret

Si les films d’action, même inspirés de la réalité, restent du domaine de la fiction, les pseudo-documentaires comme celui de Discovery Channel peuvent semer le doute : le mégalodon pourrait-il s’être camouflé dans l’océan tout ce temps? Et si le mégalodon vivait toujours ? En entrevue avec le Smithsonian Magazine, le paléobiologiste, Dana Ehret, ne peut se retenir de rouler des yeux : « on ne me demande tous les jours si le mégalodon existe. Et la réponse est… non! »

Ok gang. Les mégalodons, ça n’existe plus.

Le mégalodon, prédateur tout puissant, a bel et bien disparu. Si les scientifiques sont si catégoriques, c’est parce qu’il perdait ses dents. Disposées en rangées, les unes par-dessus les autres, les dents du mégalodon, comme celles des requins contemporains, vont se renouveler tout au long de leur vie. Si bien qu’un requin peut perdre jusqu’à 20 000 dents durant sa vie!

Les dents de mégalodon, du haut de leur 17 centimètres, laissent des indices peu discrets.

Comme le Petit Poucet qui marquait son chemin, les dents de mégalodon, du haut de leur 17 centimètres, laissent des indices peu discrets. Et de toutes les dents trouvées, aucune n’est datée entre aujourd’hui et le début de l’ère glaciaire le plus récent, il y a deux millions d’années. Le mégalodon n’a peut-être tout simplement pas su s’adapter à une température devenue plus frisquette!

Mégalodon en difficulté.

Malgré des preuves scientifiques aussi difficiles à manquer qu’un néon clignotant en pleine nuit, le doute persiste. Sommes-nous devenus trop paresseux pour faire l’effort de démêler le vrai du faux? Finalement, la solution, c’est peut-être de produire des films avec des prémisses comme celle de Sharknado : un requin-tornade tellement délirant que personne n’oserait y croire!

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