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Sortons les vidanges

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Une ville de la taille de Montréal produit une quantité considérable de déchets. Et des ordures, il y en a de toutes sortes. En commençant par les déchets domestiques de ses habitants, jusqu’aux déchets produits par les différentes usines qui parsèment son territoire. Il semble même que l’on en retrouve dans quelques partis politiques et jusqu’au sein de la fonction publique.

Cette production de déchets est, somme toute, devenue la marque distinctive de notre mode de vie. Mais comment devons-nous aborder le traitement de nos déchets, dans une ville qui doit relever les défis environnementaux?
Un des aspects intéressants de cet enjeu est que l’action de créer des déchets est très souvent envisagée d’un point de vue productiviste. Ce qui implique une idée de rentabilité économique ou encore de transformation de cette production nuisible en richesse.
Proposition de remplacement du paragraphe précédent : Un des aspects intéressants est que la « production » de vidange est un puissant outil de production de richesse pour ceux qui l‘exploite (i.e. les entreprises liées par contrat à la Ville pour le « ramassage », l’enfouissement ou autres dérivés). Pensez à Maxime Rémillard, propriétaire de V Télé. Brillant homme d’affaires pour certains, il a plutôt su, pour d’autres, récupérer sa connaissance des ordures pour mettre sur pied la programmation de sa chaîne télévisée. En effet, sa famille est à la tête de la plus importante entreprise de transport et de transformation des déchets ce qui a permis à « Max » de réaliser tous ses rêves et d’investir dans l’empire qu’il possède aujourd’hui. Morale de l’histoire : les vidanges produisent une certaine richesse… pour certains.
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C’est un biais somme toute malheureux, puisque si certains persistent à considérer les déchets comme une ressource assujettie au jeu de l’offre et de la demande, on ne sera jamais vraiment porté à diminuer leur production. La production de déchet deviendra un créneau économique à part entière dont les entreprises tireront des profits.
Or, l’évolution, le progrès et la technologie nous offrent de nouveaux moyens étudiés par nos villes pour s’attaquer à l’enjeu des déchets.
Par exemple, un nouveau concept de poubelle urbaine est actuellement étudié par la Ville de Québec. Le réservoir de la poubelle est enfoui et est muni d’un compacteur actionné par l’énergie solaire. Cela permet de stocker beaucoup plus de déchets qu’une poubelle ordinaire et donc de diminuer le nombre de collectes (et par le fait même la consommation d’essence par les camions). La cerise sur le sundae est la possibilité de brancher sans fil ces poubelles et d’ainsi savoir en temps réel quand elles sont pleines. Ce genre de poubelle se retrouve entre autres dans les rues de Boston.
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Autre exemple, la Ville de Montréal a mis en place un système de récolte pneumatique de déchet dans le secteur Place des Arts du Quartier des spectacles. Un système similaire (genre d’aspiration central) est déjà en place depuis quelques années à Barcelone et semble faire le bonheur des habitants et des autorités municipales. Le seul hic à Montréal c’est que le système, malgré un investissement de 9 M$, n’est toujours pas fonctionnel puisque le « bac » récepteur de cet aspirateur central n’existe toujours pas… C’est à se demander si la crasse qui embourbe le système administratif municipal ne s’est pas introduite subrepticement dans ce dossier.
Il est tout de même important de noter que ces deux systèmes (poubelles avec compacteurs et système pneumatique) restent tout de même assez conventionnels. On jette nos déchets dans un réceptacle qui s’occupe de les faire disparaître loin de notre vue, comme s’ils n’existaient plus.
Ces solutions ne viennent pas vraiment poser la question de la réduction de la production de déchets qui est au coeur d’une démarche visant à assurer la pérennité de notre environnement. Et qui surtout devrait être en amont de toute réflexion sur la gestion des déchets.
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Avec la campagne électorale municipale qui s’amorcera sous peu – si ce n’est déjà fait -, les enjeux connus de la ville et les propositions des partis (ou candidat indépendant s’il se décide à quitter la scène fédérale…) seront largement discutés dans les médias dans les mois à venir. À travers des sujets plus « sexys » comme le développement durable, la culture, le transport, etc., il est de notre avis que la prochaine administration devra s’attaquer à l’enjeu des déchets et à sa gestion et ainsi, doter la Ville d’une réelle vision d’avenir en la matière.
Parce que pensez-y bien : si nous avions produit moins de vidanges durant les dernières années, la télévision et la culture québécoise en auraient peut-être moins souffert…
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