Logo

Sortir chez soi

Montréal, ma destination vacances

Publicité

Non, cet article n’est pas commandité par Tourisme Montréal.

C’est un mélange de manque d’argent et de motivation qui m’a fait choisir de passer l’été à Montréal. Après tout, l’été ici ne dure que deux mois: aussi bien en profiter. Les gens deviennent fous, les terrasses explosent, les afters-partys pleuvent, les fêtes de quartier et festivals abondent. Pourquoi ne pas en profiter? C’est ainsi que matante Marie a décidé de faire des activités touristiques en plein Montréal. Amenez-moi des hot-dogs de rue à 10$, je suis prête.

Ce weekend de sorties a commencé avec la vente trottoir de la Plaza St-Hubert. J’y ai trouvé mon bonheur entre un biscuit du Subway donné par une mascotte de singe et deux clowns sur des échasses médiévales. Résistant à l’envie de leur faire une jambette, je suis allée au Raffin pour acheter quelques romans. Avec mes achats venait un livre gratuit. Le choix étant difficile, je pige donc dans le tas de gratuités au hasard. «Choses à faire avant d’aller voir un psy». Génial, je me sens déjà mieux dans ma peau. En sortant, juste en face, un kiosque bien peinard avec quelques items de sex-shop. Deux jeunes garçons montent la garde (?). Je prends une paire de talons hauts transparents et demande le prix. Une aubaine, je crache donc le cash. Avec mes deux jeunes nouveaux amis, on se met à parler de la température entre deux racks de g-strings. Tout va bien, c’est une expérience agréable. Je salut mes dévoués vendeurs et je continue mon chemin vers la scène principale. Je résiste à l’envie de m’acheter 3 t-shirts blancs pour 10$ et/ou deux boubous multicolores pour 20$.

Publicité

Je rejoins une amie au coin de la grosse scène. Il y a environ une trentaine de personnes prêtes à assister à un show de folk-country-carillon. Me sentant un peu gênée pour le band, je beugle comme dix lors de leur entrée sur scène. Un petit garçon avec une queue de rat sur le côté de la tête me dévisage. Je lui fais une grimace avec d’aller me cacher derrière la tente qui sert des breuvages alcoolisés. J’opte pour une sangria à 6$, qui s’avère être une piscine aussi grosse que ma face. De bonnes choses ne peuvent qu’arriver après l’ingestion de ce breuvage, que je me dis. J’ai une pensée pour mes amis qui sont au chalet, à Instagrammer leurs drinks Bourbon-limonade-face-de-fierté. S’ils savaient ce qu’ils manquent présentement rue St-Hubert! Je danse tel le roseau au gré de la brise fraîche. Ce spectacle n’a rien à envier aux shows à 100$ à la Place des Arts: le bonheur se trouve ici dans Rosemont Petite-Patrie. Je suis tellement heureuse d’être là que je songe à aller porter mon CV à l’organisation de l’événement.

Le spectacle terminé, je décide d’aller manger un chic repas au chic Roi du Smoked Meat. J’opte pour la poutine du Roi, avec un side de pickle. La serveuse me dit « un ordre de dill? » Formulation qui me laisse perplexe. En tant que simili petite bourgeoise, j’acquiesce: un ordre de dill, c’est cela oui. Je rentre chez moi le ventre plein de junk et la tête pleine de souvenirs, telle une Cendrillon de retour du bal des moches. Tout va bien au pays de la claque dans le dos, je m’auto-félicite d’avoir opté pour des vacances à Montréal.

Publicité

Le lendemain, je me réveille avec une idée de luxe: je dois aller voir la nature Montréalaise dans toute sa splendeur. Quoi de mieux que le Jardin Botanique, qui offre justement l’entrée gratuite aux amis des Amis du Jardin? J’appelle la seule personne que je connaisse qui détienne ladite carte des Amis. On est en business. Direction l’esss pour aller voir des plantes et des fleurs. À notre arrivée, nous sommes pratiquement seules au monde: la température, qui avoisine les 40 degrés, doit y être pour quelque chose. Je sors ma crème solaire et mon chapeau de plage: c’est jour de fête, je me chicks pour aller dire bonjour aux rosiers. J’applique même mon maquillage waterproof afin d’être belle pour les cactus. Aucune serre tropicale n’aura raison de moi. Cependant, après 1 heure au gros soleil, je commence à avoir la mine basse. C’est alors que je croise un groupe de bienheureuses religieuses aux robes à manches longues et aux capines empesées. Point de chialage il n’y aura: quand on se compare, on se console. Je termine ma tournée dans les serres humides où il fait aussi humide que dehors. Je m’extasie devant chaque plante tropicale, me faisant aller le selfie stick. Je suis l’Indiana Jones de Montréal et vous qui êtes partis en vacances en Europe n’êtes que de pauvres paysans exilés. J’aboutis finalement à la boutique, où je succombe à l’achat d’une plante tropicale qu’on me dit venir du Jardin même. C’est mon souvenir de vacances, l’équivalent d’un parfum cheap acheté à la boutique hors-taxes.

Qu’il fait bon être touriste dans sa propre ville! Je m’exclame au coin d’une lumière rouge. Je me fais des plans pour le weekend prochain: randonnée au Mont-Royal, rallye des cafés du Mile-End, escalade du mat olympique, rien n’est impossible. En attendant patiemment que la lumière devienne verte, c’est alors que je vois une dame s’écarter étrangement les jambes sur le coin de la rue. Devant mes yeux ébahis, elle empoigne sa jupe, la tire vers le haut, et laisse tomber un long jet d’urine sur le trottoir.

Publicité

L’herbe n’est pas plus verte chez les voisins partis en Californie: vive les vacances à Montréal!

Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Soyez le premier à commenter!

À consulter aussi