Solidarité Manicouagan ou comment passer à travers la COVID-19 ensemble

La Côte-Nord aussi se mobilise sur les réseaux sociaux pour ceux qui sont éloignés et isolés.

Claire Du Sablon est âgée de 85 ans et suit les recommandations des autorités de la santé publique : elle reste à la maison. Pour la résidente de Baie-Comeau, il s’agit presque de vacances, lance-t-elle à la blague. « J’ai toujours rêvé d’avoir un temps d’hibernation. Ma vie continue comme avant, mais sans les réunions, les activités et les rendez-vous », confie-t-elle.

Lecture, actualité, réseaux sociaux, discussions avec des amis qui habitent ailleurs au Québec, Mme Du Sablon et son mari ne manquent pas d’occupation et ne s’ennuient pas. Elle est consciente que même si elle n’a pas de problème de santé, il ne faut pas s’exposer. « C’est plus prudent d’éviter de côtoyer des gens. Pour le moment, sur la Côte-Nord, ce n’est pas inquiétant, mais on ne prend pas le risque », explique-t-elle.

En plus, l’octogénaire peut compter sur des membres de sa famille si elle a besoin de quelque chose. « J’ai une fille, trois petits enfants et des amis plus jeunes qui se sont proposés pour nous aider en cas de besoin. On n’a pas d’inquiétude », poursuit-elle.

Cependant, ce n’est pas tout le monde qui a un membre de la famille ou des amis proches pour donner un coup de main…

C’est une citoyenne de Baie-Comeau, Peggy Bourque Ouellet, qui est derrière cette démarche. À l’image des groupes semblables qu’on a vu naître partout dans la province au cours des derniers jours, le but est simple : mettre en contact des gens qui peuvent et qui veulent s’entraider.

C’est de là qu’est née une initiative citoyenne, le groupe Facebook Solidarité Manicouagan, qui a été mis sur pied le 14 mars dernier. Quatre jours après sa création, on compte déjà près de 3 500 membres. C’est une citoyenne de Baie-Comeau, Peggy Bourque Ouellet, qui est derrière cette démarche. À l’image des groupes semblables qu’on a vu naître partout dans la province au cours des derniers jours, le but est simple : mettre en contact des gens qui peuvent et qui veulent s’entraider. C’est pourquoi on y trouve des offres tous azimuts.

Mme Bourque Ouellet a désormais passé le flambeau au Centre d’Action bénévole de Manicouagan (CAB) afin de coordonner les offres et demandes, car avec autant de membres et ses propres préoccupations, elle n’a plus le temps d’être gestionnaire de communauté.

Le CAB, devant cet élan de générosité, n’est pas passé à côté de cette occasion. En plus d’une trentaine de bénévoles actifs à différent moment de l’année, le CAB peut désormais compter sur 22 personnes supplémentaires grâce au groupe Facebook.

Le grand défi : Nourrir les gens

L’offre de service la plus répandue est certainement l’approvisionnement en denrée des personnes isolées. « On veut vraiment aider les personnes plus démunies, celles qui n’ont pas accès à l’aide d’un voisin ou de la famille proche, c’est cette clientèle qu’on vise », précise Cindy Berger, directrice générale du CAB.

«On veut vraiment aider les personnes plus démunies, celles qui n’ont pas accès à l’aide d’un voisin ou de la famille proche, c’est cette clientèle qu’on vise.»

La démarche est assez simple : L’équipe du CAB s’occupe de gérer les différentes commandes des personnes isolées et la passe en ligne. Ensuite, on associe la commande à un bénévole disponible qui vient chercher la commande à l’épicerie et la livre au client. Simple, mais efficace !

Il reste ensuite au bénévole à déposer la commande du bénéficiaire au pas de la porte, sans contact avec la personne. Cela peut sembler froid, mais c’est avant tout une question de sécurité, on réduit ainsi les risques pour tout le monde.

Il n’y a pas beaucoup de demandes autres que les livraisons de nourriture jusqu’à présent, mais le CAB analysera au cas par cas afin de répondre au plus de demandes possible.

On va prendre le temps que ça prendra

Bien que Mme Du Sablon ne soit pas trop déçue à l’idée de rester à la maison pour plusieurs jours, elle soutient toutefois que si les mesures venaient à s’étirer, elle pourrait certainement y voir des désagréments. « Je ne me sens pas encore éloignée des autres. C’est certain que si les mesures s’étirent, je vais avoir hâte de sortir. Mais pour l’instant, ça ne me manque pas encore », conclut-elle.

Du côté du CAB, tant qu’il y aura des gens pour aider, ça se passera bien. « Mon souhait c’est que les gens continuent de s’entraider dans les crises comme celles-là. Tout est complètement désorganisé, mais c’est beau de voir qu’il y a quand même de l’entraide », conclut Mme Berger.

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