Depuis les douze derniers mois, pratiquer un sport d’équipe relève de la fantaisie digne d’une époque révolue, où la sueur, les placages, les chest bumps et les poignées de main se partageaient naturellement entre sportifs de tous genres.
Pour faire passer l’infâme pilule de la COVID-19, certains ont néanmoins pu se rabattre sur des sports individuels comme le jogging, le vélo et le ski de fond.
Outre ces sports qui ont connu un succès viral (pardonnez-nous), d’autres, comme le skateboard, ont pu continuer à se pratiquer en se conformant aux nouvelles normes pandémiques.
À l’occasion d’une récente collaboration entre le photographe Félix Renaud et le skateboarder professionnel Jessy Jean Bart, on s’est entretenu avec l’athlète pour savoir comment s’est déroulée son année sur quatre roues (encore désolé) et ce qui le motive à sauter dans la vie à pieds joints (dernier jeu de mots, promis).
Comment s’est passée ta dernière année?
Jessy: Ça a été assez intense sur différents plans. J’ai commencé 2020 avec une blessure au genou qui m’a suivi pendant des mois. Je skatais avec un genou enflé on and off jusqu’à mon opération vers la fin de l’année.
Je skatais avec un genou enflé on and off jusqu’à mon opération vers la fin de l’année.
Côté professionnel, j’ai perdu beaucoup de contrats à cause de la pandémie. Tous les événements auxquels je devais participer ont été annulés donc ça a changé mes plans. Je voyais que les choses commençaient à mal virer aux États-Unis au début du mois de mars (il habite à Santa Monica en Californie) donc j’ai décidé de revenir à Montréal pour l’été. Je me suis beaucoup promené entre Québec, Toronto et Montréal pendant ces mois-là et j’ai participé à quelques compétitions en ligne.
Ma pratique du skate a aussi beaucoup changé. Évidemment, on n’avait pas le droit d’en faire en gang, ce qui fait partie de l’essence même du sport, et les skateparks étaient fermés donc ça a été difficile pour moi de rester motivé à en faire. Finalement, je me suis acheté une caméra qui permet de filmer à 360 pour me filmer moi-même dans le but de continuer à créer du contenu avec le skate et de rester stimulé.
Peux-tu nous parler un peu plus du photoshoot « post-apocalyptique » que tu as fait avec Félix Renaud dans les rues désertes de Montréal?
Jessy: Quand Félix m’a contacté à l’automne avec son projet, je venais tout juste d’avoir mon opération au genou et je ne savais même pas si j’allais pouvoir monter sur un skate. J’étais tellement motivé par le concept que j’ai essayé pareil et finalement, ça a super bien été.
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Pour pousser le concept, il m’a demandé de porter une combinaison orange et un masque à gaz. Des fois, j’avais un peu de misère à respirer et j’ai dû m’adapter, mais c’était complètement fou de skater dans les rues désertes de la ville!
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Plusieurs sports et activités ont été restreints dans la dernière année. Est-ce que tu te sens privilégié d’avoir pu pratiquer le skate malgré des défis supplémentaires?
Jessy: Je me considère extrêmement chanceux. Quand la pandémie a commencé, je me suis raccroché au skate pour passer à travers cette période stressante. Ça me donnait une raison de prendre l’air et d’oublier pour un moment tout ce qui se passait. Ça m’a permis de relativiser les choses et de rester terre à terre.
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J’ai aussi remarqué que plusieurs personnes autour de moi qui avaient arrêté le skate depuis quelques années se sont remises à en faire pour passer le temps et renouer avec quelque chose qu’elles aimaient. Je me faisais bombarder de questions de connaissances qui me demandaient des endroits où acheter leur skate, où en faire, etc.
En plus, vu que la vie était sur pause pendant de longues semaines, j’ai pu découvrir de nouveaux spots pour rider à Montréal que je n’aurais jamais imaginé!
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Qu’est-ce que 2021 te réserve?
Jessy: Pour l’instant, je me concentre sur un nouveau projet avec un OBNL du nom de The First Guild, qui vise à implanter un nouveau système d’éducation alternatif pour les jeunes qui ont de la difficulté à apprendre dans un système conventionnel.
La COVID m’a vraiment montré à quel point l’esprit de communauté est important
On vise à bâtir le programme autour de la personnalité de chaque élève. Pour y arriver, on concentrera principalement les enseignements autour d’ateliers de ballet et d’arts martiaux pour que les jeunes apprennent à maîtriser leur corps et leur esprit. Je donnerai pour ma part des ateliers de skateboard pour leur apprendre les bases comme l’équilibre sur une planche, comment bien tomber, faire des sauts, etc. Des cours de marketing seront également offerts pour permettre aux élèves de monétiser leur passion dans le futur.
La COVID m’a vraiment montré à quel point l’esprit de communauté est important et j’ai envie de participer à un projet qui met ça de l’avant cette année.
Finalement, quelle est LA meilleure ville pour le skate entre Montréal et Los Angeles?
Jessy: Si on parle en termes de potentiel de skate, je dois malheureusement y aller avec Los Angeles. Il fait beau 365 jours par année donc on peut en faire quasiment tout le temps.
Par contre, Montréal est pas loin derrière. C’est vraiment une ville unique. J’ai plein d’amis de Los Angeles qui sont venus skater et qui ont capoté tant pour les spots de skate que pour l’énergie. Certains voulaient même déménager tellement ils avaient tripé!
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Le spectaculaire projet photo complet de Félix Renaud mettant en vedette Jessy Jean Bart est ici !
Et pour suivre Jessy Jean Bart, ça se passe ici !
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