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L’acteur, karatéka et légende des Internets Chuck Norris a rendu l’âme le 19 mars 2026, à l’âge vénérable de 86 ans. La nouvelle ne fait aucun sens. Elle doit contenir un message codé révélant le prochain chapitre de ses aventures. Chuck Norris n’a pas le droit de mourir.
Parce que Chuck Norris ne dort pas, il attend.
Il peut dribbler une boule de quilles comme un ballon de basket.
Il n’a pas peur de la noirceur, c’est la noirceur qui a peur de lui.
Il est la raison pour laquelle on doit trouver Charlie.
Il peut diviser par zéro.
L’invincible obsession de l’Internet 1.0 a finalement baissé pavillon à Hawaï après avoir subi un malaise. Ça semble complètement irréel que celui que les milléniaux avaient hissé en égérie de l’invincibilité passe l’arme à gauche. Je refuse. C’est pas net, cette histoire. Ça me donne le goût de devenir conspi.
Un homme qui peut éternuer les yeux ouverts est immortel, mais bon, laissez-moi quand même vous raconter la genèse de l’homme qui plantait tout le monde.
Au départ, Chuck Norris s’est fait connaître comme acteur à une époque où, contrairement à aujourd’hui, c’était pas particulièrement important que les films soient « réalistes ». Les vues avaient besoin d’un bon, d’un méchant et d’un nombre absurde de scènes de bataille.
Fort d’un passage dans l’armée de l’air et d’une carrière professionnelle en karaté ayant atteint son apogée en 1967, moment où il fut déclaré champion du All-American Karate Championship au Madison Square Garden, Norris avait la gueule et le profil pour jouer les durs au grand écran. Il est d’ailleurs entré par la grande porte en provoquant le légendaire Bruce Lee en duel dans The Way of the Dragon en 1972, alors qu’il n’en était qu’à son deuxième rôle au cinéma.
Regardez-moi cette toison.
La caméra est tombée amoureuse de Norris qui s’est parfaitement intégré à une époque et à un milieu qui avait besoin de héros. Natif de l’Oklahoma, il est consacré icône du cinéma d’action dans les années 1980 avec ses rôles de Lone Wolf McQuade dans le film du même nom, Thomas Braddock de la trilogie Missing in Action et le dernier, mais non le moindre : le teigneux colonel Scott McCoy de la série Delta Force.
Au XXIe siècle, on se rappelle surtout de lui pour son rôle dans la série télé Walker, Texas Ranger où il a incarné, pendant 196 épisodes, un tout aussi teigneux policier qui réglait ses comptes à grands coups de roundhouse kicks. Pourquoi même se défendre avec ses mains lorsqu’on a des jambes bioniques et un légendaire manque de patience envers la criminalité?
Dans le catalogue, la ligne entre l’ordre et le chaos se trouvait au bout de sa botte de cowboy.
Internet s’est rapidement épris de l’iconographie de Chuck Norris.
Chuck Norris ne fait pas de push ups, il pousse la Terre vers le bas.
Chuck Norris ne lit pas de livres, il les dévisage jusqu’à ce qu’ils lui révèlent leur contenu.
La grippe prend le vaccin contre Chuck Norris.
C’était la définition même d’un phénomène viral. Plus on lisait des Chuck Norris Facts, plus on avait le goût d’en lire d’autres… ou d’en rédiger de nouveaux pour cimenter la mythologie. C’était pas toujours bon, mais on s’amusait tellement que personne ne s’est appointé gardien ultime de la qualité d’une si belle hystérie partagée. Chuck Norris était un virus et la planète prenait plaisir à tousser.
C’est plus qu’un homme qui s’est éteint. C’est l’image même de l’invincibilité dans ce qu’elle avait de plus absurde et réconfortante. Si Chuck Norris est réellement mort, on l’est probablement tous depuis longtemps et il n’en tenait qu’à lui de fermer la shop.
Mais l’est-il vraiment?
Reviendra-t-il à Pâques après avoir gagné le combat revanche contre la Faucheuse?
Si quelqu’un peut le faire, c’est Chuck Norris. Après tout, il est déjà allé sur Mars. C’est pour ça qu’on n’y trouve aucun signe de vie.
RIP.
Merci pour la folie et les roundhouse kicks!
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À l’âge d’or des films d’action au cours duquel Chuck Norris a fait sa renommée, l’important n’était pas d’avoir l’air fort ou intimidant : c’était de disposer de ses ennemis de la façon la plus ridicule possible. Plus âgé et moins imposant physiquement que ses collègues Arnold Schwarzenegger et Sylvester Stallone, Norris s’est vu canonisé par son bagage en arts martiaux. Régler une fusillade avec des coups de pied, c’était un p’tit mardi pour lui.
On peut retracer les premiers Chuck Norris facts au forum Something Awful, en 2005. D’abord consacré à Vin Diesel dans le film The Pacifier, la communauté s’est vite éprise du personnage du ranger Walker au folklore infiniment plus riche. Une infatuation qui s’est répandue comme une traînée de poudre sur MySpace et Facebook, alors des phénomènes relativement nouveaux où on partageait des blagues au lieu d’intimider des célébrités et de publier des vidéos de soi au volant de sa voiture.