Germain Barre

Sexe électoral : est-ce que les élections ça vous « turn on » ?

Petite promenade au coeur de Tinder en période électorale.

En 2008, suite à l’élection de Barrack Obama à la présidence des États-Unis, le quotidien Washington City Paper rapportait un nombre élevé d’activité sur les sites de rencontres comme Craigslist. On y relevait plusieurs petites annonces de gens cherchant un (ou plusieurs) partenaire afin de célébrer ce moment historique…en baisant à corps déployé.

À l’époque on avait nommé ce phénomène du «sexe célébratoire».

Bondissons maintenant jusqu’en novembre 2016, où plusieurs médias ont observé une autre tendance sur les sites de rencontre : non seulement les gens semblaient se chercher des « dates d’élections », mais certaines personnes cherchaient même un.e partenaire sexuel.le avec qui baiser le soir de l’annonce des résultats.

Comme s’il n’y a pas de lendemain

À la lecture de certains exemples, on pouvait tenter d’expliquer ce phénomène de deux façons. D’une part, certaines personnes confessaient être particulièrement stressées et angoissées par la campagne et la perspective d’un gouvernement Trump. Elles cherchaient donc des partenaires sexuels pour se détendre en bonne compagnie. D’autre part, quelques uns avouaient avoir l’impression que la fin du monde tel qu’on le connaissait était imminente et ils souhaitaient donc baiser avec des inconnus dans un esprit un peu « tout le monde va mourir faque fuck toute. »

Bon sang, ils sont « horny » en sapristi, ces américains, direz-vous. Moi ce qui m’intriguait, c’était de savoir si on pouvait observer le même phénomène ici au Québec, à la veille d’élections qui s’annoncent très serrées.

Est-ce que les Québécois apaisent leurs inquiétudes/joies/tristesse politiques en fourrant avec des inconnus?

La grosse méthode scientifique, toi

J’ai pris un grand respire et j’ai re-téléchargé Tinder. J’ai indiqué sur mon profil que j’étais journaliste et que j’étais à la recherche de personnes (hommes et femmes) intéressées par du « sexe électoral ».

Ensuite, j’ai « liké » au hasard les profils qui apparaissaient. À chaque fois que j’avais un match, je présentais mon projet à la personne, en lui demandant si elle souhaitait répondre à quelques questions.

Au début, ç’a déçu quelques personnes…

Mais j’ai pu avoir quelques conversations intéressantes dont voici quelques captures d’écran…

Voici Marc-Antoine:

Encore Marc-Antoine

Et voici un sympathique John Doe…

Malheureusement, je n’ai matché avec aucune f*emme, donc je n’ai pas pu avoir une perspective autre qu’hétérosexuelle.

J’avais prévu mener l’expérience le temps d’un après-midi, parce que checker Tinder au travail, ça fait pas mal toton. Cependant, un couple ouvert à la recherche d’une proverbiale licorne, outré par mes intentions, a tenu à me le faire savoir et ce, à toutes les 2-3 heures jusque vers 23h passées. Charmant.

Alors que puis-je tirer d’intéressant suite à mon expérience?

Ben d’abord que l’éducation, la santé et l’environnement ne semblent pas inquiéter les gars à qui j’ai parlé, outre-mesure, en tout cas pas assez pour avoir envie de partouzer comme s’il n’y avait pas de lendemain.

Les enjeux de ces élections provinciales sont tels que s’ils ont à affecter négativement certaines personnes, ce sera des groupes marginalisés et sous-représentés, pas JF, 32, blanc, cis et hétéro, qui aime les vins nature et les Chainsmokers.

Donc aucun sens de l’urgence ressenti de ce côté-là.

De plus, comme les captures d’écrans plus haut le démontrent, les gars à qui j’ai parlé vont dire oui à pas mal n’importe quelle invitation à sexer, élections ou pas.

Tous étaient étrangers au phénomène, mais très intéressés par le concept de «date électorale».

L’humain étant humain, on peut parier qu’il y aura du sexe célébratoire chez les partisans du parti gagnant; qui sait ce qui peut arriver dans un party électoral?

De toute façon, la présence du sexe dans l’histoire politique du Québec, comparé à celle des États-Unis est carrément nulle. Ici, on vote avec la tête, avec le cœur, avec un crayon, mais jamais avec une date.

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