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Je me suis toujours demandé si les personnes qui trépassent un court instant avant d’être ressuscitées expérimentaient un avant-goût du paradis ou de l’enfer avant leur retour parmi nous. Chose certaine, cette semaine, pour vous, je m’en vais en enfer.
Alors que tout Silicon Valley capote sur les jeûnes de dopamine, je vais tenter cette atroce idée pour voir si je vais me sentir mieux par la suite. Pour faire court: je vais vivre sans stimulation durant 24 heures. Pas de discussion avec d’autres humains. Pas d’écran de télé, d’ordinateur, de télévision, de téléphone. Pas de sexe, pas de lecture, pas de nourriture non plus!
Je ne sais pas quelle forme d’abstinence sera la plus difficile pour moi. Pour Quatre95 et URBANIA, j’ai fait en masse de vœux de chasteté: ceux de prix normaux, de mes données LTE et même de pornographie! Mais jamais tout en même temps!
La dopamine est un neurotransmetteur qui renforce les bonnes actions, comme celle de manger, en nous envoyant du plaisir dans notre boîte crânienne. Comme elle nous donne du fun, nous allons répéter ces comportements ce qui rend notre corps et notre esprit heureux.
L’affaire, c’est que la dopamine est aussi un précurseur de la noradrénaline et de l’adrénaline. Essentiellement, quand on a trop de dopamine, on est portés à prendre des décisions irréfléchies et risquées.
Les adeptes du jeûne de dopamine postulent que nous sommes surstimulés, ce qui a pour effet d’inonder inutilement notre système de dopamine. Une notification sur Facebook: dopamine. Un jeu mobile qui nous récompense pour l’avoir ouvert: dopamine. Une grosse pizza graisseuse: dopamine.
Est-ce que vous sentez le poids de vos vêtements sur vous en ce moment? Non, mais vous l’avez senti lorsque vous avez enfilé votre haut ce matin. Qu’il soit un peu serré ou non, c’est une information que votre corps continue de vous transmettre toute la journée. Tout comme l’odeur de l’endroit où vous êtes en ce moment, c’est juste que votre cerveau décide d’ignorer ces informations.
Toujours selon les disciples du jeûne de dopamine, nous aurions le même comportement face à l’excès de ce neurotransmetteur auquel nous sommes confrontés. C’est comme être un chien qui a trop de bols de nourriture devant lui pour réfléchir à tous ces signaux un à la fois afin de prendre la meilleure décision.
Lorsqu’on appelle au service à la clientèle pour un appareil qui semble fonctionner au ralenti, ils nous demandent toujours la même chose en premier: «Avez-vous essayé de le débrancher et de le rebrancher?» La plupart du temps, le problème se résout ainsi.
Prendre une longue pause pourrait me permettre d’être plus focus et plus productif par la suite. Après tout, les gens n’iraient pas dans des tout-inclus dans le Sud à ne rien faire si ce n’était pas bénéfique. S’éloigner de tant de stimulus est généralement bénéfique.
Mais bon, peut-être qu’il y a des mérites à un jeûne de dopamine. Et si jamais ça marche, ça me ferait un des plus grands biens! C’est pour ça que je vais tenter l’expérience en répondant ensuite à trois questions:
1-Est-ce que ça m’a fait du bien?
2-Est-ce que ça a augmenté ma productivité?
3-Est-ce que je vais le refaire?
Peut-être que ça ne sera pas tant l’enfer que ça, peut-être que ça sera seulement le purgatoire.
L’affaire, c’est qu’il n’y a aucune preuve scientifique derrière ce mouvement. Encore une fois, je me ramasse dans une mode lancée par un dude sur internet.
Je m’enligne pour passer 24h sans aucun plaisir, ce dimanche. Je n’ai le droit que de: boire de l’eau, marcher, méditer et écrire à la main. Tout ça implique aussi que je vivrais l’anxiété de ne pas pouvoir répondre à personne sur Facebook ou Instagram. Vous pouvez me souhaiter bonne chance! Mais je ne pourrais pas vous répondre avant la semaine prochaine.