Il se passe quoi quand on arrête de boire de l’alcool pendant 42 jours ?

Dix choses qui se produisent quand tu lâches un peu la bouteille.

Le temps des fêtes est à nos portes, aka le temps des excès. Des excès de shopping, de décorations extérieures tapageuses, de bouffe riche et grasse, de soirées endiablées au bureau (ou pas).

Toutes ces célébrations incitent inévitablement à la picole excessive. Quelques verres en apéro, quelques verres pendant le looooooooong dîner, quelques verres de digestif, quelques verres avant de danser ballonné sur du Boney M. Résultat : c’est le temps du mal de cheveux et des lendemains de veille dans le pâté.

L’humoriste Pierre-Luc Racine a fait l’exercice de cesser sa consommation d’alcool pendant 42 jours. Il a partagé sur sa page les résultats de son expérience. Les résultats sont plutôt positifs.

Il nous a gentiment permis de reproduire son texte ici :

Il y a un an jour pour jour, je me lançais dans mon premier BREAK D’ALCOOL d’une durée de 42 jours. J’ai même traversé mon premier TEMPS DES FÊTES à sec ! Je ne buvais pas en grande quantité chaque jour, mais je consommais tous les deux-trois jours de façon VRAIMENT intense pendant 3 années très difficiles. Ça ne me tentait pas d’en arriver à lever le coude au quotidien. J’en ai manqué des journées de taf pour cause de lendemain de cuite. C’était peu glorieux. Alors j’ai pris un break.

Mini-précision de départ : Ceci est mon expérience à moi personnelle et que tout le monde vit ça différemment.

Et voici 10 choses que j’ai retenues de mon break d’alcool :

1— Tu réalises à quel point t’es fatigué. Encore plus que tu le penses.

Nous sommes tous des adultes. Nous avons tous des horaires chargés. Ça veut dire que nous sommes tous fatigués tout le temps. Rajoute là-dessus le fait que tu te couches tard parce que tu traînes trop dans les bars. Rajoute encore là-dessus que l’alcool nuit énormément à la qualité du sommeil. Par-dessus le marché, l’heure pour aller au travail reste la même. T’es épuisé, mais tu ne t’en rends pas compte.

Les matins sont pénibles, sauf qu’une fois lancés, rien ne peut nous arrêter. L’après-midi, on se motive avec une boisson énergisante. Le soir, l’alcool me ré-énergisait. Il est maintenant 1 h 45 du matin. J’ai oublié : ma journée de merde, que je me suis levé complètement crevé et que je me lève dans pas long.

C’est quand tu arrêtes de boire que tu réalises que c’est tard 23h.

2— Contrairement à ce que ce tu penses, les gens ne posent pas de questions.

C’est peut-être parce que j’ai passé le cap de la trentaine, mais quand tu dis aux gens avec qui tu parles que tu te remets d’une passe difficile, ils comprennent. Les trentenaires qui trouvent la vie simple et facile sont minoritaires alors personne n’est sous le choc d’une telle décision.

Tu vas même te rendre compte qu’un nombre considérable de personnes vont te confier qu’ils songent aussi à essayer une période de sobriété. C’est principalement la raison pour laquelle je publie ceci : si vous en avez besoin, faites-le. Ça peut très bien se passer.

C’est quand t’arrêtes de boire que tu réalises que c’est tard 23 h.

3— Il faut un bon timing.

Je suggère fortement de prendre son break alors qu’on entrevoit enfin une forme de lumière au bout du tunnel. Je n’ai pas eu envie de reboire durant mon sevrage, sauf deux fois. Une fois quand j’ai vu des gens boire une de mes bières préférées et une fois durant un enregistrement du podcast 3 Bières particulièrement enjoué. J’ai eu l’envie de me joindre à la fête. J’étais content de voir que mon rapport le plus fort avec l’alcool était festif.

Trop boire est rarement LE problème, c’est le symptôme. C’est un indice que quelque chose ne va pas. Ça n’aurait pas été aussi facile pour moi si j’avais décidé d’arrêter dans le pire de moment de la tempête. Je le savais depuis un bout que mon habitude devenait problématique, mais c’est dur de se motiver dans la vie quand tu te lèves sans espoir le matin.

4— Tu refais des cacas durs.

Hep. On ne se fera pas de cachotterie. Les lendemains de cuite sont des cascades brunes.

5— Tu perds du poids.

Prenons une soirée à 7 pintes, c’est 1 260 calories dans ta soirée. Ce n’est qu’une petite soirée. En plus, le soir même ou le lendemain, tu insères un kebab de plus dans ton système parce que c’est bon du gras en gueule de bois. Encore une fois, reproduis ce schéma-là plusieurs fois par semaine. Ça bousille ton corps rapidement. Une fois que tu coupes le premier maillon de la chaîne, c’est beaucoup plus facile de changer tes frites en salade.

6— Tu économises TELLEMENT d’argent.

C’est tellement con. Mes problèmes d’argent me créaient un immense stress et je n’avais pas de mal à dépenser un tas de fric pour de l’alcool. Si on arrondit à 8€ la pinte de bière, une soirée me coutait 40 à 70 balles. Comme je l’ai dit plus tôt, après ça, tu te ramasses au snack. Et le lendemain, bien sûr que tu ne vas pas cuisiner. Tu te fais livrer un plat. Faites ça 2-3-4 soirs par semaine, c’est cher. Imaginez par mois. Imaginez par année.

7— Ce n’est pas vrai que les soirées sont nazes.

Je le sais. Je suis d’accord. Les gens sont lourds avec leur « Je n’ai pas besoin de boire pour m’amuser », mais ils ont raison. Ça t’arrive de prendre plaisir à déjeuner avec tes amis ? C’est la même chose le soir.

C’est vrai par contre que la soirée se tasse à un certain point. Elle ne prend pas la tournure un peu fofolle qu’elle emprunte avec l’alcool. Le truc c’est que tu ne t’en rends pas compte que tu manques cette partie-là. Tu n’es plus là. T’es parti plus tôt parce que les gens divaguent, qu’ils deviennent envahissants et que tu es fatigué. Tu réalises que c’est marrant de se souvenir de ses soirées et d’avoir la certitude en te levant le lendemain matin que tu n’as pas agi de façon honteuse.

Quand j’annonçais aux gens que je passerai le temps des fêtes en toute sobriété, je pouvais voir la détresse dans leurs yeux. Le seul effet : je ne m’empiffre pas comme un cochon pendant les repas parce que je suis à l’écoute de mon corps. Je l’ai dit plus tôt, je me suis couché tôt après avoir passé un bon moment avec mes proches.

La seule chose que j’ai envie de dire à ce sujet : ARRÊTEZ DE TRAÎNER AVEC DES GENS QUE VOUS AVEZ BESOIN D’ALCOOL POUR SUPPORTER. Vous êtes des adultes. Vous êtes des grandes personnes. Vous avez le choix de votre horaire.

8— Une hausse de productivité.

C’est FOU ! On résume : tu dors longtemps. T’as plus d’argent. T’es plus en santé. Tu manges mieux. Tu dors bien. Le résultat c’est que tu accomplis beaucoup plus de tâches qu’avant ! Tu te lèves maintenant à la même heure le week-end que la semaine pour aller travailler au lieu de te lever défoncé à 2 heures de l’après-midi. Toute la journée tu as l’énergie pour réaliser un tas de projets ! C’est vraiment impressionnant de vivre avec les batteries à 100 % alors que tu as passé tant de temps à 3 %. Alors que tu vivais en mode rien à foutre, tu as retrouvé la vivacité d’esprit qui permet de bien réfléchir aux divers problèmes de la vie et de prendre les bonnes décisions.

Plusieurs personnes en début de sobriété trouvent ça dur d’être livrés à eux-mêmes durant de longues heures comme tout le temps qu’ils consacraient à boire est maintenant libre. Retombez en amour avec d’anciens hobbies. Allez à la salle. Lisez des livres. Ouvrez Netflix et découvrez enfin pourquoi tout le monde a kiffé sur Breaking Bad.

9— Tu te remets à boire. Et ce, beaucoup plus modérément !

Mon but était fixé au début : recommencer à boire après une période d’abstinence. J’aime ça, boire, dans la vie. Ça m’aurait fait chier de me retrouver à devoir arrêter pour toujours parce que j’ai trop abusé des bonnes choses. Je n’aime même pas ça être torché. J’aime être juste avoir la tête un peu légère. Alors j’ai recommencé et cette fois, de façon intelligente.

C’est tellement étrange se remettre à boire ! T’es vraiment chaud après deux bières ! Comme quand t’avais 14 ans ! Tu te demandes comment tu faisais pour boire autant dans les derniers temps.

J’ai arrêté de boire systématiquement chaque fois que je sors de chez moi. Je choisis mes moments.

Un problème, c’est un problème. Arrêtons de romancer l’alcoolisme. Cessons de croire que c’est si poétique et sensible d’être une personne qui boit pour surmonter ses tourments. Arrêtons de tourner à la dérision systématiquement chaque histoire de black-out, de réveil avec les genoux écorchés, des trous dans le jean et des vagues flashes qui pourrait nous rappeler nos erreurs. Arrêtons de faire de la déchéance d’une personne une bonne blague.

Ça arrive à tout le monde de déconner de temps en temps, mais ça doit rester de temps en temps.

10— Tu apprends beaucoup sur toi-même

C’est vraiment impressionnant. Tu te rappelles beaucoup de traits de caractère que tu avais oublié parce que la fatigue avait écrasé ta fougue. C’est vraiment le côté le plus surprenant de ce break-là. Je croyais seulement que ça aurait affecté ma tolérance à l’alcool, mais ça m’a tellement fait grandir. Ton cerveau se rallume et tu réapprends à l’utiliser.

Certains traits négatifs reviennent aussi. J’avais oublié que j’étais une personne nerveuse ! Moi, la personne qui parle super vite, qui veut que tout soit fait de façon optimale, qui essaie de tout prévoir, j’avais oublié que j’étais de nature nerveuse parce que j’étais trop en mode « Et puis merde ! »

Tout ça fait en sorte que tu regardes tes problèmes en face pour un jour les laisser derrière toi.

Texte original adapté pour URBANIA France

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