Rimouski, t’es loin en titi

Hommage à ma ville natale.

URBANIA et Orléans Express s’unissent pour vous rapprocher des gens qui comptent pour vous.

Quand je suis parti de ma ville natale, Rimouski, pour mes études, je n’ai pas regardé en arrière. Je partais pour la « gran’ville » (bon, pour les gens de Rimouski, la « gran’ville », c’est Québec, pour moi, c’est Montréal), je me disais que JAMAIS je ne m’ennuierais de Rimouski et de ses lieux que j’avais visités 1 000 fois.

Mais la vie a le don de nous faire ravaler nos paroles, et les souvenirs de notre enfance ont tendance à vouloir nous ramener au bercail.

Aujourd’hui, j’habite Montréal, ville que j’adore, mais j’ai toujours un petit pincement au cœur quand je parle de ma ville natale et qu’on me répond : « C’est où, ça, Rimouski, c’est-tu au Saguenay? » Je regrette que les gens ne connaissent pas ses couleurs particulières, son identité forte.

Rimouski, c’est le temps qu’on parle de toi.

Prendre le temps

Je ne me rendais pas compte avant d’aller vivre à Montréal à quel point les gens prennent leur temps à Rimouski.

Ma blonde m’a déjà raconté qu’enfant, elle était venue en visite à Rimouski avec sa famille (elle vient de la rive nord de Montréal), et qu’à un moment donné, à l’épicerie, elle n’avait pas pu s’empêcher de s’écrier : « MAIS LE MONDE EST DONC BEN PAS PRIS DU CŒUR ICITTE! »

Elle avait parfaitement raison.

Je ne me rendais pas compte avant d’aller vivre à Montréal à quel point les gens prennent leur temps à Rimouski.

Quand j’étais jeune, chaque année, j’allais magasiner mes cadeaux de Noël avec ma marraine Pierrette. C’était notre petite tradition. Chaque fois, ça prenait des heures et des heures. Pas parce que j’avais de la difficulté à choisir mes cadeaux, mais parce que Pierrette s’arrêtait pour parler à chaque personne qu’elle croisait dans le centre d’achat (le mythique Carrefour) : « Ah tiens, c’est Paul, un gars avec qui je joue au golf », « Hey, c’est Maxime, le fils à Serge! », « Salut Denise, comment ça va? ».

C’est aussi pour ça que les gens de chez nous trouvent que le monde à Montréal est donc ben bête. Ils s’imaginent que c’est comme à Rimouski, qu’on connaît tout le monde qu’on croise au Centre Eaton, mais qu’on est tellement bêtes qu’on ne s’arrête pas pour prendre de leurs nouvelles.

Non, c’est pas ça. À Montréal, je ne connais même pas le nom de ma voisine.

La musique de mon enfance

Curieusement, ce qui me manque le plus de Rimouski, ce sont les petits sons qui ont bercé mon enfance.

Curieusement, ce qui me manque le plus de Rimouski, ce sont les petits sons qui ont bercé mon enfance.

Comme le son de la parlure des gens. On n’a pas un gros accent, mais quand vous entendez quelqu’un vous dire « Ben manque que oui » (sans doute que oui), « culotton » (pantalon de neige) ou « mets de la toune » (fais jouer de la musique), l’accent rimouskois s’entend un peu mieux.

Et évidemment, on ne peut pas parler du Bas-du-Fleuve sans parler du bruit des vagues, ce doux chuchotement serein et éternel… et de l’odeur d’algues qui prend au nez quand on sort au centre-ville.

Le son des vagues, c’est apaisant, même endormant. Et en plus, à Rimouski, il fait assez frette que c’est pas la fin du monde si tu t’endors au soleil.

Loin des siens

Mais en fin de compte, ce qui me manque le plus de Rimouski, ce n’est ni l’odeur de la mer, ni la décadente poutine de la cantine le Rallye (les gens des grandes villes ne savent pas c’est quoi, une bonne poutine), ni même le Taxi chantant qui nous ramenait du bar à 3 h du matin en chantant l’Incendie à Rio.

Ce qui me manque le plus, ce sont les gens que j’ai laissés derrière.

Chaque fois que je retourne dans ma famille, mes jeunes frères ont de nouvelles dents, mes parents de nouvelles rides et mes cousines de nouveaux enfants.

Des enfants qui ne connaîtront jamais mon nom. En m’exilant si loin de chez moi, je suis devenu le mononcle weird qu’on voit une fois par année à Noël.

Récemment, un de mes oncles que j’aimais beaucoup (tout le monde l’aimait beaucoup, le journal local a publié un article en son honneur) est décédé du cancer. Je sais que ma famille sait que j’étais présent avec eux de cœur. Mais c’est toujours difficile de ne pas être là dans les moments importants, de les vivre à distance par bribes arrachées au téléphone.

Je me suis promis d’essayer de sauter plus souvent dans l’autobus pour aller passer du temps avec ceux que j’aime même si, comme le chantent Les Trois Accords, Rimouski, c’est loin en titi.

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C’est loin en titi, mais heureusement, Orléans Express est là pour vous rapprocher de ceux que vous aimez. Pour planifier votre prochain voyage en autobus, cliquez ici.

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