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Pendant que le Japon frôlait une nouvelle fois le désastre, on dévoilait chez nous un amuse-gueule (fort délicieux d’ailleurs) tiré du prochain disque de l’artiste folk Philippe B. Au même moment, Poirier faisait « spinner » l’ADISQ avec un brulot rythmé, digne d’un 4 étoiles sur 5, et qui laisse songeur alors que l’ami Jodoin (encore lui!?) brassait le panier de crabes à nouveau en ce qui concerne « l’affaire Cantat ».
Hein? Quoi? Quelle campagne électorale?
Pour revenir à mon barbu préféré (pas Poirier, Jodoin), un passage de son plus récent pamphlet a fait « tilt » dans ma tête…
« Ce n’est pas le texte de Sophocle ou l’hypothétique musique de Bertrand Cantat que Wajdi Mouawad a mis en scène… C’est nous. Peut-être le meilleur coup de théâtre qu’il aura signé dans sa vie.
Il faut dire qu’on lui rend la vie facile. Chacun joue son rôle à la perfection. Bravo à tout le monde. Vous avez été excellents. »
Là-dessus, y’a pas de doute. On tombe facilement dans les pièges à cons. Pire encore, l’Internet, carburant à la « pop culture », en est truffé. C’est fou quand même! On s’est même fait baiser par Chantal Fontaine? Virginie, bordel!
Le choix de Chantal, la crédulité des réseaux sociaux…
Le communiqué de presse en est presque agaçant. « Campagne novatrice » peut-on y lire. Pensez-vous vraiment qu’on ne se doutait pas qu’une cause ou un produit étaient liés aux choix de Chantal et à ses capsules « weirdo » de Chantal Fontaine (mon préféré : celui avec la petite danse rappelant la pub « malaisante » de Joselito Michaud)? L’adresse Web a été diffusé par plusieurs utilisateurs de Facebook et compagnie. À chaque jour, un nouveau vidéo suscitant moult questions de « Twitteux » et de « Facebookeux ». « Kossé ça? »
Les seules « surprises » auront donc été les attentes des internautes et l’objectif derrière la campagne : la promotion du bioalimentaire québécois.
…
« Ah ouin? Ah ben coudonc! », en effet!
…
C’est ça l’ennui avec le viral. Ça se propage, ça démange, mais c’est aussi très lassant. Après plusieurs « attaques » de « vidéos viraux », l’organisme en a marre, les globules blancs les repèrent plus facilement et l’habitué du web demeure blasé. On n’espère plus le « viral » sur la Toile. On le redoute.
« Pas encore un esti de lip dub! »
Pire encore : Rebecca Black (tiens donc, on est vendredi!)
« It’s Friday, Friday! Gotta get down on Friday!”
Bien sûr, Black et ses parents n’ont rien inventés. Les « majors » aussi lancent des concepts viraux comme s’il s’agissait d’hameçons dans l’espoir de pogner quelques crapets. Des « clowns » itou d’ailleurs…

“Fucking magnets, how do they work?”
En 2010, le « posse » dévoilait ce… ce… ce clip…
Puis vint le « punch » de la blague des clowns?
Pendant ce temps, je paranoïe ben raide…
Pour l’amour du ciel Mamadou, redonne-moi espoir! Je souhaite vraiment que tu n’es pas le porte-parole d’une compagnie quelconque. Tu peux être Chantal Fontaine si tu veux, par contre…
MISE À JOUR : Mautadine! Mamadou était vraiment une sempiternelle campagne virale! J’aurais été un ami fantastique pour toi, Mamadou! UN AMI FANTASTIQUE!!!
Soyons bref vu que même m’dame Petrowski en a déjà parlé (dans le sens que ce n’est plus vraiment méconnu du grand public quand ça se retrouve dans La Presse, of course) : Rebecca Black, c’est une ado typique qui est âgée de 13 ans et qui a remporté un succès fou grâce à une chanson aussi douteuse que le clip qui y est lié.
Dans sa chronique, Petrowski déplore la cruauté entourant les réactions négatives découlant du vidéo. Oui, la petite, tout comme Scumbag Steve que je mentionnais ce mercredi, est maintenant devenue une icône du web, un « Internet meme » découpé au bistouri : on lui reproche notamment ses paroles insipides, sa prononciation (on croit entendre « Fried egg » lorsqu’elle chantonne « Friday ») et même son choix de figurantes…
Pendant ce temps, la chanson a été reprise, remixée et parodiée par Conan, Colbert, Bieber et plusieurs autres. Black a chantonné (ou « lip synché » selon certains) sa pièce sur le plateau de Leno. Le vidéo compte plus de 80 millions visionnements sur YouTube alors que son « hit » se retrouve sur le palmarès Billboard Hot 100 (le « single » est téléchargeable sur iTunes, on peut se la procurer comme sonnerie de téléphone, etc.). La maman ainsi que le papa de la gamine et la compagnie de production du fameux clip iraient même jusqu’en cour pour se séparer le gâteau. Qui est à plaindre finalement? Une jeune fille qui réalise son « rêve » de devenir une « star » (avec toute la part d’ombre qui vient avec) ou le nombre incalculable de twits qui consomment de la mauvaise musique pour rire, « pour le LOL »?
Insane Clown Posse est un combo rap aussi futé que risible. La facture est minable, mais le « merchandising » autour rapporte beaucoup. En plus de vomir des albums particulièrement mauvais, le duo s’est monté un petit empire allant des vêtements jusqu’au festival annuel en passant par la production de films et leur propre ligue de lutte. Bref, y’ont l’air caves, mais leur business roule. Ils doivent savoir ce qu’ils font.
Images psychotroniques, textes douteux, deux gros bonhommes qui se demandent vraiment comment un aimant fonctionne… « Miracles » a été diffusé sur la Toile au même rythme que l’herpès buccal lors d’une soirée organisée par DoYouLookGood.com. 5 millions visionnements sur YouTube plus tard, le vidéo a été parodié (sur le Web, bien sûr, mais aussi à la télé via Saturday Night Live) et a permis au groupe de rejoindre le lectorat de médias « grand public ». Autrefois connu que de péquenots et d’amateurs de rap poche, pas mal tout le monde aux États-Unis sait maintenant qu’Insane Clown Posse s’émerveille devant des arcs-en-ciel. Quelle honte!
“I know this sounds crazy, but I’m being as honest as I can: We planned all this out. Our tour starts in May.” – Violent J, un des rappeurs du groupe en entrevue avec le New York Times
Un « green screen », deux rappeurs qui ont l’air de guimauves géantes et une toune terrible qui se retrouvent dans une campagne promo monstre qui n’a coûté qu’une caisse de Red Bull pour le monteur du clip. C’est la faute à qui? À Bibi!
Prenez Unyk, par exemple. Est-ce vraiment une web réalité pour garçons en manque d’attention ou un projet pour profiter de la vague « Jersey Shore » (et/ou pour capitaliser sur notre « haine » collective des douchebags). Déjà 16 000 visionnements et quelques mentions sur des sites populaires pour le premier épisode… les commanditaires doivent sûrement rigoler dans leur barbe de trois jours finement taillée).