On est où?

Questions (et réponses) sur la #vanlife

Chronique d'un (pas si vieux) camper van.

Avec les chroniques d’un (pas si vieux) « camper van », Mélanie Leblanc vous emmène sur la route, la vraie. Des chemins sans filtre Instagram, pas toujours glam, souvent bordéliques, mais ô combien divertissants. À bord de John Mel & Camper, son truck de 21 ans (pas de rouille, pas de trou), c’est un départ vers la liberté… et le chaos.

Avoir un mode de vie nomade pique la curiosité. Je me posais plusieurs des questions suivantes avant de partir, je comprends d’autant plus les interrogations des gens. Alors à la demande générale, voici les réponses aux questions (ou un petit sneaking gratuit dans nos vies privées) qu’on nous pose le plus souvent, sur ma page Facebook.

Mais vous faites quoi le soir ?

C’est vers 16h que la transformation s’amorce doucement : dans deux heures, on sera des personnes âgées. À cette heure, on sait que le soleil est en train de préparer sa couchette, faut faire de même. Si on décide de manger au charbon, c’est l’heure à laquelle il faut « partir la petite braise ». D’ailleurs, plus on se « personnâgise », plus on utilise le mot « petit ». Une « petite » frette. Un « petit » blanc. Un « petit père, une petite mère » (ça c’est nous, quand on se parle). On aime manger à la clarté, mais le soleil se couche à 18 h 30 – 19 h 00. Faut donc manger à l’heure des CHSLD. Celui qui ne cuisine pas fait la vaisselle. Celui qui ne fait pas la vaisselle prépare la table et BRASSE LES CARTES. Oui, voilà. On a 76 ans en vanlife, faque on joue aux cartes presque tous les soirs.

On a même une technique à l’épreuve du vent !

Qui conduit ?

Je n’ai pas conduit une seule fois depuis qu’on est sortis des États-Unis. Antoine conduit et moi je suis la navigatrice. Les routes du Mexique et de l’Amérique centrale nécessitent 4 yeux en tout temps. Tu ne sais jamais sur quoi tu vas tomber… Un trou gros comme le truck, une vache, une moto qui te coupe ou un fuckin « tope » (les dos d’âne). Les topes sont paaaaaaaaaartout et se multiplient. Quand on rentre dans un village, on sait qu’il y en aura 5-6 en ligne. Super. Pas étonnant que de rouler 300 km peut nous prendre jusqu’à 7 heures. On est (trop) souvent arrêtés.

Vous ne vous sentez pas trop déconnectés ?

Pas que je suis fière, mais quand j’ai du réseau (90% du temps), je passe encore plus de temps sur mon cell que quand je suis à Montréal. Les cartes SIM coûtent si peu cher (de 0,70 à 1,25$ par jour, selon les pays). Antoine a donc assisté en direct à la déconfiture des Canadiens et moi j’avais vu Fyre Festival avant même que ça devienne un sujet de conversation, pis je faisais ma fraîche ! Mais tasse-toi de mon chemin si tu me vois un jour où ma SIM est expirée.  

Vous faites comment pour vous laver ?

C’est possiblement ce dont je m’ennuie le plus : ma douche. Nuance : prendre une douche pas de gougounes. Comme on fait beaucoup de plage, il y a presque toujours des douches et des toilettes publiques à la disposition des baigneurs. On choisit donc nos spots en conséquence. Par contre, quand ton spot est un stationnement municipal en pleine ville , on dit au revoir au décor bucolique et ça se peut qu’on saute un soir de douche. Le camion est aussi équipé de deux douches (les mêmes qu’on avait oublié de fermer à South Philadelphia), mais le réservoir d’eau nous oblige à nous rationner. Ça passe vite 50 litres. Sinon, la bonne technique de « se laver à la mitaine » maintes fois éprouvée est souvent une option.

Vous devez faire le tour des sujets de conversation, un moment donné ?

Quand on y pense, limités sont les sujets de conversation en voyage. Je crois que les deux plus importants sont :

La digestion, bonne, mauvaise, absente, lente, fréquente. Molle, timide, anormale, colorée ou pas… Bref, le caca : ce sujet de conversation éternel utilisé presque seulement en voyage.  Quand est-ce qu’on demande à nos amis, au brunch du dimanche, devant nos mimosas-bené « As-tu réussi à aller à la selle, finalement ? » Ben non. Jamais.

L’ingestion. Parce que pour digérer, il faut ingérer. Quel meilleur moment pour parler du prochain repas que celui où tu es en train de te bourrer la panse ? La bouche pleine, entre deux bouchées de céréales : on mange quoi pour souper ? Dude, on est en train de déjeuner !

Et aussi, parce qu’on rencontre beaucoup d’autres voyageurs, l’identité sociale est inévitable. Ma réponse est maintenant toute faite : Mélanie et Antoine, on habite à Montréal, on est partis le 27 décembre, on voyage environ pour 6 mois. On parle français, mais on habite au Canada. On n’est pas tant des French Canadians, plus des Québécois. Antoine est cuisinier, moi j’écris. Voir la face des autres quand ils se rendent compte que toutes leurs questions sont répondues dans une même phrase, c’est hilarant !

Alors voilà, d’autres questions ?

Du même auteur

Vous n'allez pas rester là sans rien dire ?
Faites-vous entendre...

mode_comment Afficher les commentaires keyboard_arrow_down keyboard_arrow_up

Dans la même catégorie

Faire le party en terrain miné

Avec juste de l'eau. Ou presque.