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Il y a quelques mois, un communiqué de presse est tombé dans ma boîte courriel, intitulé Heroes: Symphonie de jeux vidéo – les plus grandes musiques de jeux vidéo livrées par l’OSM le 20 mai prochain! Comme écrire pour URBANIA est une affaire très sérieuse, j’ai immédiatement envoyé cette missive à Hugo Meunier, notre rédacteur en chef :
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À mon grand bonheur, il a répondu par l’affirmative, notant toutefois sa déception de voir que l’entièreté de la série Final Fantasy semblait être absente du programme. Valide, honnêtement.
Bon, il est trop tard pour vous si vous vouliez voir ce concert ; il n’y avait qu’une seule représentation, pis elle est passée. Je ferai donc de mon mieux pour vous faire vivre la soirée comme si vous y étiez, verres de vin à 12 $ en moins.
L’aventure débute bien avant que mon fessier ne se pose sur les bancs confortables de la Maison symphonique. Faut résoudre un puzzle plus compliqué encore que le Temple de l’Eau dans Ocarina of Time : s’habiller pour aller voir l’Orchestre symphonique.
J’aimerais vous dire que je suis très cultivé et un habitué de l’OSM, mais ce serait faux. Mon expérience de musique classique, ça se limite à quand l’harmonie de mon école secondaire faisait son concert de musique de Noël.
Mon instinct me dit que l’OSM, c’est une affaire sérieuse où le combo chemise-cravate est probablement de mise. Mais de l’autre côté, j’ai BEAUCOUP d’expérience dans les événements de gamers, et même si j’adore cette communauté, je sais que demander à des geeks de mettre du déo, c’est déjà beaucoup. Alors, une cravate…
Finalement, j’opte pour un combo chemise-jeans, et au nombre de t-shirts de Zelda et de tuques de Kirby que je croise dans la file, ça me rassure : j’ai fait le bon choix.
Dans le hall de la Maison symphonique, j’attrape un amateur de musique de jeux, Justin, qui me dit être un habitué de musique classique. Lui, c’est pas son premier concert de l’OSM, et ça paraît : il est bien habillé.
Ce n’est pas le premier concert de musique de jeux vidéo de Justin, non plus : « C’est la deuxième fois, me confie-t-il. Je suis allé voir celui de l’OJV aussi, que j’avais beaucoup aimé. » Oui, il existe un orchestre entièrement dédié à la musique de jeux vidéo, et il existe depuis presque 20 ans.
Ce soir, Justin espère entendre de la musique de Zelda. Spoiler : il sera déçu.
Le concert Heroes est une création de Jason Michael Paul, qui a déjà produit des concerts officiels de Final Fantasy ainsi que la tournée The Legend of Zelda: Symphony of the Goddesses.
Bref, Hugo et Justin sont en retard.
Le spectacle commence avec une narration accompagnée d’une pièce du jeu indépendant Dear Esther, tout de suite suivie par un extrait de l’excellentissime (j’ai sorti mon meilleur adjectif pour vous encourager à l’essayer) Prince of Persia: The Lost Crown.
Les morceaux s’enchaînent, sous la direction du chef invité Kevin Zakresky. Je sais pas si c’est toujours comme ça à l’OSM (je le répète, ma référence de concerts de musique orchestrale, c’est Marie-Annick, ma prof de musique de secondaire 3), mais Kevin fait carrément partie de la prestation : il gesticule, il se donne en spectacle et encourage la foule à acclamer les musiciens.
D’ailleurs, en deuxième partie, il s’est affublé d’un chandail de la Victoire, nous annonçant du même coup que l’équipe était en bonne posture pour remporter sa première coupe Walter (oui, c’était le fameux soir du match ultime!), ce qui suscite les cris de joie de la foule, comme quoi les nerds aussi aiment le sport.
Mon moment préféré du spectacle? Pendant la prestation du thème de Fallout 4 (une de mes pièces préférées de jeu vidéo), un homme assis deux rangées devant moi se fait avertir de ranger son téléphone et d’arrêter de filmer. Il continue de le faire en cachette, mais l’employé revient et se montre ferme : interdit de filmer. Il faut respecter les droits d’auteur, tsé.
À la fin du concert, quelle ne fut pas ma surprise, mais probablement aussi celle du placier de 17 ans, de constater que le délinquant en question n’est nul autre qu’Inon Zur, compositeur de la trame sonore de Starfield et de… Fallout 4.
Alors, j’en pense quoi de ce concert?
Personnellement, j’ai été charmé. C’est tout un compliment de ma part, considérant le fait qu’à part pour le thème de Fallout 4 et le medley de Castlevania, très peu des pièces interprétées figurent dans le palmarès de mes œuvres vidéoludiques préférées (le concert contenait beaucoup de pièces des jeux d’Ubisoft, Bethesda et Bioware, et il ne s’agit pas nécessairement de mes développeurs fétiches).
Question de valider mes impressions, j’ai attrapé à la sortie Mélanie et Pierre, un duo ayant assisté ensemble au concert (je ne dis pas couple, parce que je suis un mauvais journaliste, et j’ai oublié de leur demander s’ils formaient un couple, et maintenant, j’ai peur d’écrire couple et de rendre leur prochain party de Noël malaisant s’ils sont en fait frère et sœur).
Pierre est aussi un habitué des concerts de musique de jeux vidéo, même c’était sa première fois à la Maison symphonique : « Je trouve que là, l’acoustique est vraiment meilleure! »
C’est Mélanie qui a invité Pierre parce qu’elle connaissait l’une des membres du chœur : « J’ai ma prof de chant qui était dans les chanteuses, en fait […] elle a eu des solos et j’ai trouvé ça incroyable. J’étais vraiment très, très contente. »
Les deux mélomanes sont sortis emballés par leur soirée, surtout par l’œuvre surprise offerte en rappel (apparemment, même les orchestres font des rappels), One-Winged Angel, le fameux thème du vilain Sephiroth.
« Sephiroth, forcément, de Final Fantasy VII. C’est un coup de cœur depuis très longtemps », me dit Pierre, et Mélanie abonde dans le même sens : « J’ai trouvé qu’au niveau de l’instru, c’était incroyable, en fait! »
En effet, ce classique de Nobuo Uematsu a terminé la soirée en beauté. Mais surtout, ce concert a renouvelé mon amour pour la musique de jeux vidéo, et m’a même incité à faire un effort d’arrêter d’écouter des podcasts en gamant et à me concentrer sur la musique souvent exceptionnelle de ce médium!
Ah, pis Hugo aurait dû venir : y a eu du Final Fantasy finalement!
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Par contre, ce qu’il nous propose ce soir-là, c’est de suivre un héros dans une aventure inspirée par le monomythe de Joseph Campbell. Chaque étape du périple (l’appel à l’aventure, l’abysse, le retour et j’en passe) est accompagnée d’images de jeux, mais aussi – et surtout – d’une trame sonore tirée d’une foule de jeux vidéo et interprétée par l’OSM et un chœur (essentiel pour le thème de Halo, les vrais savent).
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