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Quand l’humour vient adoucir la grisaille

Petite visite à l’épicentre de l’humour de Québec.

3 décembre 2021
Présenté par
ComediHa!
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URBANIA et ComediHa! s’unissent pour tenter de donner un coup de pouce aux cœurs et aux cerveaux québécois que les journées raccourcies ont affectés.

Novembre noir

Mercredi de rédaction de fin de session : ni le mode sombre ni la luminosité basse n’arrivent à prévenir les maux de tête. Il est 15 h, et le soleil s’est déjà poussé de Saint-Roch. Cuillères contre les tasses de café vides, visages cernés au-dessus des tables : un tableau comme seul novembre sait les peindre…

Les premiers flocons se pointent le bout du nez et fondent aussitôt atterris, mais ça suffit pour faire relever des têtes et rappeler qu’à un moment donné, la vitamine D reviendra.

Mais à défaut de pouvoir profiter de journées rallongées dans un avenir moins loin que mars, il faut trouver d’autres moyens de sortir un peu de notre somnolence.

Mercredi lumière

Après avoir écrit quelques centaines de mots et lu une vingtaine de pages, je reçois un message texte : mon amie est devant chez moi. J’enfile des souliers (même si je devrais mettre des bottes). Je rushe pour barrer la porte. Je voudrais rester dans mon salon, mais c’est soir de show au ComediHa! Club, qui vient d’ouvrir, et je sais que j’en ai besoin, et mon amie aussi!

La musique est triste… et elle aussi. Je ne sais pas quoi lui dire, je ne sais jamais quoi dire aux cœurs brisés.

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Je monte dans sa voiture, la musique est triste… et elle aussi. Je ne sais pas quoi lui dire, je ne sais jamais quoi dire aux cœurs brisés. Heureusement qu’on s’en va voir un spectacle d’humour, je me dis qu’il y aura là de quoi faire le travail à ma place.

On roule sans trop parler, on arrive dans le stationnement de la Pyramide. Je n’y ai pas remis les pieds depuis le regretté départ du cinéma Le Clap. Les gens font la file pour le Shaker. On descend au sous-sol, on entre dans ce qu’était Le Clap, mais les fauteuils masseurs ont disparu (si quelqu’un sait ce qui leur est arrivé, merci de me filer l’info dans un message privé), et plus rien ne ressemble à rien. Tout est noir, le sol, les murs, j’ai l’impression d’avoir trouvé un bar caché – c’est tout juste si je ne me retourne pas pour voir si on est suivies.

À l’abri du monde

À l’entrée de la salle, un gars nous explique un peu le déroulement de la soirée. On doit garder le masque tout le temps. Je pense que ça ne dérange plus personne : ce n’est rien pour assister à un spectacle proche des autres.

On entre dans la salle un peu sombre, l’ambiance est feutrée, la scène est bercée d’une lumière chaude. On est arrivées un peu juste, alors on s’assoit derrière, mais ça va, on verra quand même.

Une serveuse vient nous voir pour prendre notre commande, deux (énormes) pintes de cidre pour un prix plus que raisonnable.

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L’animateur de la soirée, Mike Beaudoin (qui ressemble étrangement à Jay Du Temple), se pointe sur scène. On se croirait dans un sous-sol d’une maison de Beauport en 2006, l’odeur d’équipement de hockey en moins. Pour une raison que je ne m’explique pas, c’est étrangement rassurant.

Pour la première fois depuis deux semaines, je vois mon amie se détendre un peu, baisser la garde, rire comme je la voyais rire avant.

Sur scène se succèdent quatre humoristes émergent.e.s, et j’ai un coup de cœur pour Marie-Christine Chartier. Elle n’en était qu’à sa deuxième montée sur les planches et, déjà, son style est prometteur, avec ses blagues intelligentes et bien ficelées. Pour la première fois depuis deux semaines, je vois mon amie se détendre un peu, baisser la garde, rire comme je la voyais rire avant, son rire reconnaissable parmi cent autres.

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Il y a quelque chose d’étrange avec les spectacles. On achète des billets des mois ou des semaines à l’avance et souvent, le soir venu, on n’a plus vraiment envie d’y aller. Mais évidemment qu’on y va, parce qu’on a payé, et parce que dans le fond, on le sait que rendu là, on sera content d’y être.

Et c’est peut-être encore plus vrai pour les spectacles d’humour, parce qu’avec les semaines de 40 heures d’école, de 25 heures de travail, d’événements sociaux et même d’entraînements pour une course quelconque au printemps pour certains, on roule à un rythme effréné, et on néglige certaines émotions sans prendre le temps de les traiter ou de les adoucir, parce que justement, « pas de temps pour ça ». Puis arrive une soirée d’humour qu’on avait oubliée, qui ponctue notre semaine et nous donne une fenêtre pour ventiler, pour prendre une pause, pour oublier qu’on a 12 remises cette semaine, et qui nous permet même, le temps de quelques heures, de trouver un remède pour les cœurs brisés.

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Pour faire respirer un peu vos prochaines semaines, allez faire un tour sur le site du ComediHa! Club et achetez des billets pour votre ami.e un peu brisé.e et vous. ;-)

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