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Quand la rivalité sportive devient du grand art : entrevue avec Stack Moolah
L’artiste montréalais s’associe aux Canadiens de Montréal pour une œuvre plus grande que nature!

URBANIA, les Canadiens de Montréal et Loto-Québec sont fiers de s’associer pour inspirer la fierté chez les fans!
Qu’il soit question de bagels, de nightlife ou de hockey, la rivalité entre New York et Montréal date d’il y a longtemps, et elle n’est pas prête de s’arrêter!
Dans le rap comme dans le sport, les rivalités sont le feu ardent qui amène les joueurs à se dépasser, pour la fierté de leur région. Qui de mieux que Stack Moolah, le légendaire artiste montréalais, pour créer une fresque qui retrace les histoires d’amour et de rivalité entre Montréal et New York?
Les chanceux qui assisteront au match opposant les Canadiens de Montréal aux Rangers de New York au Centre Bell le 6 janvier auront la chance de voir l’artiste musical et visuel en pleine action, lors d’une série de soirées présentées par Loto-Québec au M2 Marché-Montréal. Lors des 12 matchs du samedi de la saison, les détenteurs de billets pourront voir certains artistes, comme LeBicar, Chien Champion et bien entendu Stack, réaliser des œuvres originales retraçant l’histoire des rivalités entre le CH et ses différents adversaires.
Alors que s’amorce cette 114e saison pour nos Glorieux, Loto-Québec veut partager avec les fans la fierté de ce symbole de la province, tout en mettant à l’avant-scène certains des talents les plus créatifs d’ici!
Un tagueur de la première heure
Si vous venez de Montréal et que le hip-hop (sous ses cinq manifestations principales) vous intéresse, vous connaissez sûrement déjà l’œuvre de Stack Moolah, que vous le sachiez ou non!
En effet, depuis l’aube des années 90, l’artiste et designer visuel a laissé sa marque dans la culture hip-hop de la ville : sur les murs, sur les beats et les covers de certains des albums les plus importants des dernières années. Et actuellement, tout comme ses acolytes Mike Shabb et Nicholas Craven, Stack jouit d’une popularité grandissante dans le reste du monde, autant pour ses collaborations musicales avec Rome Streetz et SeinsSucrer que pour les designs de pochettes d’albums qu’il a créées pour Boldy James, Roc Marciano et Lary Kidd.
Lorsque le jeune Stack commence à s’intéresser à l’art, et plus particulièrement à l’art de la rue, Montréal est une ville bien différente de celle d’aujourd’hui. À l’époque, assez peu de graffitis à proprement parler la décoraient, me dit-il, mais une grande ferveur pour nos Glorieux l’animait déjà!
« Mon joueur préféré, quand j’étais jeune, c’était le numéro 26, Mats Naslund! », s’exclame Stack avec joie lorsque je lui pose la question. L’illustrateur montréalais a par ailleurs pu être témoin des deux dernières fois où la Sainte-Flanelle a soulevé la coupe, dont en 1986, avec l’aide de celui qu’on surnommait « Le Petit Viking ».
Ayant surtout grandi dans les quartiers Centre-Sud et du Plateau Mont-Royal, Stack commence très jeune à se rendre à New York de manière régulière, avec ses parents. « Je voyais les tags et les graffitis sur les murs, mais je n’y faisais pas trop attention. C’est vers 12 ou 13 ans que j’ai compris ce que c’était, que je me suis mis à reconnaître les noms et à réaliser que c’est une forme d’art. »
Créer son style – et son univers!
S’inspirant de tout, des graffeurs de la première heure à la musique de Nirvana, il se met progressivement à façonner son style unique de graff, tout en peaufinant ses autres talents d’illustrateur, jusqu’à créer deux univers distincts. « Ce que je fais est toujours inspiré par l’art de la rue et la culture de la rue en général. Mais je ne vois pas mes œuvres comme étant des graffitis sur une toile : c’est pas le même processus », explique-t-il.
Sa passion pour l’art se met à grandir, et les games de hockey cosom dans les rues du Plateau avec les copains sont troquées pour des nuits à taguer la ville, cagoulé. Demandez à quiconque a pratiqué le street art à Montréal et il vous le dira : la scène montréalaise ne serait certainement pas ce qu’elle est aujourd’hui sans l’apport de Stack Moolah et de certains de ses amis.
Après avoir laissé sa marque sur les murs de la ville, il se dirige vers d’autres médias pour propager son art et sa créativité. Au début des années 2000, une pochette d’album pour un mixtape fait par un ami amènera Stack à décrocher son premier contrat de graphisme, un domaine dans lequel il travaille encore aujourd’hui. Sa passion pour le graffiti le mènera aussi à effectuer plusieurs séjours à New York, la mecque du graffiti, où il finit par se faire pas mal de contacts dans tous les milieux.
« Quand j’emmène mes amis de New York à Montréal, ils trippent. Ils adorent Montréal, c’est une de leurs villes préférées. Mais dans l’ensemble, quand il est question de choses qui viennent de chez eux, comme le rap ou le graffiti, ils ne pensent simplement pas à nous! Pourtant, on occupe une grosse place, même que le plus grand fournisseur de matériel de street art, Bombing Science, est ici! », regrette quelque peu le vétéran. « Et quand tu checkes, Montréal n’a pas tellement changé : la scène du hip-hop reste assez petite, avec des artistes performant dans les deux langues et qui n’échangent pas tant que ça. »
Ces jours-ci, Stack est probablement l’une des personnes les mieux placées pour favoriser les échanges entre New York et Montréal, entre l’art de la rue et l’art classique, entre les solitudes de deux cultures distinctes. En effet, son influence se fait de plus en plus sentir aux États-Unis, notamment depuis qu’il a réalisé une des pochettes les plus mythiques du rap contemporain : celle de Fair Exchange, No Robbery, l’opus conjoint du beatmaker montréalais Nicholas Craven et du rappeur de Détroit Boldy James. En s’inspirant de notre bonne vieille canne de sirop d’érable québécois et en y ajoutant une touche d’humour faisant référence au rap, le lean, Stack a créé une véritable demande pour ses illustrations et ses beats, et a désormais un public fidèle.
Le 6 janvier, Stack bouclera la boucle en mettant sur une toile tout l’amour qu’il entretient pour ses deux métropoles chouchoutes, Montréal et New York, tout en mettant à l’honneur la rivalité historique entre les deux, tant sur la glace que sur la scène.
À compter du 14 octobre et jusqu’au 6 avril, les partisans des Canadiens pourront voir certains des artistes les plus en vue de Montréal réaliser des œuvres originales en lien avec le matchup de la soirée grâce à la Série Artistes M2 Marché-Montréal, présentée par Loto-Québec et les Canadiens de Montréal.
En plus d’inspirer les jeunes à développer leur créativité, les œuvres seront remises aux fans du Tricolore à la fin de la saison au moyen d’un tirage au sort.
Que vous soyez du genre à aiguiser vos crayons ou vos patins, les Canadiens et Loto-Québec vous attendent chaque samedi de match au M2 Marché-Montréal M2 pour voir des artistes en action. Pour en apprendre davantage et participer au tirage, rendez-vous ici.
