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Quand la bouffe se fait porno pour vrai #Foodporn

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Veux-tu être turné on par un bol de fromage? Être jaloux de la parfaite pomme d’un Guadeloupéen? Te laisser inspirer par ce qui se fait de plus sexy en matière de mise en scène gastronomique?

À ce jour, il n’y a pas loin de 93 millions de photos dont c’est l’unique mission sur Instagram. #Foodporn fait partie des 75 hashtags les plus populaires de 2016, selon ShortStack. Notons qu’on retrouve aussi dans cette liste #swag, #fitness et #followme (come on, un peu d’amour propre!).

Pour m’y être attardée longuement dans le cadre de cet article, je dois dire que les photos qu’on a cru bon affubler de la mention #Foodporn sont d’une qualité assez inégale.

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… J’ai déjà été plus excitée qu’à la vue d’une poignée de Cheerios dérivant dans du vieux Clamato.

Mais bon, on comprend le phénomène : professionnels et foodies photographient leurs plats et partagent leurs clichés, afin de faire saliver d’envie des spectateurs gourmands. Émoustillés, on se penche sur les images en se sentant presque coupables d’avoir envie de lécher avidement une banane flambée. On s’émerveille devant la courbe d’une tomate, on veut frencher une pêche ou encore effleurer un chou de Bruxelles.

Mais que cache ce courant?

La Food Porn est beaucoup plus vieille que le iPhone

Bien qu’elle fasse sa fraîche sur les réseaux sociaux, la Food Porn existait bien avant l’ère numérique. On append dans cet article du magazine RestoConnection qu’en 1977, le terme Gastro-Porn a été employé à propos d’un livre de cuisine dans le NY Review of Books. (Notons que gastro fait probablement ici référence à la gastronomie, plus qu’au virus qui m’a déjà fait expulser une diva cup à coups de contractions corporelles.)

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On y apprend aussi qu’en 1984, “Rosalind Coward, auteur et journaliste, utilise le terme ‘food pornography’ pour la première fois dans son ouvrage Female Desire. Ce terme symbolise, pour elle, la façon dont les magazines et revues féminins ‘mettent en valeur la nourriture grâce à des photos magnifiquement éclairées et très retouchées’.”

C’est toi qu’on regarde, Ricardo.

Puis-je être fétichiste du lait?

Tout ça est bien beau, mais existe-t-il un premier degré à la Food Porn? Au-delà de son sens strictement gourmand, est-ce que le terme peut aussi designer une préférence sexuelle? J’en ai parlé à Julie Lemay, diplômée en sexologie clinique et collaboratrice d’URBANIA.

Julie, est-ce qu’on peut être littéralement sexuellement excité par un aliment?

“Avoir un intérêt sexuel intense qui n’est pas dirigé envers un être humain consentant, ça fait partie de ce qu’on appelle les paraphilies. Si ta source d’excitation sexuelle provient prioritairement d’un objet inanimé, genre un avocat (le fruit, pas le professionnel), et que tu dois être en présence dudit avocat (on parle toujours du fruit) pour être sexuellement fonctionnel, tu risques fortement d’être atteint d’un trouble fétichiste. Mais là, on parle d’une situation problématique et marginale!

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Dans l’imaginaire collectif, la relation avec la nourriture est souvent associée avec le potentiel érotique d’un individu. Mine de rien, il y a beaucoup de parallèles qui sont faits entre la façon de se nourrir et la sexualité. On parle ‘d’appétit’ sexuel. On qualifie de cochon/cochonne quelqu’un qui mange goulûment et/ou qui s’investit particulièrement dans les relations sexuelles. Sans compter qu’il y a limite quelque chose de carnivore dans l’expression ‘aimer les plaisirs de la chair’!”

Tant qu’à être dans le sujet, continuons donc dans le fétichisme…

Le sadomasochisme culinaire

Sur le site spécialisé en culture pornographique letagparfait.com, on retrouve un intéressant article au sujet des dominatrices qui incorporent la nourriture à leurs pratiques. On y découvre notamment Mistress Blunt et Mistress Cook, des femmes qui allient la gastronomie et le sadomasochisme, puis qui transforment ces moments d’érotisme en projets photo. Loin du classique cliché d’une femme qui rit en mangeant sa salade, on nous propose une femme qui mange de la laitue assise sur le dos d’un homme, une dominatrice observant son protégé alors qu’il prépare le souper ou encore un homme qui décortique du poulet tout en arborant un masque… de poulet.

J’ai trouvé une activité pour mon prochain dimanche de pluie.

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De la crème fouettée et des founes

Difficile maintenant de passer à côté de la règle #34 : si ça existe, il y a de la porno à ce sujet. Selon cette théorie, la Food Porn pourrait être comprise de façon littérale. Il ne faut pas plus de trois secondes et un tête-à-tête avec Google pour que ladite règle se confirme.

Internet regorge de vidéos de légumes insérés dans des orifices, de fesses couvertes de sauce au chocolat et de femmes qui sucent des cerises. Ce qui retient particulièrement mon attention, c’est l’étonnante récurrence de vidéos dans lesquelles une personne se fait insérer de la crème fouettée dans l’anus avant de la pousser (péter?) vers la bouche d’autrui.

Pour citer mon collègue : “Mettons que t’es en train de mourir de faim et que là, je te dis : ‘J’ai de la crème fouettée… mais elle est usagée’, qu’est-ce que tu fais?”

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La sexualité des fruits et l’art

En janvier dernier, le compte Instagram de Stephanie Sarley, une artiste visuelle américaine de 27 ans, a rapidement doublé de “followers” grâce à la publication d’une courte vidéo dans laquelle elle caressait du doigt une orange sanguine avant de la pénétrer avec son index. Il s’agissait de la première œuvre d’une série de vidéos dans laquelle l’artiste sexualise des fruits : kiwi, fraise, pamplemousse, etc.

L’étrange érotisme inhérent à l’acte a été à l’origine de la suspension de son compte Instagram, suspension que Sarley a férocement contestée en rappelant son objectif : promouvoir l’acceptation de la sexualité féminine, puis combattre la honte et la gêne trop souvent associées au vagin.

https://youtu.be/tfSk_g82ThQ

J’ai définitivement un nouveau girlcrush.

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