Pourquoi le maïs 2 couleurs vient-il de Neuville ?

Et autres questions fondamentales sur l'origine de certains aliments québécois.

URBANIA et IGA s’unissent pour vous faire découvrir 3 produits typiques de nos chers terroirs.

On s’est tous, un jour ou l’autre, retrouvé devant un Français chauvin qui nous a demandé sur un ton méprisant : « Vous avez quoi au Québec, vous, à part les caribous? »

C’est vrai, outre le fromage en crottes, le sirop d’érable et les Joe Louis de Maxime Bernier, avons-nous un terroir?

Tout d’abord, c’est quoi un terroir?

Cette « courte » définition du Groupe de travail sur les appellations réservées et les produits du terroir nous éclaire :

« Un produit du terroir est un produit qui provient — ou dont les principales composantes proviennent — d’un territoire délimité et homogène et dont les caractéristiques qui le distinguent de façon significative des produits de même nature reposent sur la spécificité de ce territoire. Ses caractéristiques dépendent à la fois des particularités du milieu, comme la géologie, le climat, le relief, la culture, l’histoire ainsi que du savoir et du savoir-faire, traditionnels ou émergents, et de ses habitants. »

Question d’en savoir un peu plus sur nos spécialités alimentaires d’ici, voici trois produits typiques de nos terroirs :

Le maïs sucré de Neuville

Certains ont hâte à la date limite de cotisation au REER, d’autres à la prochaine photo de Marie-Mai sur son compte Instagram, et plusieurs, à l’arrivée du maïs sucré sur les étals. Que vous soyez à Compton, Louiseville, Saint-Hyacinthe, Bécancour ou perdus à Daveluyville, chaque kiosque de blé d’Inde se targue d’offrir le MEILLEUR maïs sucré.

Mais voilà que depuis juin 2017, une identification géographique protégée existe pour le maïs sucré. En effet, c’est à Neuville que se trouverait le St-Graal que l’on roule frénétiquement dans le beurre.

Je vous entends d’ici vous insurger, toutes ces années vous viviez dans le mensonge, trop occupés à vous déloger des morceaux de blé d’Inde entre les palettes.

Située dans la région de Portneuf, Neuville jouirait d’un savoir-faire incroyable et d’un emplacement de choix de par sa proximité avec le fleuve et son sol sablonneux pour la culture de cette graminée à un point tel qu’un organisme d’accréditation soit le Conseil des Appellations réservées et des termes valorisants (CARTV) encadre sa méthode de production.

Mais qu’est-ce qui fait sa spécificité?

Premier critère : les entreprises doivent être situées dans la ville de Neuville. (Logique).

Secundo, un cahier de charges encadre la production du maïs à travers les différentes étapes de la production et du conditionnement.

Troisième critère : Aucune semence modifiée génétiquement ne peut être utilisée.

Quatrième critère : La couleur. Les grains doivent être de couleur brillante, de jaune à ivoire.

Pas ce jaune-là :

Source : zonedentaire.com

Enfin : les épis ne peuvent pas être conservés au-delà de 12 heures sans refroidissement ou gros max 48 heures dans une chambre froide.

À ce jour, une dizaine de producteurs se prévalent de cette appellation. Clairement, si j’étais une entreprise agricole de Neuville, tout mon marketing tournerait autour de Neville Londubat à commencer par mon affiche de ferme :

Crédit montage photo : Étienne Frémond

Et, j’offrirais à mes meilleurs clients une version rééditée du 4e tome de HP qui s’intitulerait Harry Potter et le maïs de feu.

La ??? du Bas-Saint-Laurent

Pour le deuxième produit, rien de mieux qu’une charade pour vous l’introduire :

Mon premier est l’état d’un festivalier après une fin de semaine à Woodstock en Beauce.

Mon deuxième est une onomatopée fréquemment pratiquée par des madames désemparées du bureau face à une photocopieuse brisée.

Mon troisième est ce qui pousse un samedi soir chez certains chanteurs de Mixmania.

Mon tout est une plante marine comestible qui pousse dans les marais et dans les sols du littoral laurentien du Bas-Saint-Laurent de mai à août.

(Je sais, cette devinette est d’une facilité déconcertante.)

Sale-iiiii-corne

Aussi appelée haricot de mer, corne de mer et fausse algue, la salicorne est très salée. C’est comme l’équivalent vegan du fromage tortillon. À Kamouraska, notamment, la bière se déguste avec de la salicorne. Cette plante grasse ressemble à un cactus et est de plus en plus prisée par les chefs de restaurant.

Fun fact : la salicorne regorge (de sel) et est une arme redoutable contre le scorbut.

Crevette de Matane ou crevette nordique?

Pendant que les habitants de Victo et de Drummond mettaient à feu et à sang leurs rangs dans le débat sur l’origine de la poutine, un conflit du même ordre se déroulait à des centaines de kilomètres de là : où les crevettes se cachent-elles pour mourir? Matane ou Sept-Îles?

Pourquoi à cet endroit? Parce que l’eau est frette et parfaite pour la crevette qui aime ça quand ça oscille entre 2 à 6 degrés Celsius.

Pouvez-vous identifier les 10 différences entre ces 2 crevettes?

Sources images : Compte Twitter de Pascal Bérubé et Pêches et Océans Canada

Non?

Pascal Bérubé, oui

Le député de la région n’entend pas à rire quand vient le temps de défendre l’origine du crustacé hermaphrodite. Oh que non! Ça a d’ailleurs été un sujet de discorde avec son homologue élue de la Côte-Nord dans un débat qu’on pourrait nommer : ma crevette est plus grosse que la tienne. 

Malheureusement, cet emblème MONDIAL est pourtant à risque avec le réchauffement de l’eau du Saint-Laurent puisque la fenêtre de pondaison des crevettes s’est vue réduite de 24 jours en 2017. C’est donc dire que plus de 20 ans après avoir perdu les Nordiques, on risque maintenant de perdre la crevette nordique.

Il est aussi à savoir que la crevette est une proie prisée par le sébaste.

Aucune idée de ce qu’est un sébaste, mais voici ma définition personnelle : Connu aussi sous le prénom de Sébastien ou Seb, Sébaste était le gars au primaire qui te faisait saigner du nez au ballon-chasseur. Maintenant, Sébaste se promène en Civic ` 98 montée et cherche l’amour sur des Spotted.

En guise de conclusion, je dépose cette vidéo d’une crevette qui nage avec autant de grâce que Sylvie Fréchette aux Jeux de Barcelone.

*********

Retrouvez tous ces beaux produits en épicerie ou en ligne, chez IGA

Vous n'allez pas rester là sans rien dire ?
Faites-vous entendre...

mode_comment Afficher les commentaires keyboard_arrow_down keyboard_arrow_up