Raphaël Ouellet

Pourquoi Justin ?

Pour la couverture de notre 42e numéro, on cherchait des symboles canadiens forts. On ne vous mentira pas : leur pauvreté nous a un peu décontenancé. On a fait des tests avec Don Cherry, la tour du CN, la feuille d’érable, le castor, la police montée, Justin Bieber et le Tim Hortons. Bof. On ne voyait pas en quoi ces symboles reflétaient notre nation.

Puis, ça nous est venu. Il y a un homme qui incarne à la fois le lien et la brisure entre le Québec et le Canada : Justin Trudeau. À ce jour, il est peut-être ce qui nous unit le plus au ROC. Nous, Canadiens et Québécois, avons un lien émotif avec Trudeau – qu’on l’aime ou non.

Justin est le reflet d’un pan de notre histoire politique. «Fils de», il est par défaut l’incarnation d’un certain Canada : ouvert sur l’autre, mais en rupture avec son Québec. Arrogant. C’est à titre de symbole qu’on l’a choisi. Justin Trudeau, c’est l’héritier. C’est le gars qui parle drôle dans les deux langues. C’est le beau gosse qui fait miroiter le changement à coups de phrases entendues mille fois. C’est le règne de l’image. Alors on s’est amusé avec cette image. On l’a grossie. Pas mal. Quitte à la dénaturer, à la désincarner.

URBANIA a suivi Justin Trudeau pendant le défilé de la St-Jean-Baptiste à Montréal, le 24 juin dernier. C’est la première fois qu’un chef du parti Libéral du Canada y mettait les pieds depuis son père, en 1968 – qui avait alors causé une émeute. On nageait en pleine politique spectacle quand le portrait a été pris. Ce qui défilait devant nos yeux, c’était la parodie d’un engagement, de tous bords, tous côtés. Pendant ce temps, on suivait celui qui menait ouvertement une opération charme : Québécois, venez dans mon Canada.

Est-ce que ce Canada nous tente? Vous le saurez assez rapidement dans le récit de la journée, écrit par Yes Mccan, des Dead Obies.

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