Catherine Legault

Poissons et traditions sur de Bullion

On a tous nos p’tites adresses quand vient le temps de proposer un endroit exotique où casser la croûte, qu’il s’agisse de soupe tonkinoise ou de poulet tandoori. Le Lab URBANIA tripe autant bouffe que vous et a décidé d’aller à la rencontre de ces propriétaires de restos d’ailleurs qui ont choisi de combler les appétits d’ici.

Joao Gonçalves copropriétaire du restaurant.

Au coin des rues Marie-Anne et de Bullion, non loin de la pu-trop-l’fun-à-marcher Saint-Denis, se trouve un petit coin paisible, à l’abri de la construction et des klaxons. En me voyant arriver, Joao Gonçalves dépose sa pelle, laisse en plan ses belles fleurs et me convie à l’intérieur du restaurant.

Si t’es le genre de personne qui a une p’tite faiblesse pour l’odeur de grillades sur charbon de bois, cette espèce de parfum fumé qui te donne envie de crier “ÉTÉ, ME VOILÀ”, alors une visite Chez Doval s’impose.

Avec son associé, Carlos Suares, Joao a acheté le restaurant en 2003. “Tu peux pas tout changer quand t’as déjà une formule qui fonctionne”, m’explique celui qui a quitté Chaves, petite ville portugaise au nord de Porto, pour arriver à Montréal en 1988.

Joao, charmant monsieur au sourire contagieux, a œuvré deux ans dans ce restaurant (dont la réputation n’est plus à faire) avant de prendre la relève de ses propriétaires.

“Je n’ai malheureusement pas fondé le resto. Chez Doval existe depuis 45 ans… moi, j’en ai juste 47!”, me lance-t-il avec le meilleur accent du monde.

Le menu du jour.

La bouffe a toujours fait partie de la vie de Joao, mais Chez Doval est son premier restaurant. “La restauration a été le premier travail que j’ai eu, et c’est là que j’ai commencé à aimer travailler avec le public.”

Mais alors… c’est qui, Doval?

“Doval est le nom de celui qui a bâti Chez Doval. On a jamais changé de nom parce que Doval est Doval et tout le monde connaît Doval.” Bon. Je ne connais pas Doval, mais je lui ferais un chest-bump pour ses grillades divines.

Aperçu des cuisines.

Faire innover une formule gagnante

Les anciens propriétaires avant Carlos et Joao étaient là depuis 17 ans. En reprenant le restaurant, comment ont-ils voulu lui donner un p’tit vent de nouveauté? “La pieuvre!”, s’exclame Joao, avant de se lancer dans une ode au poulpe qui me donne presque l’envie d’en manger, même s’il est 10h du matin.

“La pieuvre ici, elle est TRÈS bonne. D’une excellente qualité. On la fait bouillir, puis on la grille sur charbon de bois. Et tu peux dire qu’il s’agit d’une pieuvre de qualité, parce qu’elle est suffisamment tendre en bouche, ce qui n’est pas le cas de tous les restos à Montréal. Mais chez nous, c’est un plat extrêmement intéressant.”

Pour ceux qui croient que le summum de la bouffe portugaise se retrouve dans un quart de poitrine chez Piri-Piri, je dis : wô minute.

Une partie de la salle à manger.

Et Joao vous le dira aussi : “La nourriture portugaise, c’est des grillades sur charbon de bois, oui, mais pas que ça. C’est aussi beaucoup de poissons frais, des fruits de mer principalement. Des pot-au-feu, des pattes de cochon aussi, de la bouillabaisse.” Mi-am.

Pour les sauces, pas question d’utiliser de la crème! La cuisine portugaise préfère l’huile d’olive, et de loin. Sachez que le tourisme oléicole, ça pogne dans le nord du Portugal.

Chansonnier portugais au rendez-vous.

Mais pourquoi avoir choisi de venir ici, à Montréal?

C’est la famille de Joao, en visite au Portugal, qui lui a parlé de Montréal. Ses tantes et cousines, déjà installées dans la métropole, ont fait germer l’idée de traverser l’Atlantique dans la tête de Joao, qui n’avait alors que 18 ans.

“On m’a dit que c’était un bel endroit pour ouvrir un restaurant, donc je suis venu au Canada avec ce but en tête. Et je peux le dire aujourd’hui : je crois que c’est la meilleure ville au pays pour ceux qui ont un projet comme le mien.”

Joao Gonçalves devant son restaurant.

On retrouve au restaurant Chez Doval l’ambiance des soirées européennes, où l’on soupe tard sans vraiment s’en soucier. Une petite place pleine de vécu qui a su se démarquer dans la grande ville.

Entre le respect des traditions et la tentation d’innover, en proposant chaque semaine des plats nouveaux pour combler la curiosité des visiteurs, on peut dire que Carlos et Joao ont repris le flambeau avec brio.

Pour lire un autre reportage du #LabURBANIA sur un restaurant ethnique de Montréal : “Chilling et tacos sur le Plateau”

Du même auteur

Vous n'allez pas rester là sans rien dire ?
Faites-vous entendre...

mode_comment Afficher les commentaires keyboard_arrow_down keyboard_arrow_up

Dans la même catégorie

On est partis à la recherche du mini-cheval-canular du parc Jean-Drapeau

L’île de Montréal était consternée aujourd’hui alors que plusieurs images montrant un mini-cheval à la crinière rose ont circulé sur les médias sociau […]

Dans le même esprit