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Le centre d’achats du mois : Place Vertu

Le centre d'achats du mois

Par
Olivier Boisvert-Magnen
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C’était il y a 20 ans, au printemps 1996. Un jeune groupe pop de beaux garçons floridiens s’apprêtait alors à donner un spectacle qui allait changer le cours des années 1990. Quelques mois plus tard, cesdits “garçons de la ruelle” se hissaient au sommet des palmarès mondiaux, d’abord ici puis dans leur pays d’origine. Comme quoi — une fois de plus — nul n’est prophète en son pays…

Deux décennies plus tard, la première venue en sol canadien des Backstreet Boys continue de faire vibrer Ville Saint-Laurent et, tout particulièrement, son centre d’achats emblématique.

Visite guidée d’un lieu jadis secoué par la frénésie.

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Afin de souligner cette affluence épique, les proprios de la Place Vertu ont installé une enseigne commémorative qui, tout compte fait, a le mérite d’être aussi colorée que laide.

En entrant, on ne peut s’empêcher d’essayer de visualiser où EXACTEMENT tout ça s’est déroulé.

Rapidement, on remarque que la fontaine centrale, entourée de bannières bilingues qui font la promotion de l’espoir, s’impose comme un lieu optimal pour un évènement de la sorte.

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On dit d’ailleurs que c’est cette expérience scénique qui aurait donné aux BSB l’idée de tourner un clip mouillé, sous la pluie, quelques mois plus tard…

Une autre école de pensée croit plutôt que c’est complètement au fond, dans un lounge à l’ambiance sans pareille, que le groupe se serait produit. On rapporte ainsi que AJ, Nick, Brian et Howie auraient chacun shotgunné une rangée de bancs verts, tandis que Kevin aurait préféré s’installer confortablement sur les spacieux bancs rouges, en retrait, afin d’avoir juste en masse de place pour faire semblant de jouer du piano.

Forte d’une histoire aussi culte, la Place Vertu aime bien, depuis deux décennies, montrer qu’elle joue dans les grosses ligues des centres d’achats internationaux.

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Ce magasin de tapis, par exemple, veut s’assurer qu’on comprenne, en partant, qu’il vise le marché planétaire des tapis.

Bref, tout est plus BIG à la Place Vertu.

Et les enfants ne font pas exception à la règle.

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Dans le but de souligner la mémoire de tous ceux qui, durant cette journée fatidique de 1996, ont péri, piétinés par des milliers de prépubères, le magasin a cru bon en remodeler quelques-uns, en prenant soin de les habiller le plus mal possible.

Bien joué!

Avec l’objectif toujours bien assumé de montrer que la Place est encore in, certains commerces flirtent avec la prétention. C’est le cas de cette animalerie, dont le nom ne sert qu’à faire rayonner sa stature mondaine.

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Dans le même genre, ce magasin de marquises et de moustiquaires se la joue bohème italien en esti.

Plus loin, le Itali.co se la joue plutôt italien moderne.

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On comprend, rapidement, que toutes ces références italiennes ne sont en fait qu’un hommage à la chanson Non Puoi Lasciarmi Cosi, reprise pop spaghetti de Quit Playin Games With My Heart.

Fallait y penser.

D’autres ethnies ont, elles aussi, voulu rendre hommage aux BSB. Le Casaplanta, entre autres, est un hommage à Nunca Te Haré Llorar, une (bien meilleure) version espagnole d’I’ll Never Break Your Heart.

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Outre avoir un logo et un nom de marde, ce resto, lui aussi, rend hommage à une version ethnique des BSB.

https://www.youtube.com/watch?v=pZc4EDj6AP0

Côté référence, ce magasin est toutefois en haut de la liste puisqu’il fait un lien DIRECT avec un hit des beaux Floridiens.

Jugez-en par vous-mêmes :

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Et ça ne s’arrête pas là!!!!!!!!

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Cet établissement est un clin d’œil à l’état dans lequel se trouvait le corps de sécurité lorsqu’il a vu la marée d’adolescentes entrer vigoureusement dans le centre d’achats il y a 20 ans.

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Même si la plupart de ses franchises sont en train de faire faillite, Le Château compte bel et bien garder son pied-à-terre à la Place Vertu.

La raison est simple : c’est un hommage on ne peut plus évident au mythique château du clip de Backstreet’s Back.

Le potentiel de faillite est donc nul.

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Quelques références sont un peu plus subtiles. Par exemple, ce magasin a troqué son “c” pour un “k” afin de rendre hommage au plus vieux des cinq BSB : Kevin Richardson.

Astucieux.

Même genre de situation ici : on a ajouté un “l” à la terminaison de Stéphane afin que ça rime avec le nom de Brian Littrell.

Franchement malin.

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Mais la palme revient, sans surprise, à Profil et Coupe : un hommage direct à la pochette du deuxième album des BSB.

En regardant bien, on remarque, en effet, que Brian et Nick sont de profil, et que Kevin, Howie et AJ devraient changer de coupe de cheveux, à l’instar de leurs deux autres collègues.

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Après tant d’observations concluantes, on se rend au magasin qui, à lui seul, représente les débuts de la frénésie BSB en Amérique du Nord : le CANADIAN Tire.

Encore sous le choc du spectacle, les employés de l’établissement ont de la misère à écrire.

Pire encore : ils s’enfargent dans le clavier et inventent des caractères.

Côté maths, rien de vraiment mieux…

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En sortant, on remarque que certains magasins croulent sous la pression historique en tentant de nous vendre leur produit.

Par exemple, le Teriyaki essaie de nous faire croire qu’on va vivre une “expérience” en mangeant un bol de nouilles yakisoba à 10,75$.

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De son côté, le Allô! Mon coco essaie de nous faire croire qu’il modernise le déjeuner en vendant des omelettes au Philly Cheese Steak à 13,95$.

Pas plus intelligent, ce magasin essaie de nous faire croire qu’on va être en Californie si on porte ces pantalons-là.

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Summum de l’attitude hautaine, ces deux commerces flamboyants veulent uniquement montrer aux visiteurs qu’ils ont réussi à rentrer plusieurs chars dans un centre d’achats.

Assurez-vous au moins de choisir un char qui vient avec un set de ballons.

Ce n’est malheureusement pas tous les commerces qui ont réussi à se remettre de l’effervescence de 1996.

Certains d’entre eux sont tout simplement tombés de haut et peinent actuellement à se relever. Du lot, le Urban Planet fait preuve d’un laisser-aller indolent.

Pas besoin de se forcer pour afficher les prix quand on vend des valises aussi belles.

Vu que c’est seulement six piasses, ça sert pas à grand-chose de se forcer pour rendre ça esthétiquement acceptable.

Grosse aubaine ici : vous gagnez 2,99$ si vous réussissez à trouver c’est laquelle entre les deux.

Désespéré, cet établissement a dû s’y prendre à trois reprises dans la création d’affiches avant de vraiment sentir qu’il exprimait l’entièreté du fond de sa peine.

Puis, au fin fond de la Place Vertu, c’est le délassement à l’état pur. Qu’en auraient pensé aujourd’hui Nick, AJ, Howie, Brian et le vieux qui avait déjà 48 ans en 1996?

Bref, deux décennies après l’événement socioculturel le plus important des années 1990, la Place Vertu n’est plus l’ombre d’elle-même.

Pour redorer son image, elle aurait besoin d’un nouvel électrochoc… Un électrochoc qui devra mettre sous les feux de la rampe une popstar aussi importante pour sa génération que l’ont été les Backstreet Boys.

Pensez-y.

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