On est où?

Pis ? Le burn-out ?

Chronique d'un (pas si vieux) camper van.

Avec les chroniques d’un (pas si vieux) « camper van », Mélanie Leblanc vous emmène sur la route, la vraie. Des chemins sans filtre Instagram, pas toujours glam, souvent bordéliques, mais ô combien divertissants. À bord de John Mel & Camper, son truck de 21 ans (pas de rouille, pas de trou), c’est un départ vers la liberté… et le chaos.

Quand ma fabuleuse rédac chef Barbara-Judith (oui oui, c’est la mienne aussi, Hugo Meunier) m’a flaggé un petit « hello, ça te dit de nous faire un papier bilan de voyage? » j’avoue que sur le coup, j’ai figé. Même réaction que si j’avais vu une moufette entrer dans le truck. Un bilan? Déjà? Pis là j’ai réalisé que oui, ça se pourrait, ça fait déjà quelques semaines qu’on est rentrés.

Mais la vie est allée très vite et l’espace mental est complètement absent pour les bilans. Depuis le retour, j’ai pris une grande bouffée de smog que je n’ai pas encore eu le temps d’expirer. « Que dirais-tu d’un papier concernant le retour? » Deal! Me voici me voilà avec les petites surprises du retour et les questions lancées à la volée.

 

À quand le burn-out?

C’est LA question qui revient le plus souvent. Même tout le temps. On la retrouve sous différentes formes, comme: « pas trop déprimée d’être revenue? Comment va ton petit coeur? Pas trop gros? Je fais juste partir deux semaines dans le Sud et j’ai la dépression du retour ». Moi qui ai tant appréhendé le retour, je n’avais pas appréhendé cette question. Pour le moment, pas de burn-out en vue. Ma réponse classique : j’ai peut-être évacué toutes les larmes que j’avais à brailler avant le retour, alors mon deuil était fait en rentrant. Ce à quoi on répond souvent : « on s’en reparlera dans un mois quand il fera gris et frette ». Yé. Donc on est tous stand-by burn-out, la lampe de luminothérapie est sortie de son hibernation. Stay tuned

Vous repartez quand?

Pas encore de retour, qu’il faudrait repartir. Oui, c’est sûr que ça va arriver, mais le « roadtrip de la vie » s’appelle justement « roadtrip de la vie » , pas « roadtrip de la semaine » . Ça nous a pris un an et demi planifier, économiser, sauter dans le vide… On se permet de revenir, se poser, respirer et commencer par une petite fin de semaine chillax en Montérégie, genre!  

Où iriez-vous, la prochaine fois?

Aucune idée. Sérieusement, je n’ai pas encore fini de faire le tour de mon courrier des derniers mois, je viens de trouver le temps d’appeler à Équifax (merci Desjardins) et je savoure encore la chance qu’on a de pouvoir prendre des douches bouillantes, interminables avec pas de gougounes! 

Parle-moi de ton voyage!

Étonnamment, ça n’arrive pas tant que ça qu’on s’intéresse au roadtrip comme tel. Pas beaucoup parlé « tourisme » depuis le retour. La réaction concernant le Bélize est assez unanime: « t’as pas eu peur? » Absolument pas. Tellement que j’ai commencé à douter de nous en me demandant si je n’étais pas en train de mettre mes lunettes-roses-saveur-gomme-balloune et que je ne me souviens déjà que des bons côtés… Pis si ça ferait quoi, hein? Rien pantoute! 

Pas trop dur de reprendre la routine?

On est en train de se créer une nouvelle vie à deux (comme on n’habitait pas ensemble, Antoine et moi, avant le départ). Faut dire que 7 mois dans une boîte à chaussures, ça rapproche ! Donc la routine n’est pas encore installée et c’est ben parfait, elle peut attendre aussi longtemps qu’elle le veut avant de se pointer. Le plus dur c’est d’avoir des nouvelles préoccupations et de tranquillement laisser vaguer le voyage ailleurs dans mon coeur et dans mon esprit. Les premiers jours en sol montréalais, je pensais tout le temps au roadtrip. Il m’habitait, comme une entité, un ami. Maintenant, il y a certains soirs où je me couche en réalisant que je n’y pas pas pensé de la journée, même pas un petit flash et ça m’attriste. 

Sinon, on ne se le cachera pas, le retour aussi, c’est du travail. Vide la chambre où on a stocké nos effets personnels, vide le truck, nettoie le truck, va chercher les chats, fais-toi bouder par les chats et finis par ranger les maudites cochonneries que tu repousses depuis des semaines. Les fonds de boîtes et de sacs « ça, ça peut attendre »,  un moment donné, ça peut pu attendre. D’ailleurs, on compte encore de grands disparus: ma robe de chambre, ma carte d’accès au travail (peut-être que la vie m’envoie un signe!) et un trousseau de clefs (marde!).

Dans les grands disparus, on compte aussi mon sac de travail. La fille qui se balade dans Montréal avec son sac de Moosehead dans le dos, c’est moi!

Le long week-end est à nos roues et on compte bien sortir le truck pour la première fois, depuis le retour. Je suis excitée comme si c’était ma rentrée, des vraies retrouvailles avec mon fils, mon truck, mon John Mel&Camper d’amoooooour! Pour la première fois (au Québec), j’ai rien réservé. On part dans le vide, un petit vide calculé cette fois… il faut travailler mardi (à ce qui paraît!)

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