Petit guide de survie du mois d’avril

À part ne pas se découvrir d'un fil, quoi faire et ne pas faire pendant le mois le plus rushant de l'année.

Au Québec, on sait que le mois d’avril est arrivé quand, pour notre journée à l’extérieur, on apporte des bottes Sorel pis d’la crème solaire. Suer dans son foulard, ça fait très « avril québécois”.  La nature se réveille après une longue sieste et Dieu sait qu’on est mêlé quand on se réveille après avoir fait une sieste. Le temps que le printemps prenne son premier café, on vous propose un petit guide de survie.

Comment s’habiller, osti?

Notez que le sacre dans le titre sert à exprimer la frustration de voir des bottes lunaires et des sandales de marche se côtoyer sur le tapis d’entrée. Avril, c’est le seul mois de l’année où t’as des bonnes chances de déneiger ton char en p’tits souliers de toile. Toutes les mères diraient que le truc pour s’habiller en avril, c’est d’y aller “par couches”. Tu pars le matin avec ton manteau, ton coton ouaté, un chandail pis une tuque… Pis t’enlèves au fil de la journée qui se réchauffe. Truc de pro: c’est donc la meilleure période pour se trouver une belle paire de gants oubliés sur un banc d’parc.

Est-ce qu’on peut porter des shorts?

Non.

Comment on fait pour se parker?

Les propriétaires de voitures redoutent le mois d’avril comme les maires du Plateau redoutent les propriétaires de voitures. Parce que le mois d’avril, c’est le mois du retour des interdictions de stationnement… Déjà qu’on doit dealer avec des tempêtes surprises pis des bancs de neige semi-fondus, on rajoute la difficulté de devoir s’y retrouver dans le système archi-complexe des panneaux de stationnements qui, visiblement, semble avoir été conçu par Éric Lapointe en lendemain de brosse.

Comment on fait pour se parker, donc? Facile: quand tu trouves une bonne place de stationnement, sans besoin de vignette ni nécessité de changer l’auto de bord de rue, tu la gardes jusqu’en juin pis tu t’achètes une passe Bixi.

Comment survivre à la dernière tempête?

Ahhhh «la dernière tempête»! Cette fameuse bordée beaucoup trop intense pour la fin avril, genre de micro-saison qui n’a pas de nom officiel, mais qu’on pourrait collectivement appeler “l’hiver indien”… La bonne nouvelle avec la dernière tempête, c’est qu’elle ne reste jamais longtemps. C’est comme si l’hiver était en manque d’attention et qu’il voulait nous montrer qu’il est “encore capable”. Habituellement, après la dernière tempête, c’est enfin le moment où tu peux commencer à te découvrir d’un fil. C’est aussi le début officiel des préparatifs d’ouverture du Beachclub, comme quoi le printemps n’est pas porteur que de bonnes nouvelles.

Les terrasses, oui ou non?

On le sait: au Québec, on a le printemps festif. Dès qu’il fait 9 degrés et qu’il y a un minimum de soleil, on ressent le besoin de sortir boire de la sangria blanche sur une terrasse en fumant des slim. Or, il ne faut pas céder à la tentation. Parce que ça ne fait pas cool, ça fait désespéré. Y’a rien de charmant à greloter en buvant un mojito avec des mitaines! En même temps, on comprend: quand la dernière fois que t’as bu de l’alcool à l’extérieur, c’est à la Nuit Blanche en dansant sur du techno au Vieux-Port en habit de ski-doo fluo, c’est sûr que tu vas avoir le goût de sortir dès que ça commence à fondre. Mais dis-toi que si la neige fond, mais que la glace dans ton verre demeure intacte, c’est qu’y fait trop froid.

Jusqu’à quand peut-on aller à la cabane à sucre?

Jusqu’à la mi-avril, aucun problème. À partir du 20-25, ça commence à être un peu moins bucolique de faire un tour de calèche dans bouette avec d’la tire sur neige brune. Remarquez, on va beaucoup plus à la cabane à sucre pour l’omelette au fromage soufflé que pour les activités extérieures… Et ça, avril ou pas, c’est toujours aussi calorique délicieux. Si c’tait juste de nous, il y aurait des cabanes à sucre en juillet.

Canadiens fait pas les séries, on est-tu triste?

Ça dépend. Si t’es un propriétaire de bar sportif, oui. Mais si t’es quelqu’un qui a pensé à avoir d’autres passions dans la vie que le hockey, ça devrait bien aller.  Go Impact Go!

Et, truc ultime: rappelez-vous que le meilleur remède au mois d’avril, c’est le mois de mai.

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