Petit guide de la répartie politique face à la foule

« Ça va Manu ? »

« Tu m’appelles monsieur le Président. » Le patron de la Start-Up Nation Emmanuel Macron n’a manifestement pas apprécié le « Ça va Manu ? » lancé nonchalamment par un adolescent lors des commémorations du 18-Juin. Le recadrage en bonne et due forme ne s’est pas fait attendre. « Et tu fais les choses dans le bon ordre. Le jour où tu veux faire la révolution, tu apprends d’abord à avoir un diplôme et à te nourrir toi-même, d’accord ? Et à ce moment-là, tu iras donner des leçons aux autres. »  Moralité : passe ton bac d’abord. C’est le vrai monde dehors, et le vrai monde, il va chez le coiffeur. Sors de ce corps, Hubert Bonisseur de La Bath.

Exercer sa répartie face à la foule, une véritable tradition – que dis-je – une passion politique française. On se souvient de la sortie du même Macron, alors ministre de l’économie, devant un ouvrier gréviste en t-shirt : « la meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler ». Le grand soir, d’accord, mais sapé en tissu italien.

« Casse-toi pauv’ con ». Lors de son tout premier bain de foule au salon de l’agriculture , l’ex-président Nicolas Sarkozy est nettement moins inspiré face à un homme qui refusait de lui serrer la main. Quatre mots qui le suivront longtemps.

Décidément, clasher les politiques, c’était mieux avant. Au « Mitterrand fous le camp! » que lui claironne un quidam, l’intéressé aurait répondu « Ça rime, mais c’est une rime pauvre ». Traité de « connard », Jacques Chirac réplique du tac-au-tac « Enchanté, moi c’est Chirac ! ».

Quid de nos chers cousins québécois ? Partagent-t-ils notre amour du mot leste et de la joute verbale ? Certains versent plutôt dans la joute tout court, à vrai dire. Plutôt que de perdre son temps en palabres inutiles, l’ex-Premier ministre du Canada Jean Chrétien préfère saisir à la gorge un manifestant qui se trouvait sur son chemin. Lutte gréco-romaine 1 – Amour du bon mot 0.

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