Payer son billet de métro avec des bouteilles vides

Pendant que Montréal augmente ses tarifs, d’autres villes dans le monde font preuve d’ingéniosité pour permettre un meilleur accès aux transports en commun.

Dans les petits pots, les meilleurs onguents, disait-on. Une expression qui colle parfaitement au Luxembourg, ce tout petit pays européen qui vient d’annoncer que dès 2020, le transport en commun sera gratuit dans sa capitale, Luxembourg, ville malheureusement reconnue pour ses terribles embouteillages.

Pour une des premières fois, on assume que se déplacer, ce n’est pas un luxe, mais bien une nécessité. Oui, la coalition des différents partis politiques du Luxembourg a pris la réduction des émissions de gaz à effet de serre au sérieux, mais a surtout voulu mettre de l’avant la qualité de vie de ses habitants.

Quand on se compare, se console-t-on vraiment?

Pendant ce temps, au Québec, la STM, le RTL et la STL augmenteront leurs tarifs de 2% à l’été 2019. Ça semble peu, 2%, mais on s’éloigne du but que la mairesse Plante s’était fixé à l’hiver: celui d’implanter éventuellement un tarif social, qui vise à réduire les coûts du transport en commun pour les moins nantis. 

Par ailleurs, l’ARTM mène actuellement un sondage en ligne afin de recueillir l’opinion des citoyens sur les différents modes de tarification (payer par zones, par mode de transport, payer plus cher à l’heure de pointe, etc.), ainsi que sur les types de paiements et les tarifs réduits (pour étudiants, aînés et personnes à faible revenu, par exemple). Vous avez jusqu’au 21 décembre pour remplir le sondage juste ici.

Certains diront, pour se consoler, que les tarifs de transport en commun dans certaines grandes villes, comme Paris, sont exorbitants si on les compare à Montréal.

La STM, le RTL et la STL augmenteront leurs tarifs de 2% à l’été 2019. Ça semble peu, 2%, mais on s’éloigne du but que la mairesse Plante s’était fixé à l’hiver: celui d’implanter éventuellement un tarif social, qui vise à réduire les coûts du transport en commun pour les moins nantis. 

Mais comparer la RATP à la STM revient à comparer des pommes et des oranges. Même si circuler en transport en commun dans toutes les zones de Paris et sa banlieue coûte 75,20 euros par mois (114$), c’est tout de même possible de faire l’équivalent d’un trajet du centre-ville de Montréal jusqu’à Saint-Sauveur avec cette passe. De plus, la présidente d’Île-de-France Mobilité a annoncé il y a quelques jours que les tarifs n’augmenteraient pas en 2019.

Alors si vous voulez réellement vous consoler, pensez à la passe mensuelle londonienne, qui coûte entre 221$ et 574$ par mois, tout dépendant du nombre de zones que vous traversez assis au deuxième étage d’un bus rouge qui roule à gauche ou dans un métro bondé.

Des exemples à suivre

Le Luxembourg n’est pas le premier pays à proposer un système de transport en commun gratuit. On peut penser à la ville de Tallinn, en Estonie, qui propose des bus gratuits pour tous ses habitants depuis 2013. Les embouteillages ont depuis diminué de 15%. Pour un service public optimal, le pays a annoncé il y a quelques semaines que d’ici l’été prochain, tous les bus du pays pourraient également être gratuits.

Saviez-vous également qu’en Chine, dans la ville de Chengdu, les transports sont gratuits entre 5h et 7h du matin? Une idée si simple qui réduit les retards au travail. Le principe d’annuler les frais de transport en commun pendant une période déterminée est de plus en plus courant. Pensez simplement à toutes les villes qui offrent le transport gratuit pendant la nuit du jour de l’An.

Le principe d’annuler les frais de transport en commun pendant une période déterminée est de plus en plus courant. Pensez simplement à toutes les villes qui offrent le transport gratuit pendant la nuit du jour de l’An.

À Medellín, en Colombie, vous pouvez troquer des bouteilles de plastique contre des billets de métro depuis l’année dernière. Ce projet pilote vise à préserver l’environnement (vive l’économie circulaire!) et à rendre les transports plus accessibles pour les habitants aux ressources limitées. Selon le directeur du métro, Tomas Elejalde, le nombre de bouteilles déposées dans les quatre premiers mois représente une économie d’émissions de CO2 de plus de 22 tonnes, soit l’équivalent de 228 voitures retirées des routes pendant un an.

Une initiative qui inspire de plus en plus de villes du monde, puisque tout dernièrement, la ville d’Istanbul, en Turquie, a mis un système similaire en place. Ce projet de bouteilles récupérées vise, oui, à permettre à ceux qui ont moins d’argent de circuler à métro, mais espère surtout encourager les citadins à recycler davantage.

Tout compte fait, il est maintenant évident que l’accessibilité financière aux transports en commun n’amène que du bon, tant au niveau social qu’environnemental, et que Montréal a beaucoup à apprendre d’autres villes dans le monde!

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