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Décidement, les destins de Pauline Marois et Richard Henry Bain sont de plus en plus liés.
Alors que la première présentait un cabinet digne des Avengers (la bande d’Iron Man ont Thor, le dieu du tonnerre; l’élu responsable de la culture, Maka Kotto, a joué Dieu dans Virginie), le second accordait – au même moment – une entrevue apparemment surréaliste à la station de radio CJAD.
«Apparemment», car plusieurs extraits de l’entretien n’ont pas été diffusés, la direction de la station ne voulant pas servir de boîte à savon pour Bain. «Surréaliste», car CJAD a tout de même diffusé des extraits d’une entrevue où un bonhomme accusé de meurtre prémédité a élaboré… sur sa vision politique du Québec, évitant les questions sur la fameuse fusillade avec des parades maladroites à la «c’est la vie» (la famille de la victime, Denis Blanchette, n’abonderait certainement pas dans le même sens, mais bon). Ainsi, après avoir annoncé que «les anglais se soulèvent», l’assassin à la robe de chambre dit avoir un message de Dieu (pas Thor, ni Maka Kotto; celui avec la robe blanche… le «vrai de vrai»!): afin de soulager la tension linguistique provinciale, Québec doit s’affranchir… de Montréal.
Hé bo-boy…
Outre le fait que sa démarche démontre une sombre démence (ou une défense qui devrait faire couler beaucoup d’encre s’il est innocenté), il est tout de même surprenant qu’un type de La Conception – une municipalité des Hautes-Laurentides, donc un gaillard de l’extérieur de l’île – voie le salut de sa province… dans l’isolement de sa métropole. Un sentiment qui, avouons-le, est quand même partagé…, mais surtout par des gens qui n’y habitent pas (la popularité des radios poubelles et de leurs «on sait ben, le monde du Plateau» en témoigne…).
J’sais pas si c’est moi qui suis béni des Dieux (Thor, Maka Kotto et celui avec la robe blanche), mais ce stéréotype est, heureusement, absent de mes cercles personnel et professionnel. J’ai donc l’honneur d’être entouré d’ami(e)s et de collègues qui parlent – ou, du moins, baragouinent – en français et en anglais (et parfois même en espagnol, en russe, voire en HTML) et qui, surtout, voient les autres cultures – et les régions environnantes – non pas comme des menaces ou des sources de ridicules, mais bien comme des atouts.
Bien qu’il y aura toujours des gens un peu nonos, j’ose croire que la prochaine génération qui troquera le jeans pour le complet de fonctionnaire sera plus sensible – ou aussi désensibilisée aux différences par des années de trempette dans tant de cultures, tout dépendant de votre lorgnette – que celles qui nous ont menés à une telle division.
Et l’indépendance de Montréal? On a déjà assez de misère à se faire un pays, imaginez émanciper un endroit où il est toujours interdit de tourner à droite sur un feu rouge…