Passer le message en 12 langues

Un camion polyglotte dans Côte-des-Neiges

Se laver les mains avec du savon, tousser dans son coude, respecter les mesures de distanciation sociale: ça fait des semaines que les autorités nous martèlent le même message. Mais que fait-on dans un quartier comme Côte-des-Neiges, où se côtoient des résidents d’environ 75 pays? Et bien, on répète le même message, mais de douze manières différentes.

C’est pourquoi un camion multilingue sillonne les rues de ce quartier de l’ouest de Montréal depuis quelques jours afin de rejoindre des gens qui ne comprennent ni l’anglais ni le français. Ils sont plutôt nombreux selon l’organisme CDC Côte-des-Neiges qui est derrière cette initiative.

En fait, l’idée est née à Montréal il y a plus de deux semaines, où un autre camion du genre diffuse des messages en créole, anglais, français et espagnol. En tenant compte de la réalité de Côte-des-Neiges, on a ajouté des messages en tagalog, arabe, russe, mandarin, yiddish, vietnamien, tamoul, farsi, ourdou, hindi et tamoul. 

Les messages sont rythmés par des musiques associées à chacune de ses langues. 

«Il y avait beaucoup de personnes contentes de voir le message diffusé dans leur langue. On veut démontrer que le communautaire a un rôle important à jouer dans cette crise.»

Pour la Corporation de développement communautaire de Côte-des-Neiges, le camion, prêté par le Syndicat canadien de la fonction publique, sert à briser l’isolement, surtout en cette période de confinement. « Les gens qui étaient déjà marginalisés le sont encore plus avec la COVID-19 », constate l’organisatrice communautaire Ève Torres, qui a elle-même prêté sa voix à la version française. 

Elle ajoute que plusieurs résidents du quartier n’ont toujours pas accès à Internet et aux communications des autorités. Nous l’avons d’ailleurs noté en croisant sur la route des gens qui parlaient tamoul et baragouinaient l’anglais. 

Sa collègue Dina Husseini profite également de ces rondes en camion dans le quartier pour aller rencontrer des commerçants et leur distribuer des feuillets dans lesquels se trouvent toutes sortes d’informations sur les ressources communautaires du quartier. « On a vu certaines communautés qui ont eu l’information plus tard parce que justement l’accès à l’information est arrivé plus tard», constate Mme Torres. 

Mais les deux intervenantes se réjouissent toutefois de la réception d’un tel projet dans leurs rues. 

« Il y avait beaucoup de personnes contentes de voir le message diffusé dans leur langue. On veut démontrer que le communautaire a un rôle important à jouer dans cette crise », résume Dina Husseini. 

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