Télé-Québec

Passe-Partout  : come on ! #lesparents

Partager ses intérêts, ça ne se fait pas à sens unique.

Vous avez aimé votre petit moment privilégié parent-enfant pendant Passe-Partout? Difficile de résister, je sais. C’est quelque chose que vous connaissez, que vous maîtrisez (avouez, vous connaissez les paroles) et qui vous renvoie à une enfance dont vous connaissez tous les codes. La vôtre.

Fortnite, vous ne connaissez pas ça. Snapchat non plus. YouTube, bof. Et si on parlait de passer trois demi-heures dans la semaine à jouer avec fiston à Fornite? Vous ne le faites pas? Étrange. Un moment privilégié devant un écran avec votre enfant, ça ne vous rebute pas quand vous maîtrisez le sujet et la marche, n’est-ce pas? Pourtant, en jouant à Fortnite, (ou en regardant Julien Lacroix ou les stories de GirlyAddict dont parle votre enfant) vous en sauriez davantage sur un monde qui vous échappe parce que vous refusez d’approcher. Parce que c’est du temps d’écran? Allons. Allons.

Bien sûr que je SAIS que Passe-Partout s’adresse aux tout-petits qui ne jouent pas (encore) à Fortnite. L’ennui, c’est que le jour où votre mignonnet va avoir l’âge de danser le floss, vous n’aurez pas suivi. La preuve? Vous en avez déjà peur. Nous cultivons au Québec une technophobie qui est en train de bousiller notre relation avec nos enfants. J’en ai la preuve tous les jours (je suis responsable de contenu numérique. Oui, c’est moi le diable en personne).

La vérité c’est que vous vous intéressez aux contenus sur écran que lorsque ça génère en vous de la nostalgie. Et ça, c’est triste en passe-osti.

Bien sûr que Passe-Partout est une émission éducative. Mais je vous arrête. Noooon, ce n’est pas la valeur pé-da-go-gi-que de Passe-Partout qui vous donne autant de plaisir content à chanter brosse brosse brosse. Tout l’environnement est maintenant teinté d’apprentissage propret et de stimulations diverses, pas de farces. Les enfants baignent dans la pédagogie dans toutes les sphères de leur vie et vous le savez. C’est pas comme s’ils en manquaient et que vous veniez de tomber sur un edelweiss.

La vérité c’est que vous vous intéressez aux contenus sur écran que lorsque ça génère en vous de la nostalgie. Et ça, c’est triste en passe-osti.

À l’épicerie on leur apprend les comptines de pommes en choisissant ses Macintosh. On cherche des mots en « A » dans la file chez Jean-Coutu pour ne pas qu’ils trouvent ça long. Please, lâchez-moi l’argument de la pédagogie. D’autant plus que Fornite, vous trouvez ça débile sans jamais avoir joué.

Mais vous persistez dans votre adoration. Passe-Partout, un retour relaxant et doux dans un monde qui allait maintenant trop vite. Ben voyons?! Minecraft est méditatif. Et que dire de l’ASMR de slime sur Youtube et Instagram dont les enfants du primaire raffolent? Non, cessez, vraiment. Ça en devient gênant.

La vérité, c’est que le déni parental devant les intérêts actuels de la jeunesse (et disons-le, de leur langage) est navrant. Le peu de parents qui peuvent discuter avec leur enfant du dernier vidéo de leur youtubeur préféré me sidère. Votre trip sur les moustaches parfumées de Passe-Montagne est sincèrement cute et personne ne peut être contre la vertu.

Mais il est symptomatique de quelque chose de préoccupant. Zan Zan Zaaaan.

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