Germain Barre

Élections provinciales 2018 : C’est parti ! Sabrez le champagne, vous en aurez besoin pour oublier

On fait la critique de tous les partis sur la ligne de départ des éléctions provinciales.

Citation de la semaine :

Vous allez voir beaucoup de choses qu’on peut tenir dans le creux de la main, qu’on voit facilement, qu’on peut montrer aux citoyens pour lui faire croire… euh, lui faire convaincre plutôt que la vie sera meilleure après que cette politique soit mise en place.

-Philippe Couillard, qui prend sa promesse de transparence un peu trop à coeur

On y est finalement, les élections sont officiellement commencées. Débouchez le champagne, mais gardez-en pour plus tard, parce que bientôt, vous voudrez boire pour oublier.

Débouchez le champagne, mais gardez-en pour plus tard, parce que bientôt, vous voudrez boire pour oublier.

Laissez-moi enlever mon masque de cynique quelques instants pour tout de même souligner qu’on devrait se réjouir de cette période électorale. Oui, nos politiciens sont souvent décevants, mais au final, ils se battent pour notre vote. On a juste à être un peu plus exigeant.

Que le meilleur, ou alternativement, celui qui saura le mieux manipuler les populations vulnérables et capitaliser sur l’apathie des gens, gagne!

Bulletin de début de campagne

Quelle est la situation de chacun des quatre grands partis en ce début de campagne? On fait le point.

Le parti au pouvoir part en mauvaise posture. Ça leur est déjà arrivé avant, et ils s’en sont toujours assez bien sorti (après tout, en 2014, on prédisait une réélection facile du Parti Québécois).

Mais cette fois-ci, il y a quelque chose de différent dans l’air. Les libéraux font des faux pas qu’ils ne font jamais d’habitude. Normalement, le Parti libéral du Québec c’est une armée. Et personne ne sort des rangs.

Ces temps-ci, ils se conduisent plutôt comme une bande de cadets qui sont juste là parce que leurs parents les obligent pour éviter de finir  drogués.

Si tu veux me faciliter la vie, Philippe, promets-moi que ta campagne va être plus intéressante que ça.

Il y a eu le renvoi la semaine dernière de François Ouimet au profit d’Enrico Ciccone, alors que Philippe Couillard avait supposément donné sa parole au député Ouimet qu’il pourrait se présenter de nouveau. Puis, il y a eu l’entrevue de Jean Charest avec l’antéchrist Nathalie Normandeau où il a dit que Couillard avait l’air d’improviser.

Bref, Philippe Couillard part sur la défensive, avec le slogan le plus plate de tous, qui plus est : « Pour faciliter la vie des Québécois ». Si tu veux me faciliter la vie, Philippe, promets-moi que ta campagne va être plus intéressante que ça.

La Coalition avenir Québec part le vent dans les voiles.  Ce qui est dangereux quand on a un départ canon, c’est de se casser les dents en cours de chemin. La première fois que j’ai fait du ski, j’ai terminé la piste en descendant sur les fesses, agrippé à la petite clôture en plastique orange, parce que j’avais trop peur de tomber. Si François Legault ne veut pas terminer sur une petite clôture orange, il devra être prudent.

Sentant le pouvoir en 2015, Thomas Mulcair a décidé de jouer de prudence en y allant de propositions assez conservatrices, pour finalement se faire doubler par Justin Trudeau qui a joué la carte du : « regardez comment chu beau, on va se rouler un bat pis écouter Star Wars». Des fois, les gens ont besoin de rêver.

Le plus dur, en partant avec toute cette avance, c’est de savoir jouer la ligne entre audace et prudence. Trop d’audace peut faire mal : rappelons-nous du PQ qui avait déclenché des élections en 2014, persuadés de pouvoir remporter une majorité avec aisance. En fait, ils étaient tellement confiants qu’ils ont invité PKP qui s’est levé le poing dans les airs et sont partis sur le gros party : « Enweille on part sur la brosse on va l’avoir notre pays bonne St-Jean tabarnak»…

Finalement le PQ a récolté un de ses pires résultats.

Trop de prudence peut également faire mal. Sentant le pouvoir en 2015, Thomas Mulcair a décidé de jouer de prudence en y allant de propositions assez conservatrices, pour finalement se faire doubler par Justin Trudeau qui a joué la carte du : « regardez comment chu beau, on va se rouler un bat pis écouter Star Wars». Des fois, les gens ont besoin de rêver.

Aaaah, le Parti québécois… J’ai pas le goût de faire des blagues sur eux, ils font trop pitié. Jean-François Lisée est député de ma circonscription, et je suis à ÇA d’aller y porter un bon chocolat chaud.

J’ai pas le goût de faire des blagues sur eux, ils font trop pitié. Jean-François Lisée est député de ma circonscription, et je suis à ÇA d’aller y porter un bon chocolat chaud.

Mais sérieusement, j’aurais tendance à mettre en garde ceux qui crient à la mort du Parti Québécois. On l’a souvent déclaré mort dans le passé, mais c’est encore le parti qui recueille le plus de financement.

Ceux qui veulent un pays, ou qui croient que la culture québécoise est menacée ne sont pas du genre à abandonner si facilement. Si tu penses que ta culture va mourir, ça te galvanise pas mal plus qu’un « la CAQ a promis d’unifier le taux des taxes scolaires ».

Et jusqu’à maintenant, le PQ ne fait pas une mauvaise campagne. Ses affiches de blagues d’autodérision ont au moins eu le mérite de faire parler, idem pour leur autobus style « murale wannabe graffiti de cafétéria d’école publique ».

Je ne prédis pas que le PQ sera complètement sorti de son trou de cercueil à l’issue de ces élections. Mais il pourrait très bien avoir retardé la première pelletée de terre.

Québec solidaire est un parti plein de tension. Pour la première fois depuis sa création, la formation de gauche a devant elle une vraie fenêtre d’opportunité; le PQ est en mauvais état, et QS pourrait en être le bénéficiaire. Ciel! On parle même de la possibilité d’avoir plus d’un nouveau député.

Seules deux de leurs propositions ont fait les manchettes en ce début de campagne : permettre les combats de Jiu Jitsu, et faire du langage des signes une langue officielle… C’est niché en tabarnac pour une campagne nationale.

Mais alors qu’ils veulent capitaliser sur leur nouvelle place dans la politique plus mainstream, seules deux de leurs propositions ont fait les manchettes en ce début de campagne : permettre les combats de Jiu Jitsu, et faire du langage des signes une langue officielle.

Je ne suis pas fondamentalement contre aucune de ces propositions. Je crois même que ce sont de bonnes propositions. Mais c’est niché en tabarnac pour une campagne nationale.

Mettons, ils vont couper l’eau en fin de semaine dans mon appart pour faire des travaux. Et ça va vraiment me déranger et nuire à ma qualité de vie. Mais je ne m’attends pas à ce que Vincent Marissal parte en campagne sous le thème de : « Rebrancher l’eau dans la douche à Pier-Luc».

Du même auteur

Vous n'allez pas rester là sans rien dire ?
Faites-vous entendre...

mode_comment Afficher les commentaires keyboard_arrow_down keyboard_arrow_up

Dans la même catégorie

Dans le convoi des licornes : 24 heures dans l’autobus de Québec Solidaire

On s'est glissé dans les coulisses de la campagne de Manon, Gabriel, Catherine et Sol.

Dans le même esprit