Le Parlement européen pourrait tuer les mèmes, NOOOOOOOON !

Le 20 juin prochain, l’Union européenne s’apprête à voter sur la Loi européenne sur le copyright, et le monde tremble dans l’attente de la décision. Pourquoi? Qu’est-ce qui fait qu’on s’intéresse soudainement aux lois européennes sur le droit d’auteur? Parce que la loi pourrait menacer l’aspect le plus important de notre culture : les mèmes.

Que dit la loi?

C’est l’article 13 de la loi qui cause tout le problème pour les mèmes. Évidemment, les parlementaires européens n’ont pas fait une loi spécifiquement pour mettre fin aux mèmes. C’est pas un député qui a vu une mauvaise traduction de ConneriesQc de trop et qui a décidé que c’était assez (quoiqu’on aurait pu le comprendre).

La loi vise avant tout à protéger le droit d’auteur. Jusqu’à maintenant, on compte sur les sites web pour enlever manuellement le contenu qui pose problème à ce niveau. Habituellement, les sites vont attendre que le détenteur des droits leur en fasse la demande. On a tous déjà tenté de voir un film sur YouTube qui avait été bloqué par le détenteur des droits (heureusement, les dieux de la culture québécoise nous laissent toujours écouter Louis 19, roi des ondes, gratuitement).

Toutefois, cette nouvelle loi veut dans un premier temps rendre responsables les sites web pour le contenu qui s’y retrouve. Ainsi, si URBANIA était un site européen, et que quelqu’un allait mettre une chanson piratée de Céline Dion dans les commentaires (parce que why not?), l’entreprise serait responsable de la violation des droits d’auteurs. Le genre de violation qui pourrait nous coûter « Tout l’or des hommes ». (Get it?)

Les robots gâchent toujours tout

Un robot peut très bien reconnaître la mélodie de « Never gonna give you up » de Rick Astley, mais il ne peut pas savoir si c’est dans le cadre d’un Rick roll, ou si c’est un vrai fan non ironique de Rick Astley qui partage illégalement sa chanson.

Puisque c’est une tâche herculéenne de lire tous les commentaires et de filtrer tout le contenu soumis par les utilisateurs (imaginez travailler pour Tumblr et devoir lire TOUTE la fanfiction érotique qui s’y trouve, au cas où que quelqu’un y ait glissé un passage d’un roman d’Harry Potter pour lequel il n’a pas les droits? L’idée nous donne des frissons dans le dos), la législation propose l’utilisation de robots et d’algorithmes qui effaceraient automatiquement tout contenu copyrighté.

Mais les robots, si on se fie à I, robot, ne sont pas reconnus pour leur discernement. Un robot peut très bien reconnaître la mélodie de « Never gonna give you up » de Rick Astley, mais il ne peut pas savoir si c’est dans le cadre d’un Rick roll, ou si c’est un vrai fan non ironique de Rick Astley qui partage illégalement sa chanson. Le robot ne prendra donc pas de chance et va juste tout supprimer.

Est-ce que ça nous touche?

C’est bien triste tout ça, mais est-ce que c’est juste un problème d’Allemands, ou est-ce que nous sommes touchés nous aussi? Pour le moment, oui et non. Bien sûr, la législation européenne ne touche que l’Europe. On va pas se faire dire quoi faire par Emmanuel Macron certain! Mais les mèmes, c’est une richesse globale. Si les Européens ne peuvent plus faire de mèmes, ça nous touche tous. Comme les questions de censure devraient tous nous toucher, qu’on soit directement affectés ou non.

Les mèmes, c’est une richesse globale. Si les Européens ne peuvent plus faire de mèmes, ça nous touche tous.

De plus, ce n’est pas comme si on ne vivait pas en Amérique du Nord avec cette tension entre « droits d’auteur » et « liberté artistique » pour tous, de remixer des contenus déjà existants. Étant moi-même un artiste/travailleur autonome, je trouve important de protéger mes droits d’auteur. Mais je trouve encore plus important de rire de Kanye West dans des mèmes.


C’est pas facile, la loi.

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