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Il y a quelques semaines, nous vous parlions de stationnements dans un billet du blogue Urbania. En cette semaine du transport actif et collectif, le stationnement sera encore à l’honneur pour clore notre série de réflexions sur le partage de l’espace public.
Comme nous vous l’écrivions dans le précédent billet, les stationnements ne représentent pas la meilleure façon d’utiliser l’espace urbain. Un espace dont la valeur est en constante augmentation dans les métropoles internationales comme Montréal. C’est une chose de le savoir et de le dire, mais s’en est une toute autre de le démontrer.
C’est pourquoi il existe depuis quelques années (première édition en 2005) un événement appelé PARK(ing) Day. Cet événement qui se tient officiellement le 21 septembre de chaque année, invite les gens de partout dans le monde à utiliser un espace de stationnement de manière alternative et surtout de manière créative (plein de photos ici) dans l’optique de remettre en question l’utilisation de l’espace public urbain.
La réalisation d’un événement de ce genre permet de transformer nos belles théories de papiers en réalisations concrètes dans l’espace urbain. C’est une excellente manière de démontrer l’importance de prévoir des lieux de rencontre dans la ville. Ces événements qui se font généralement en groupe sont d’excellentes occasions de rencontrer les gens qui fréquentent un milieu, puisque l’on s’installe directement dans leur chemin et dans leur quotidien.
Comme l’esprit de ces événements s’inscrit dans une démarche fortement créative, cela donne souvent des résultats inattendus, amusants ou extravagants. Cela nous rappelle qu’il est important que notre environnement urbain soit ponctué d’éléments qui viennent en briser la monotonie en lui donnant une « couleur » particulière. L’art public et les animations de toutes sortes sont un bon exemple de mécanismes utilisés pour transformer un petit bout de rue entouré de murs d’édifices, en lieu de découverte et de divertissement.
Ces événements doivent se faire dans le respect des lois et du fonctionnement des services de stationnements urbains de nos grandes villes. C’est pourquoi, il est de mise lorsque l’on occupe un espace de stationnement dans le cadre d’un de ces événements, de payer son stationnement au tarif ordinaire indiqué. Dans un sens, cela affirme qu’il n’y a pas qu’avec les voitures que l’on peut rentabiliser l’occupation de l’espace public. Il y aurait bien d’autres façons pour une ville de rendre son espace disponible pour d’autres activités, souvent beaucoup plus productives que le simple stationnement.
Un autre élément qui est inhérent à la démarche des événements PARK(ing) Day est l’implication citoyenne. Bien sûr, la première occurrence de cet événement a été mise en place par un studio d’art et de design de San Francisco, mais il a bien vite fait des petits et été récupéré par toute une gamme d’acteurs de la société (administrations municipales, collectifs d’artistes, groupes de pression, simples citoyens, etc.). Cela met donc de l’avant la question de la participation de tous les acteurs de la société dans l’aménagement de l’espace urbain. Il ne faut pas que cette précieuse compétence soit uniquement dans les mains des sociétés immobilières ou des administrations municipales.
En faisant participer les citoyens à l’aménagement de la ville, on ouvre la porte à une conscientisation de celle-ci. Parce qu’il est impossible d’occulter le fait que la population en générale est de moins en moins interpellée par le processus décisionnel et que nous avons besoin d’un déclic pour renouveler son intérêt. Le PARK(ing) Day est peut-être un de ces déclics.
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Pour suivre les aventures des Justiciers urbains: www.lesjusticiersurbains.com
Finalement, ces événements festifs ont tendance à se tenir dans des quartiers plutôt centraux aux fortes concentrations d’habitations, de constructions de toutes sortes et aux surfaces pavées omniprésentes. Comme la plupart des interventions qui sont réalisées ont pour thème les espaces verts ou la verdure en générale, cela nous permet de réfléchir sur la place des espaces verts dans nos quartiers. Ou, inversement, cela nous pousse à nous demander si l’on a vraiment besoin d’autant de surfaces pavées. Quand on connait les divers problèmes (de santé, augmentation de la température moyenne, etc.) causés par les ilots de chaleurs et les problématiques reliées au contrôle des eaux d’écoulement qui sont causés par l’asphaltage omniprésent de nos villes, on peut s’interroger à juste titre.
Après vous être posé toutes ces questions, vous aurez bien mérité de sortir de chez vous. Sur votre chemin vous devrez être bien à l’affut puisque ce vendredi 21 septembre 2012 aura lieu la journée PARK(ing) Day et à cette occasion l’Association du design urbain du Québec organise un concours à la grandeur du Québec pour les meilleures installations de cette journée. Vous aurez peut-être la chance de tomber sur l’une d’entre elles, ou encore mieux d’y participer. Viens-tu dans mon parking?