On ne se tannera jamais des années 80

Hommage à la décennie qui a formé les « x-ennials ».

URBANIA et les Casinos du Québec s’unissent pour never gonna give you up, never gonna let you down…

Mes premiers souvenirs sont intimement liés aux années 80, la décennie où j’ai vu le jour. Mon premier costume d’Halloween, par exemple, était une interprétation libre de ma mère de l’habillement de Boy George à l’époque de Culture Club.

Un bébé en couche avec une perruque et un chapeau haut de forme, vous voyez le genre.

On ne se cassait pas le bicycle

Les années 80, c’est une forme de bonheur simplifié. C’est l’émancipation avec des coupes de cheveux extravagantes, des produits coiffants inflammables, des synthétiseurs partout où c’est possible et une utilisation abusive des néons et du fluo pour s’exprimer dans les arts et la culture.

Il y avait là une simplicité et un plaisir qu’on ne retrouve plus depuis. Le grunge et les années 90 ont introduit le cynisme à nos vies et depuis le tournant du siècle ont fait plus dans l’hommage et la nostalgie. De 1980 à 1989, par contre, on ouvrait le chemin à tout ceci et c’est pourquoi, bien humblement, j’ose dire que la vie était plus amusante à l’époque où les zombies cools de notre télévision dansaient avec Michael Jackson au lieu de se faire découper en rondelles par des survivants agressifs dans The Walking Dead.

Les années 80, c’est une forme de bonheur simplifié.

Vous ne me croyez pas? Pensez alors aux nombreuses productions actuelles qui replongent dans les années 80. Stranger Things, par exemple, ne serait pas plus long qu’une publicité de trente secondes sans les références aux années 80. Même chose pour les reprises de films, comme Ghostbusters, ou encore la frénésie des jeux vidéo rétro alimentée par les trentenaires nostalgiques de la NES et de l’explosion de Super Mario Bros.

On le constate après un cycle d’environ 30 ans; on regarde les années 80 de la même façon qu’on tourne les pages d’un album photo de famille: avec un sourire en coin et un inépuisable sentiment de soulagement.

C’est comme entendre les premières notes de synthétiseur de Jump de Van Halen. Immanquablement, on tape du pied et quand David Lee Roth entame le refrain, on lui répond énergiquement «Jump!» Un automatisme fort plaisant.

L’ère du post-modernisme Spielberg-esque: être nostalgique de sa nostalgie

On pourrait aussi dire que la culture des années a ce quelque chose de très contagieux qui fait qu’on y retourne même si l’actualité ne s’y prête pas toujours. Après tout, qui a besoin d’une bonne raison pour revoir les films de la série Back to the Future ou encore les aventures d’Indiana Jones? Plusieurs gros morceaux de notre culture populaire prennent racine dans les années 80 et se priver de se plaisir serait de se fermer une porte sur l’avenir d’une certaine façon.

Parce que la beauté des années 80, c’est qu’on cherchait le plaisir d’abord et avant tout. Le rock et les power ballads, par exemple, ne s’enfargeaient pas dans les sentiments négatifs et l’étalement des états d’âme. Bien au contraire, l’appel était à la fête et aux longues soirées qui débordent jusqu’au matin. Les hymnes frénétiques de Mötley Crüe ou de Poison, encore aujourd’hui quand ils s’amorcent dans une soirée, sont des signes que la fête va lever. Même son de cloche quand Huey Lewis et ses News t’annoncent que c’est «hip d’être carré» (Hip to be Square), difficile de ne pas taper du pied en se dandinant un brin.

Il y avait aussi une insouciance qui existait encore dans les années 80 et la crainte de l’autre n’était pas aussi forte.

Il y avait aussi une insouciance qui existait encore dans les années 80 et la crainte de l’autre n’était pas aussi forte. Les enfants jouaient dans les rues, même dans les grandes villes. Il faut replonger dans les publicités de l’époque et la télévision populaire pour voir une fascination pour la consommation qui était intimement liée à la joie et à la satisfaction. Avec l’insouciance de l’époque venait cette légèreté qui rendait le quotidien moins cynique. Peut-être que c’était aussi l’époque où l’espoir existait encore, l’espoir d’un monde harmonieux et plaisant qui fredonne du Rick Astley.

C’est plus complexe que ça, bien évidemment, mais les enfants des années 80 voulaient juste s’amuser, comme le chantait Cindy Lauper.

C’est probablement ça la plus belle leçon des années 80 et pourquoi on puise à la source dès que possible pour faire du neuf de nos jours. S’amuser, le gros plaisir sale, la joie débridée – c’était inégalé, comme des raisins secs qui chantent et dansent.

On pourrait s’attarder à déconstruire toutes les mauvaises choses que la surconsommation des années 80 nous ont léguées, mais pourquoi bouder notre plaisir quand on pourrait, au lieu de ça, siroter une pochette de jus de fruit trop sucré tout en revisitant les Batman de Tim Burton parce que même si c’est ben chouette les Avengers au cinéma, ça ne sera jamais aussi cool que le Joker de Jack Nicholson et des chansons de Prince pour accompagner les vices du coloré criminel.

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Qu’est-ce que vous diriez si on vous annonçait que vous pouviez revivre le meilleur des année 80 en 2018? Il suffit d’aller faire un tour dans l’un des quatre casinos au Québec, qui organisent toutes sortes d’activités à saveur rétro: jeux d’arcade, danse, soirées vidéoclips. Sortez vos vêtements fluo et crêpez-vous le toupet, les années 80 sont à vos portes!

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