OK Google, est-ce que tu m’espionnes?

Nouveau gadget ou stratagème capitaliste?

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Le Google Home mini a été le cadeau à la mode lors de la dernière période des Fêtes. Ce n’est pas difficile à comprendre: c’est un joli petit haut-parleur Bluetooth au design mignon comme tout, pratique et abordable.

Moi-même, j’étais conquis après avoir passé la soirée chez un ami en ayant fait l’achat, et après avoir joué à un jeu de trivia animé par Google Home et m’être fait rebaptiser « Tête de noix », j’étais prêt à passer à la caisse et à me procurer mon propre petit Google Home.

Sauf que ma blonde n’était pas d’accord.

En tant qu’adulte responsable dans notre couple, elle craignait que le petit haut-parleur de Google n’espionne nos conversations, et l’éventualité la terrifie (même si chez nous, on parle pas mal juste d’Occupation Double et de quelle sorte de pizza on veut se faire livrer).

Pourtant, Google qui garde des informations sur ses utilisateurs, ça me semble du jamais-vu. J’ai donc décidé d’enquêter pour savoir ce qu’il en est vraiment.

Comment ça marche?

Tout d’abord, avant de mettre nos chapeaux en papier d’aluminium, c’est intéressant de se pencher sur le fonctionnement de Google Home (et de son compétiteur direct, Amazon Echo). Le principe est simple, un peu comme Siri, le système s’active quand vous dites le mot-clé devant votre appareil. Dans le cas de Google Home, il s’agit de « ’Ok Google »’.

À partir de là, le système écoute vos requêtes et se connecte à Internet pour les mener à bien. Il faut comprendre que ce ne sont pas des ordinateurs. Pour presque tout ce que vous demandez, c’est un serveur informatique à l’autre bout du monde qui accomplira la tâche. Donc déjà, vos requêtes sont partagées de la même façon qu’elles le sont quand vous faites une recherche Google. Alors oui, quelqu’un quelque part a accès à vos goûts tordus en porn.

Et ce fameux assistant de Google, vous y avez déjà accès d’une certaine façon si vous avez un téléphone Android, puisque la même intelligence artificielle qui fait fonctionner Google Home est intégrée dans les appareils Android récents.

Est-ce que ça enregistre TOUT?

Selon ce qu’on en sait, oui et non. Oui, Google Home vous écoute constamment (tant qu’il est en marche, évidemment) à l’affût du prochain « OK Google ». Mais normalement, il ne garde aucune trace de ce que vous dites en dehors de ça.

Toutefois, tout ce que vous dites après avoir prononcé les mots magiques « OK Google » est bel et bien enregistré. J’ai d’ailleurs eu la surprise, en allant voir mon histoire Assistant Google, de voir que mon téléphone m’avait souvent enregistré au travail alors que je répondais « OK » à quelqu’un.

C’était par inadvertance, mais quand même, les serveurs de Google avaient plusieurs bouts de conversation enregistrés à mon insu.

Quand la phrase qui suit, c’est « OK, Gilles, à demain »’c’est encore pas pire, mais quand c’est « OK, Gilles, mon NIP c’est 12 345 », c’est un peu moins chouette.

Heureusement, si ça vous agace, vous avez l’option de désactiver l’enregistrement de vos requêtes. La fonction de reconnaissance vocale cessera alors d’apprendre de vous, alors elle sera peut-être un peu moins efficace, mais vous vous retrouverez avec moins d’enregistrements de vous qui marmonnez «OK *quelque chose* » sur Internet.

Mais est-ce qu’ils nous disent tout?

La réponse facile à ça serait « je le sais tu moé? »

Malheureusement, même si j’appelle Google et que je leur dis que j’écris pour URBANIA, je doute qu’ils me révèlent leurs secrets industriels. Ce qui est bien dommage, j’en profiterais pour leur dire que la nouvelle voix de Google Maps est vraiment trop blasée pour la ligue.

Ce qu’on sait, toutefois, c’est que Google nous assure qu’ils n’espionnent pas les utilisateurs sans leur consentement. Et les grosses corporations ne mentent jamais, c’est bien connu.

Par contre, on sait aussi qu’Amazon, qui offre un produit semblable, a déposé un brevet qui permettrait d’identifier les personnes dans une pièce et de capter des bouts de phrases comme « j’aime le ski » pour ensuite leur offrir de la publicité ciblée.

Ils promettent de ne pas s’en servir, mais c’est comme arriver chez un gars après une première date et trouver une montagne de condoms sur sa table de chevet. Même s’il dit qu’il ne pense pas s’en servir, c’est louche pareil.

Et bien sûr, si vous avez vu le film Snowden (le délateur américain, pas la station de métro), alors vous pouvez croire que le gouvernement peut se servir de ces appareils pour vous espionner. D’un côté, je dirais que si c’est possible de le faire avec Google Home, c’est définitivement possible de le faire avec un cellulaire. D’autre part, je n’ose pas trop faire de commentaires parce que j’ai ben trop peur que la CIA m’espionne.

Bref, pour le moment ça peut sembler sécuritaire d’avoir un Google Home, mais je pense pas que je vais réussir à convaincre ma blonde d’en acheter un. Je vais continuer à crier après mon micro-ondes comme un épais.

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