James Lynch

Obsession #03 : Retour vers le futur

Comment un jouet du Joyeux festin m’a mené dans un stationnement de L.A. à 2h du matin.

James aime tellement la culture pop qu’il développe parfois des obsessions. Il raconte ici jusqu’où il est allé pour vivre ses passions jusqu’au bout. Aujourd’hui, on plonge dans l’univers de Retour vers le futur!

Si je vous dis McDonald’s dans les années 90, vous pensez peut-être à un parc pour enfant louche avec une prison dans la bouche d’un hamburger (wtf!?) ou encore à une pub avec Donald Pilon déguisé en Pizza. C’est flou ? Si je vous dis jouets du Joyeux Festin, là votre 100 watts devrait s’allumer…

Ces icônes ne sont pas seulement des reliques de vente de garage, mais aussi des objets qui changent des vies. Dans mon cas, ce n’était pas une figurine Mario Bros. avec un ressort dans le cul qui m’a marqué, mais une voiture grise qui faisait des flammèches….une DeLorean.

1992: je n’ai pas encore compris que la DeLorean fait partie d’un film

J’ai 5 ans, direction Universal Studios Orlando pour voir une réplique grandeur nature de ma petite voiture de Joyeux Festin. Arrivé sur les lieux, je me précipite vers elle. Je passe 30 minutes à admirer ses angles chromés et je rêve de faire un tour. Mon rêve s’apprête à se réaliser. Je dois simplement monter à bord d’un manège…

2 heures plus tard, j’ai atteint le nirvana. Je n’ai juste pas compris pourquoi j’ai dû regarder un court-métrage avec un gars des années 50 avec une buzzcut qui hurle et un savant fou avec un TDAH.

1994: vous allez prendre des McCroquettes ou une VHS de Retour vers le futur ?

Je suis au McDonald’s de Rosemère, car j’ai eu un C en catéchèse et en tant qu’enfant-roi typique, c’était assez pour me mériter un Joyeux Festin. Je remarque la DeLorean sur une VHS en vente à côté d’une boîte de McCroquettes. Retour vers le futur ! Mon père m’informe que je suis maintenant assez vieux pour le visionner. J’espère, j’ai récemment vu (au Guzzo de Ste-Thérèse) Newman (de Seinfeld) se faire dévorer par un dinosaure

Premier visionnement, je suis accro. La DeLorean vole ! Marty roule en skateboard bateau ! Il porte un manteau denim deux tons ! Il invente le rock ! Finalement, André Robitaille dans Vazimolo n’est plus si cool que ça.

Je loue donc les 2 autres films de la série et je demande un Hoverboard à Noël. Je reçois des Pogs.

1999: intimidé à cause de Huey

Je suis maintenant le fier détenteur d’une carte de membre du Club de disques Columbia. THE WORLD IS MINE. Je cherche frénétiquement la bande sonore de Back to the Future dans le catalogue et ne trouve que celles de films obscurs comme Trainspotting et Pulp Fiction. Je me contente d’un best of de Huey Lewis and the News, l’idole de Marty McFly.

À l’école, je tente de vendre les mérites du rock jazzy de Huey aux autres élèves tel un jeune Patrick Bateman. Ma prof adore. Les pré-ados fans de Big Shiny Tunes détestent. Xavier, le Biff de la classe, retire le CD et le casse. The Power of Love que Huey chantait ? More like the Power of Hate! Je me retiens pour ne pas pleurer, je ne suis pas une mauviette après tout. Je décide de noyer ma peine avec du Sunny D, des rouleaux aux fruits et une chanson de Smash Mouth. Le secondaire arrive à grands pas…

2001: se rebeller à coups d’achats eBay

Je suis dodu et dans l’option-théâtre. Je passe mes après-midi à jouer la comedia del arte avec des masques louches. Bref, je fais des jaloux… avec mon premier ordinateur : Pentium 3, Windows XP, 45G, Bell haute vitesse.

Après avoir agi comme n’importe quel ado de l’époque, soit créer un compte Caramail, tapé sex.com et téléchargé Napster, je découvre eBay. Je peux enfin me procurer une casquette multicolore comme Marty dans Back to the future part II. Je vais être aussi cool que Michael J. Fox en 1989!

Je comprends rapidement que les couleurs de l’arc-en-ciel ne sont pas bien vues par les ados homophobes qui portent du Ecko. Je décide donc de ‘’foxer’’ l’école et de me remonter le moral en regardant ma trilogie préférée. C’est là que j’ai une révélation ! L’affirmation de soi est le thème principal de cette série. Tout comme George McFly, je dois moi aussi me tenir droit et foncer vers l’avenir.

2011: c’est pas le pied!

Je suis encore obsédé par le film et une annonce majeure secoue un forum de discussion sur la trilogie: Nike va enfin sortir les Air Mag de Marty dans quelques mois.

Le grand jour arrive, et DÉCEPTION : les souliers, offerts en édition limitée bien entendu, sont mis à l’encan pour ramasser des fonds pour la fondation de Michael J. Fox. Tout comme ma colère, les enchères montent de plus en plus. Au final, les paires se vendront autour de 11 000$ US chaque.

Je trouve donc un contact louche sur le forum et rédige un courriel en chinois (traduit sur Google Translate) pour commander des répliques à 400$. Finalement, après 3 mois d’attente, je reçois enfin mon précieux colis. Moi qui commençais à croire à une arnaque, je n’étais pas loin: 150$ de frais de douanes !

J’enfile les Nike. Trop petits…

2013: George McFly, Doc et moi

En route vers Ottawa pour rencontrer Crispin Glover (George McFly). Il présente un film avec des handicapés qui versent du sel sur des escargots (What is it?, 2005). Le gars est aussi étrange que son personnage. Il prend 20 minutes à m’expliquer pourquoi il n’a pas repris son rôle dans les suites et me parle de la vie après la mort. Lourd.

6 mois après, je rencontre Christopher Lloyd (Doc) à Montréal lors du Comiccon au Palais des congrès. À l’opposé total de son personnage, il est timide et humble. Il me complimente sur mon costume. Je verse une larme.

2015: quand Hill Valley devient réalité !

Je suis enfin dans le futur.

Je quitte pour Los Angeles. Premier arrêt, la maison des McFly. Je me retrouve dans une banlieue. Hill Valley ? Plutôt Longueuil avec des palmiers. La demeure n’a pas changé en 30 ans. J’écoute Huey et je souris.

La nuit venue, je fais 1h30 de route, direction City of Industry. J’arrive dans le stationnement d’un centre d’achat. C’est l’endroit exact où Marty a quitté vers le passé il y a 30 ans. Le camion de Doc est même sur place. Pour un instant, j’ai 5 ans.

2019: retour vers le passé

Je pense à ma DeLorean du McDo et aux moments surréalistes qu’elle m’a fait vivre à travers le temps.

Comme Doc le dit si bien : “ Le futur n’est jamais écrit à l’avance, pour personne ! Votre futur sera exactement ce que vous en ferez, alors faites qu’il soit beau pour chacun de vous ! ‘’

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